‹ Œuvres complètes de Thomas, de l'Académie française;Chapitre 26 sur 100 · SUR THOMAS. LXV · texte numérisé non relu

SUR THOMAS. LXV

il croit « qu'elles ont surtout cette sensibilité «d'instinct qui agit avant de raisonner, et a déjà «secouru quand l'homme délibère (i). »

Cet ouvrage obtint un faible succès, quoiqu'il of&e bien des aperçus fins et piquants, même des traits gracieux et délicats, qui semblaient étrangers à l'esprit de l'auteur. On pensait que le sujet comportait plus de chaleur et plus d'agrément. Les femmes elles-mêmes, à qui la louange y est prodiguée, en furent moins satisfaites que lés hommes.* Elles trouvèrent leur apologie faite par un avocat très-poli dans ses moyens de défense, mais trop savant dans ses recherches, trop sérieux, trop étudié dans sa discussion, et surtout trop désintéressé à leur égard. Elles furent moins touchées de ses doctes flaUeries , qu'elles ne l'avaient été des reproches amers et véhéments que leur adresse Jean-Jacques Rousseau. Fàut-il s'en étonner? Les flatteries de l'un sont d'un cœur maître de lui-même, les reproches de l'autre partent d'un cœur déchiré par les blessures de l'amour. Les hommages de la raison ne sont pas ce qui flatte le plus les femmes : elles veulent être aimées, voilà leur premier besoin.

( I ) Tome IV, page 9/4 .

LXVI NOTICIS

Quelques-unes cependant, même dans les pays étrangers, écrivirent à Thomas pour lui témoigner leur reconnaissance. Nous l'apprenons par une de ses réponses ( i ) à la marquise Violante de Chigi , qui habitait la Toscane.

On applique à madame Necker l'esquisse des femmes qui, dans la capitale, <c joignent à une « raison vraiment cultivée une ame forte, et re- « lèvent par des vertus leurs sentiments de couce rage et d'honneur..., qui pourraient penser avec <c Montesquieu , et avec qui Fénélon aimerait à « s'attendrir... ; qui, dans l'opulence..., séparent, « tous les ans, de leurs biens une portion pour « le^ malheureux, connaissent les asyles de la a misère , et vont rapprendre à être sensibles en «f y versant des larmes (a). »

Le portrait de la femme estimable du siècle passe pour être celui de madame de Marchais, épouse du premier valet de chambre de Louis XV, ensuite du comte d'Angivillîers, surintendant des bâtiments du roi. Il commence ainsi : « Il doit a y avoir dans chaque siècle un caractère dis- « tinctif pour le mérite des femmes; il consiste

(i) Cette réponse, écrite en 177a ou 1773, se trouve à la fin de la notice.

(a) Tome IV, page 137.

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