I.XXVI NOTICE
nommé uoii plus dans une lettre, écrite en 1 762 sur la paix célébrée à cette époque (î).
Les mémoires du ternps lui donnent une grande part au discours que prononça Ducis à TAcadémie française, en y succédant à Voltaire, le 4 mars 1779. Ce morceau, jugé par La Harpe avec une excessive rigueur (2), tient effectivement de la manière de Thomas dans quelques parties, surtout dans celle qui concerne Fhistoire. Cependant M. Campenon affirme avoir vu le discours de Ducis, écrit en entier de sa main , avec des notes très -courtes de Thomas en marge ; ce qui annoncerait que ce dernier s'était contenté d'indiquer des corrections à son ami (3). Quoiqu'il en soit, plus on examine attentivement le style de ce discours, plus on y reconnaît l'empreinte bien marquée de deux cachets différents.
Nous avons fait connaître tous les ouvrages que publia Thomas, au milieu de ^ufifrances presque habituelles. Sa vue, usée par l'étude, le força long-temps de recourir à des yeux étran-
(1) Tome VI, page io5.
(a) Correspoudance littéraire , lettre Cil.
(3) Essais de mémoires y ou Lettres sur la vie, le caractère et les écrits de J, F. Ducis , page a 3 5.
SUK THOMA.S. LXXVII
gers; sa poitrine était dans un état si déplorable que le docteur Tronchin finit par lui prescrire le silence, comme Tunique moyen de prolonger une existence aussi frêle que la sienne. II fut même obligé, pendant les quatre ou cinq dernières années de sa vie, d'kibiter presque constamment les provinces méridionales, et d'y chercher une température douce et favorable à sa situation. Il y travaillait à son poème de La Pétréide, qui l'occupait depuis vingt ans. Porté naturellement vers les jouissances paisibles de la retraite et de la campagne, il ne regrettait, sous le beau ciel de Nice et de la Provence , que la société d'un petit nombre d'amis, particulièrement celle de madame Necker. Il avait voué à cette femme respectable une sorte de culte, et chaque jour à Paris il s'arrachait de son cabinet pour aller régulièrement passer deux heures auprès d'elle.
Lorsque Thomas entra dans le monde, les mœurs de son siècle lui causèrent une surprise pénible, et furent sans danger pour les siennes, qui étaient d'une pureté virginale. Presque toujours occupé des moyens de plaire à la"* postérité, il négligeait le faible mérite d'être aimable dans un cercle. D'une gravité douce, mais recueillie , il parlait fort peu ; sans contribuer à la