LXXVIII NOTICE
gaité de la conversation, il y souriait quelquefois. Les sujets qui lui étaient analogues pouvaient seuls l'exciter à prendre la parole ; encore fallait-il que ce fût dans l'intiroité d'une société choisie et peu nombreuse. Alors il étonnait par l'abondance de son élocution, par l'énergie de ses pensées, par la diversité de ses aperçus. On attribuait son silence à la timidité ; mais la faiblesse de sa complexion en était la véritable cause. Nous l'apprenons par ce fragment d'une lettre non recueillie : « Un quart d'heure de con- « versation, dit-il, me fatigue plus qu'une heure « de travail, à moins que je ne compose sur « quelque chose qui m'affecte beaucoup; car ce alors j'éprouve la même altération, et c^est <x pour cela que le travail me tue. Jugez, par u tous ces détails, de ma misérable organisa- « tion (i). »
Son caractère indulgent ménageait toutes les faiblesses, sans en partager aucune. Étranger aux petites passions, il mettait de la dignité dans les moindres actes de sa vie. Son ame peu expansive ne montrait pas ordinairement dans l'amitié une extrême sensibilité; mais il y ap-
(i) Fragment d'une lettre à mademoiselle M*** , du 8 août 1766, extrait de V Essai sur ta vie de M, Thomas, page 74.