VIII NOT^ICK
Ce mémoire n'est point inséré dans les éditions imprimées pendant la vie de l'auteur.
En 1759, Thomas publia Jumonsnllej poëme en quatre chants , dont le sujet est le meurtre d'un jeune officier de ce nom , assassiné en Amérique six ans auparavant par les Anglais, sans aucun respect pour le titre inviolable d'envoyé firançais. « Puisque, pour le malheur du genre « humain , dit l'auteur, il n'y a point de tribunal « où l'on puisse citer les nations coupables , du «( moins que la postérité en tienne lieu, qu'elle V les flétrisse, et que la crainte de l'infamie soit c< au moins un frein qui les retienne (i). » Des vues aussi pures méritaient d'être secondées par les inspirations du génie et du patriotisme. Thomas était doué plutôt des qualités du vrai citoyen que de celles du vrai poète; mais on .pplaudit à ses excellentes intentions. La faveur publique protégea son ouvrage ; elle fit d'autant mieux valoir les beaux vers dont il étincelle , qu'ils se trouvent au milieu de beaucoup d'autres qui n'ojffrent rien de neuf, et qui semblent jetés dans le même moule. Fréron lui même traita l'estimable professeur avec une extrême bienveillance, sans doute parce qu'il avait re-
(1) Préface, tome V, page 12.