‹ Œuvres complètes de Thomas, de l'Académie française;Chapitre 5 sur 100 · SUR THOMAS. IX · texte numérisé non relu

SUR THOMAS. IX

connu dans ses premiers essais un écrivain religieux , qui n'avait pas craint de se mesurer avec Voltaire. Voici les propres expressions du rédacteur de Vannée littércUre sur Jumomniie : « Cet c excellfent poëme n'est pas sans défauts. Je ne « relèverai point un petit nombre d'épithètes « oisives et d'hémistiches forcés; la versification « touiours belle est quelquefois monotone. On c désirerait plus de variété dans les tours, de « rapidité dans les images , d'adresse et de chaleur « dans la liaison des idées et des détails ; mais « ces taches légères sont bien compensées par « le goût, l'harmonie, la force, la correction, « la majesté , le vrai génie épique , dont le rare « concours doit faire placer ce poëme au premier « rang. Le poète surtout est peintre; il ne perd « jamais de vue ce grand principe que la poésie « doit être une peinture. Avec un talent si dé- « cidé, l'amour du travail, des connaissances, « des réflexions profondes sur son art , et l'étude « continuelle des bons modèles dont M. Thomas « paraît s'être nourri, jeune encore , il peut un « jour enrichir notre Parnasse d'un poëme épi- « que. Je crois remarquer dans Jumonville toutes « les qualités nécessaires à ce genre de poésie , tf intelligence du plan et des caractères, goût « éclairé du merveilleux et de l'allégorie, éleva-

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