JOINTS A LA NOTICE. CXXI
pbire , l'art de joindre à toutes les idées ce charme du sentiment qui seul est l'éloquence. Vous avez reçu de la nature ce que nous cherchons à imiter; et l'efTort de notre art, quand nous écrivons, est de ressembler de loin à ce que vous êtes vous-même. C'est dans cette âme enflammée et brûlante que vous avez puisé l'enthousiasme que la Divinité vous inspire. La Divinité n'est sourde et muette que pour les iines froides, pour celles qu'une triste personnalité renferme et resserre dans elles-mêmes ; mais celles qui , comme la vôtre, ont besoin de répandre leurs sentiments sur tout ce qui les entoure, celles qui sentent je ne sais quoi d'infini qui les attire et les enlève hors de ce point où la nature et le temps nous a resserrés ; celles qui ne peuvent souffrir des bornes autour d'elles, à qui il faut une nature plus grande, plus vaste ) et immense comme leurs désirs, ce sont ces âmes qui se transportent et s'enflamment à la seule idée de la Divinité. Tout s'anime et réveille en elles ce sentiment ; ce caractère sttbiiffle de la beauté répandu sur l'univers , cette beauté plus toodiante et plus pure empreinte par la vertu dans les âmes bnmaines; les désirs inquiets et vagues de l'espérance, les larmes mêmes du malheur, tout -offre l'idée consolante d'un Être suprême à -ceux qui appellent un consolateur et un appui, et dont le cœur devient plus tranquille et plus calme quand la bouche a prononcé le nom de la Divinité. On aime à s'arrêter sur cette idée, et dans les peines de la vie, on se croit entouré d'un ange invisible qui nous regarde et nous soutient. Oui, votre âme a souvent éprouvé ces transports si doux que vous peignez si bien : heureux celui qui les partage auprès de vous ! heureux celui qui, en recevant de vous un sentiment, a remercié la nature d'un bienfait de plus! L'illustre famille des Chigi s'honore d'avoir eu dans ie dernier siècle un souverain pontife ; elle s'honorera dans ce siècle de vous posséder , et votre nom ajoutera à sa gloire.