‹ Œuvres complètes de Thomas, de l'Académie française;Chapitre 62 sur 100 · DU MÊME A M. LABBÉ MORELLET · texte numérisé non relu

DU MÊME A M. LABBÉ MORELLET

A OuOiiu , près de Lyon , 1 5 juillet 1 785.

Je vous remercie , mon cher et nouveau confrère , du discours que vous avez eu la bonté de me faire tenir par l'arcbevéque de Lyon. Je l'ai lu avec beaucoup de plaisir, et , après l'avoir lu , j'ai dit avec Ovide : Materiam superabat *>pus. Vous avez fait valoir avec beaucoup d'art un fond a^seï ingrat. L'esprit et la raison ont dicté vos ju(;enient$. C«)t une riche broderie que vous avez jetée sur uu cane>a:i

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simple et luodesle, et qui a mis en relief une étofEtf urne. Le mérite est tout entier pour l'artiste, qui a su lui donner du prix par son travail. Vous voyez que je suis à Lyon » et qtie j'emprunte mes expressions du pays. J'aime beaucoup vos réflexions sur les Mémoires de Noailies ; elles ont autant da finesse que de venté. En eflet, le véritable intérêt des mémoires est d'être, pour ainsi dire, un ouvrage dramatique, et de mettre en scène celui même qui a été acteur. L'historien attache par des résultats et des tableaux , l'auteur des mémoires par des détails; et les détails de caractère sont encore plus piquants que ceux d'action. L'abbé Millot a fait disparaître cet intérêt qui tenait à l'homme , et il n'avait pas de quoi y suppléer par un intérêt qui tint à lui-même et à sa manière de voir et de sentir. Son âme sans mouvement était loin de pouvoir se transporter dans un mouvement étranger. Tout ce que vous dites , sur son caractère personnel et sa manière d'être en société, est plein d'esprit; vous avez ûrc parti de son silence même. C'est peindre, pour ainsi dire, dans l'ombre et faire sortir des traits qui étaient sans couleur. Vous avez créé une physionomie à celui dont le défaut était de n'en pas avoir. Votre création cependant paraît^tenir à lui être réel ot même à celui que nous avons connu. On \e voit, quand vous le racontez , mieux peut-être que lorsqu'on le voyait lui-même. C'est comme certains objets de la nature, qui, pour se dessiner à l'œil, ont bi^soin d'être mis à distance. Ainsi, grâce à vous, il aura après sa mort une sorte de caractère qui s'effaçait de son vivant. M. le marquis de ChasttmuX) dans son discours ingénieux et (in, vous a rendu toute la justice qui vous était due. Il a mis sous les yeux du pubKc le bilan de vos richesses. J'aurais désiré moi-même pouvoir me joindre à ceux de nos confrères dont vous avez obtenu les suffrages. Je les remercie d'avoir donné un bon esprit et un philosophe de plus à l'Académie, etc.

JOINTS A LA NOTICE. CXXXIIl

Mille tendre compliments, je vous prie, k monsieur et k madame Mannontel. J'ai reçu d'elle dernièrement une lettre lufiniment aimable 9 et l'archevêque m'a remis le discours sui^ l'aotorité de l'usage dans la langue ; il m'a paru excellent pour les idées et le stylé. J'aurai le plaisir d'écrire bientôt au bon iBfoage, où l'on fait de si jolis enfants et de si bons ouvrages.

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