‹ Œuvres complètes de Thomas Jan StieltjesChapitre 139 sur 168 · Voici comment on peut interpréter ce résultat · texte numérisé non relu

Voici comment on peut interpréter ce résultat

Désignons par les symboles D, et D les distributions de masse caractérisées par les fonctions y, (u) et æ (u). On peut passer de la distribution D, à la distribution D par un certain transport de masses. Convenons de dire que le transport d’une masse m sur une longueur / exige un travail mesuré par m1. Alors on voit, sans difficulté, que le travail total minimum nécessaire pour passer de D, à D (ou réciproquement) est mesuré par

Î |Pn(u) — P(u)| du.

Nous désignerons ce travail minimum aussi par {D,, D}, et il semble naturel de dire que la distribution D, diffère infiniment peu de D lorsque {D,, D} est infiniment petit.

Ainsi D peut être considérée comme la limite de D,.

En général, lorsqu'on a une suite infinie de distributions

D,, D;, D;, lé et qu’il existe une distribution D telle que Dr, D}

devienne inférieure à £ dès que n surpasse une certaine limite, on dira que D est la limite de D,.

On peut reprocher à cette définition de faire intervenir la limite D elle-même, et puisque

Du, Dngni SIDn, DI + ID, Dupni 2e, on serait porté à adopter la définition suivante: la suite D, ? D;; D:; tend vers une limite s’il existe un nombre # tel que 1D», Dutn} < €,

e étant un nombre positif arbitraire.

Mais il est clair que cette définition manque de sens précis, tant qu’on n'aura pas démontré qu’il existe effectivement une distribution D telle que {D,, D} devienne infiniment petit. Nous avons voulu indiquer seulement cette question, que nous n’examinerons pas ici.

Poule) = M SA ds te

Puisque

on voit qu'on peut considérer cette réduite elle-même comme une espèce de moment paramétrique (dépendant du paramètre z) de la distribution D,. Et le résultat principal de nos recherches revient donc à ce que le moment paramétrique de D, a pour limite le moment paramétrique de D.

Or, si l’on considère l’intégrale définie par laquelle s'exprime le moment paramétrique de D, et si l’on se rappelle la définition d'une intégrale définie comme limite d’une certaine somme, on verra que, pour cette somme, on peut justement prendre le moment paramétrique de D,, c'est-à-dire la 2nme réduite de la fraction continue. On peut donc dire que la fraction continue est une transformation identique de l'intégrale définie. Cette singulière réduction l’une à l’autre de deux expressions analytiques si différentes, une intégrale définie et une fraction continue, nous l'avons remarquée pour la prémière fois dans le cas particulier où Q2,(:) est un polynome X, de Legendre. (Voir Comptes rendus, t. XCIX, p. 508; 1884).

C'est le désir d: généraliser ce résultat qui nous a fait entreprendre les recherches que nous exposons ici.

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