‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 2)Chapitre 23 sur 84 · THEORIES $UR LA MEMOIRE · texte numérisé non relu

THEORIES $UR LA MEMOIRE

(c 1er les perceptions, qu'elle a déjà eues, avec un sentice ment qui la convainc qu'elle a déjà eu ces percep- « tions. »

Or , il me semble aussi difficile de réi^eiller des perceptions qui ne sont plus, que de les déposer dans un réservoir, ou de les en retirer. Ce qui n'est plus ne peut pas renaître le même; il peut naître seulement quelque chose qui lui ressemble; Locke lui-même reconnaît ailleurs qu'une chose ne peut avoir deux commencements d'existence, et que ce qui a deux commencements différents est nécessairement double. D'où il suit, que la puissance de réi^eiller des idées ou des perceptions qui ont cessé d'exister, n'est autre chose que \ei puissance de créer de nouvelles idées, ou de nouvelles perceptions semblables à celles qu'on a déjà eues.

Le réveil des perceptions passées est accompagné , selon Locke , d'un sentiment qui conuainc Vame qui elle les a eues précédemment. Ce serait assurément là un sentiment trompeur , puisqu'elles ne peuvent avoir deux commencements d'existence et que nous ne saurions croire qu'elles en aient deux; tout ce que nous pouvons croire , c'est que nous avons eu précédemment des perceptions semblables. Mais soit que nous croyons qu'elles sont les mêmes , ou seulement qu'elles sont semblables à celles que nous avons eues , cette conviction suppose le souvenir antérieur des perceptions passées , autrement nous ne pourrions juger ni de la similitude, ni de l'identité.

A la figure du réveil !^ Locke en ajoute une autre : « L'ame , dit-il , a la puissance de réveiller ces idées et de « se les peindre , pour ainsi dire , de nouveau à elle- « même. » Quelque part que l'on fasse à la métaphore d^ns cette autre forme d'explication , il restera toujours que l'ame doit se souvenir de ce qu'elle se peint à ell«- IV. n

^ ESSAI lU. CHAPITRE VII.

même , pomaje le peintris ^ be^in d'un modèle placé devant ^s yeu^ , ou dstns son iinaginatipn , ou daos saxnémoire. L'explication présuppose donc toujours la mémoire*

Ces remarques ne tendent qu'à i&ire vpir que la théorie de Jjocke répand plus d'obscurité que 4e lumière «ur J$i mémoire, et qu'elle est loin d'e^pjiquer comment .c^tt^ faculté nous donne la coan^issîance certaine du p^ssé.

'Chacun sait ce que c'^est que hi, mémoire , pt s'en fprm^ une potion distincte; est-il facile de la reconnaîtra , et de 416 reconnaître qu'elle dans « la puissance de ramener de? « vant l'esiprit des i<}ées, qui, après y avoir, été imprimée^, f( avaient disparu, et avaient été epitièrement éloigiiées 4^ « sa vue? » Il est heureux que Loc^e nous au avertis qu'il parle de la mémoir-e, car il ^est des choses avec lesquejle$ cette description paraît avoir au moins autant d^ ressemblance- Après ^voir regardé quelque temps un pprtrait, je ferme Jes yeux ou je les détourne ; le posrtrait dispajxiù:fpn s^ éloigne à^ nia vue ; j'ouvrjs 4e .nouveau les yeu^ i>u je Jes reporte vers le portrait, et aussitôt la peroeption $e recueille. Est-ce le f^it de mémoire que je viens de dé* crire ? A.ssurénient, jpon ; etcepei;idai^t tp^sles traits de la définitÎQn de Locke sont aussi fîdèlemeot reproduits dans ce fait , qu'ils puis;^ent l'être daos Je £^it de mén^oke luimêp^e.

Observpns encqre queliQckeemfJoie ie^mQt^peweption et iWfcf., dans le sens le plus vague et le plus iipidéteriHiné.

Il ayait dit dans le chapitre précédent qui a \^ perceptipn pour objet : çc La per^eptiqn es;t la première faoulté « de l'ame, qui est occupée de nos idées. » Ici, il dit : fc Que nos idées ne sont auti^e.phose que des perc^iptions, «qui sont actuellement dans l'esprit. )> Si on suÂ^tliiiue successivement J^ percepl^ipn aux Âdées , et les idées> à la pcrceptipp^ on î^ura les deux défiuitipas suivac^te»: «La

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