‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 2)Chapitre 48 sur 84 · IV. j · texte numérisé non relu

IV. j

aïO ESSAI V. CHAPITRE II.

est réelle, et comme nous ne la concevons pas, nous sommes hors d'état de déduire leurs attributs de cette essence, comme nous le faisons à l'égard du triangle.

Nous sc»nmes donc obligés de suivre une route contraire; nous étudions les attributs comme autant de faits isolés, avec cette conviction cependant, qu'il y a un sujet auquel ils appartiennent.

Il me semble qu'il résulte clairement de tout ce que je viens de dire que nous avons des conceptions claires et distinctes des attributs, et que ces conceptions forment à elles seules tout ce que nous savons dé précis sur les réalités individuelles.

La seconde classe des termes généraux comprend ceux qui expriment les genres et les espèces dans lesquels nous distribuons les choses. Si noiis avons une concep* tioii distincte des attributs , on ne peut contester que nous ne l'ayons aussi des genres et des espèces , qui ne sont que des collections d'attributs conçus dans un sujet, et représentées par un nom général. Toutes les fois que les attributs, compris sous le nom général, sont distinc* tement conçus , la collection signifiée par ce nom doit l'être également; et l'on a le droit d'appliquer le nom à tout individu qui possède les attributs.

Par exemple , si je conçois distinctement ce que c'est que pondre defe œufs , avoir des ailes et des plumes , et que je donne le nom dioiseau à tout individu qui possédera ces trois attributs, assurément la conception que j'aurai d'un oiseau sera aussi distincte que la notion des attributs que j'ai représentés par ce mot. Si donc l'on admet que ces attributs forment la définition d'un oiseau, il n'y a rien que je conçoive plus distinctement. Si je n'avais jamais vu d'oiseau , et qu'on pût me faire comprendre la définition, il me serait facile de l'appliquer à tout indi-

ai 1

Page 1