DU TJ^MOIGNAGE DES SENS ET DE LA CROYANCE. I
vie d'un chrétien , on peut dire que la croyance en général est le mobile principal de ia vie d'un liomine.
Sans doute les hommes croient souvent oe qu'ils n'ont aucune rai^OQ suffisante decràîre^ et jont entraînés, parla, dans des cireurs funestes; mais à moins d'être complètement sceptique , ou ne peut nier non plus qu'il n'existe de légitimes raisons de croire.
ISou^ donnons le nom d'éi^cRoe à totite raison légitime de croire. Croire sans évidence est une faiblesse à laqviellç tput homme est intéressé d'ëdiapper , et que chacun désiriç éviter. Quand l'évidenee disparait, ou qu'on cesse de l'apercevoir, il n'est pas en notre pouvoir de continuer de croire un seul moment.
Il est plus aisé de sentir que de décrira en quoi consiste l'évidence ; elle gouverne ceux-mémes qui n'ont jamais réfléchi sur sa nature. Les logiciens tâchent de iWpliquer et de <]istinguer ses espèces diverses et ses différents degrés; mais tout homme de bon sens 4a saisit et l'apprécie avec justesse, quand elle est placée devant ses yeux , et qu'il est libre de préjugé. De même qu'on peut avo^r de bons yeux sans connaître la théorie de la vision , de même on peut être doué d'un excellent jugement sans avoir réfléchi sur les caractères abstraits de l'évidence.
Les circonstances de la vie commone nous conduisent à distinguer différents genres d'évidence , que nous désignons par des tennes uujversell^Biênt compris. Telles so^t l'évidence des sans, l'évidence de la mémoire, i'évi* deoce de la conscience, l'évidence du témoignage des hommes, l'évidence des axionitôs, l'évidence du raisonne* ment» Tous les hommes de bon sens conviennent que ces différents genres d'évidence peuvent offrir de justes motifs de croire ; et les circonstances, qyi les fortifient pu les affaiblissent, sont générdleme«i connuer.