OPINIONS DES PHILOSOPHES SUE LES UNIVERSAUX
La doctrine des universaux ou des choses exprimées par les termes généraux , tient une place considérable dans la philosophie ancienne. Les idées de Pythagore et de Platon, dont nous avons déjà tant parlé, étaient des uni«versaux. Lés universaux étaient l'objet de la science; et comme il n'y avait point de véritable science ,. dont l'objet ne fut réel et immuable, les, amis de la vérité et de la
science, soutenaient que les universaux ou les idées réunissaient tous ces caractères.
Les Sceptiques au contraire , car il y eut des Sceptiques dès le premier âge de la philosophie, soutenaient que toutes choses sont sujettes au changement, et dans une fluctuation continuelle; d'où ils concluaient, qu'il n'y a ni vérité ni science, et que nous n'avons que des opinions incertaines..
Platon^ et les. Pythagoriciens ses raaitres, convenaient avec les Sceptiques en ce point, que les objets sensibles ne peuvent être le sujet d'aucune connaissance certaine ; mais ils pensaieqt qu'il y a des objets intelligibles qui ne partagent point leur étemelle mobilité. Ces objets essentiellement immuables, étaient les idées ou natures universelles, dont les objets, sensibles ne sont que les images et les ombres.
J'ai déjà dit qu'ils revêtaient ces idées des attributs les plus magnifiques. Il y avait une idée de chaque espèce; elle avait existé de toute éternité et précédé tous les. individus dont elle était l'exemplaire ou le modèle et dont elle constituait l'essence; c'était d'après ces types, incréés comme lui, que Dieu avait créé toutes choses; ils devenaient aussi les objets de l'intelligence humaine , quand celle-ci s'élevait par l'abstraction jusqu'à saisir l'unité de l'espèce dans (a multitude des individus.
Ainsi l'idée de chaque espèce, quoique une et immuable , pouvait être considérée sous trois points de vue différents; i*^ elle avait une existence propre , éternelle et antérieure à celle des individus de l'espèce; a^essence de l'espèce, elle existait dans chaque individu, sansdivision ni multiplication ; 3^ elle était l'objet exclusif de la science humaine.
Telle fut, si je ne me trompe , la doctrine de Platon. Des trois propriétés qu'elle attribuait aux idées , celle