‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 2)Chapitre 60 sur 84 · DE LA CAUSALITE ET DE L INDUCTION. ÎI · texte numérisé non relu

DE LA CAUSALITE ET DE L INDUCTION. ÎI

part des changements qui ont lieu dans notre corps. Et quand la conscience nous maoifestecait que nous sommes Ja cause de tout ce qui esX, a été, ou sera, il ne serait point en soxi pouvoir de nous manifester que nbus en fussions la cause nécessaire. Il ne peut sortir de l'expérience que le fait delà connexion,^ la. nécessité de la connexion n'en peut jamais sk>rtir, » £t qtiand enfin cette nécessite même serait doionéç par la conscience , il en résulterait que nous sommes la caus&e nécessaire de tout événement , principe que non-seulement nous ne croyons point, mais que noua regardoQS comme tout-à-fait faux , et qui est absolument différentMdu principe de causalité.

Ainsi la conscience est. aussi impuissante que les sens; et il reste démontré que Texpérience, pas plus que le raisonnement , ne peut rendre compte du principe de eau* sali té, et que.^ par conséquent , ce pHqçipe çst un fait primitif, ou une loi de notre nature.

M. Royer-Collard. ne s'arrête point là; il cherche quand et comment s?est manifestée à nous cette loi primitive de notre constitution, ou, en d'autres termes, dans quelle circonstance elle a fait sa premièi:e apparition dans notre esprit. C'est en effet la seule question d'origine qu'on puisse agiter pour des principes de cette espèce»

M. Royer-CoUard observe que l'idée de cause est puisée en nous. Notre conscience noujs apprend que nous voulons et que nous pouvons; la volonté et le pouvoir sont les deux éléments de notre causalité. De ces deux éléments, l'un est plus saillant pour la conscience, et c'est la volonté; l'autre, plus obscur et Q^est le pouvoir;

al6 FRAGMEMTS.

n'y a que deux sortes d'expérienco , rieure, les sens et U conscience , il l'autre de ces deux expériences potti de causalité.

« Loin que l'expérience exli'iicii universel, que tout ce qui ati/i;', cause, (lit-il , elle ae donne pas ri.

ainsi que Hume l'a démontra, i..

trons hors de nous que coiili^ production. Et quand bien n; nous donnerait Cette idiH', .

raient comme cause et ci'l\\ que comme contiguïté el -^ nements sans cause sein' des événements qui aiii

de l'expérience serait ■

de cas, ce qui arriva

nombre , il n'en a p o Reste l'expéiii

Collard; elle nous

nousla donne. Eli

une cause , el

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lAUSALlTK ET DE l'iNDUCTION. 279,

^( -HBs^H^^^i^ikVAitâh oaLurels , comme des causes sembla- [1 ■^EE.«B^^^^HHMijai'^*<^i*c 9 Yolontaîres et inteUigentesr

ekpi fit»

uu dfi M, Royer-Collard sur la nature et •^cipe causalité. Passons maintenant au

L|^ ^^HHLiiHHt^b. A-'t.^^<^^p6 d'inductiou y dit-il , repose sur deux ■w^^mKBBcjm^ «*♦ A ers est gouverné par des lois stables; voilà "mi^^ÊÊmÊ^ ' "-divers est gouverné par des loi& générales;

Bit ^^

nitii

^)i'emier que , connues en un seul point de

iois de la nature le sont dans tous; il suit

^ ', connues dans un seul cas> elles le sont

( as parfaitement semblables.

ukiction nous donne à la fois l'avenir et Ta-

. caractère propre est de conclure du particu-

ral , et par là, elle est diamétralement oppo-

Juction ou au raisonnement pur, qui conclut

'lu général au particulier. Elle fait qu'il y a, en

.^orte , deux raisons humaines qui ont chacunia

iicipes , leurs règles et leur logique. La logique du

ment pur est celle d'Aristole et de la géométrie ,

laquelle toute proposition certaine remonte par une

o non interrompue à un principe évident ei| soi. La

lie du raisonnement inductif a. été créée par Bacon

le NoQum or^anum ; le? quatre règles de Newton , re-

' r philosophandi^en sont les principes les plus généraux.

'c est bien plus difficile et bien plus utile que l'autre ; car

philosophie naturelle et la philosophie de l'esprit hu-

278 FRAGMEIfTS. ,

peut->^tre uiéme le pouvoir n'est-it pas iinmëdiaèement aperçu par la cons^ûeôee^ et n'ëst-^il qup suggéré par l'exercice de la volonté. Quoi qu'il en soit , rien n'est mieux^ senti en nous que l'empire que nous exerçons comme cause volontaire sim nos pensées et sur nos actes. La conscience ne suffit pas cependai^t pour le révéler ; il y &ut le concours de la mémoire ; car l'exertion de ht cause vdlontaire est un &it qui a de la durée , et qui , par conséquent , ne saurait être saisi par la conscience toute seule.^ C'est dans le seufitnent de notre causalité que M^. Royer- CoUard pense que le rapport de la cause, à l'effet s'est d'abcH^d révélé à nous. Mais la conscience ne nous montre , comme il le dit; , que le &it de la connexion et non poiurt la nécessité de cette connexion. Nous concevons cette nécessité , nous ne l'apercevons pas. Le &it que nous apercevons est l'occasion et non point le pi*incipe de cette conception ; il ne la coatient point , il la suggère. C*est une loi primitive de notre nature qui se manifeste avec des caractères de nécessité et d'universalité à propos d'une expérience accidentelle qui n'atteint qu'un seul fait et qui est renfermée dans les limites d'un moment de la durée et d'un, poiat de l'espace.

Ce qu'il y a du moins de bien certain, selon M. Royer-Col-

lard, c'est que la notion que nous nous formons d'une cause

est puisée dans le sentiment que nous avons de la nôtre ,

* et ce qui le prouve, c'est que nous importons cette notion

' au-dehots , et que nous concevons à son image toutes les

causes éjctériëures. Delà vient t:e penchant des enfants et

ides peuples sauvages à regât^der les causes immédiates de

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