ORIGINE DES ERREURS SUR LA SUBSTANCE
« imbue des niaximes dés graads hommes de Tantiquité. <c Mais , dans ce siècle grossier, plus d'un étourdi secoue <c la tête au s^ nom de Platon; la plupart des gens >cc mettent les écrits de ces afi^cietts célèbres au niveau des ce sèches et barbares productions des Scholastiques. Je.pense <x pourtant qu'on me permettra de présumer qu'il en est « peu parmi nous , de ceux que Ton met au premier rang , « qui aient plus de sens, de vertu , d'amour pour leur a patrie que Gicéron, qui, dans une de ses lettres à Atticus, « ne peut s'empêcher de s'écrier : O Sacrâtes, et socra^ « ticiviri^ nunquàmvobis grcUiam referam! O Socrate, « et vous, disciples de ce grand homme, je ne vous rendrai « jamais ce que je vous dois ! — Plût à Dieu qu'un grand « nombre de nos compatriotes leur eussent la même obli- « gationli)
Je ne prends point Berkeley à la lettre; je n'admets ni ne conteste ses exemples; mais il me semble qu'il met dans un beau jour cette importante vérité , qu'il y a du pis et ^ mieux jusque dans lès rêves de la philosophie. Sans doute il faut tâcher d'abord de ne se point égarer , et, pour cela, il faut se t^nir en garde contre les systèmes et l'esprit de système , et se préserver surtout de la soumission servile aux opini(^s régnantes; il faudrait ensuite , si l'on avait le choix des erreurs , préférer celles <|ui exercent l'esprit, qui l'élèvent, et qui le nourrissent de croyances généreuses. Mais on ne choisit pas l'erreur; on la reçoit de son siècle , et dans chaque siècle elle est déterminée, :selon des lois presque invariables , par un certain état des esprits sur lequel elle réagit à son tour.