‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 3)Chapitre 23 sur 81 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

IL T .A DANS L'HOMME DES PRINCIPES RATIONNELS d'aCTION.

Les principes mécaniques agissent sans la participation de la volonté : nous pouvons par un. effort volontaire en empêcher l'action; mais s'ils ne trouvent pas d'obstacle dans la volonté, ils n'ont pas besoin d'elle pour agir.

Les principes animaux requièrent l'intention et la volonté pour opérer au dehors; mais le 'jugement leur est inutile. Les anciens moralistes les ont appelés, ay.ec beaucoup de justesse, aveugles désirs, cœcœ cupidines.

J'ai traité de ces deux classes de principes, et j'arrive maintenant à la troisième, c'est-à-dire aux principes rationnels , qui sont ainsi nommés parce qu'ils ne peuvent exister que dans un être raisonnable , et que dans tputes leurs opérations ils requièrent non-seulement l'intention €t la volonté, mais encore le jugement ou la raison.

Cette faculté que nous appelons raison, et par laquelle les hommes adultes et d'un esprit sain se distinguent des brutes, des idiots et des enfants, a été regardée dans tous les siècles, par les savants et les ignorants, comme remplissant le double office de régler notre croyance , et de diriger nos actions.

Tout ce que nous croyons nous paraît conforme à la raison , et c'est à ce titre que nous y donnons notre assentiment ; tout ce que nous ne croyons pas nous paraît déraisonnable, et c'est pour ce motif que nous refusons d'y croire. La raison est donc, au jugement de tous, le principe qui doit régler notre croyance et nos opinions.

On ne la reconnaît pas moins généralement pour te principe qui doit* régler nos actions.

Agir raisonnablement est une expression non moins commune dan? toutes les langues que jug^r raisonnablement. Nous approuvons satas hésiter une conduite qui nous paraît fondée sur une bonne raison , et nous désapprouvons tout acte qui nous paraît sans motif raisonnable, ou contraire àf la raison.

Une façon de parler si universelle parmi les hommes , et qui est commune aux savants et aux ignorants chez tous les peuples et dans toutes les langues , doit avoir une si-f gnificatiôn; supposer que c'est une locution dépourvue de sens, c'est traiter avec un absurde mépris le sens commun de l'espèce humaine.

En admettant donc qu'elle signifie quelque chose , nousj pouvons examiner de quelle manière la raison peut servir de règle à nos actions, en sorte que les unes soient appelées raisonnables , et tes autres déraisonnables.

Je prends- pour accordé que tout exercice de la raison implique jugement, et réciproquement nous ne pouvons

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