‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 3)Chapitre 31 sur 81 · VI · texte numérisé non relu

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l46 ESSAI III. PART. Ht. CHAt>ITHE V.

Les hommes du monde l'appellent honneur , et trop souvent le bornent à certaines vertus qu'ils Regardent comme les plus essentielles à leur condition ; le vulgaire l'appelle honnêteté , probité, vertu , conscience; les. philosophes lui ont donné le nom de sens moral, de faculté morale , iï équité.

L'existence de ce principe chez tous les hommes par- . venus à l'âge de raison et de réflexion est incontestable ; les mots qui le désignent , le nom des vertus qu'il corn* mande et des vices qu'il défend , le doit et ne doit pas qui est la formule de ses prescriptions, composent une partie essentielle de toute langue. Le respect pour les caractères honorables 7 le ressentiment pour les injures, la reconnaissance pour les bien&its , l'indignation contre la bassesse , sont des affections naturelles qui supposent la > réalité du bien et du mal moral dans la conduite humaine.1 Une foule de transactions inévitables dans 1 état de société le plus imparfait , . impliquent la même supposition : uft témoignage, une promesse, un contrat, impliquent nécessairement une obligation morale dans l'une des parties contractantes, une confiance fondée sur cette, obligation dans l'autre.

La diversité des opinions humaines loin d'être plus grande est au contraire beaucoup moindre , si je ne me trompe , sur les questions de morale que sur les questions spéculatives ; et cette diversité ne s'explique pas avec moins de facilité dans le premier cas que dans le second par les causes 'd'erreur auxquelles l'intelligence humaine est soumise. D'où il suit que la différence absolue du vrai et du faux en matière de spéculation, n'est pas d'une évidence plus manifeste que la différence du bien et du mal en matière d'actions et de conduite.

L'autorité de Hume, si nous avions besoin de l'invo-

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