‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 3)Chapitre 46 sur 81 · DES MOTS CAUSE ET EFFET · texte numérisé non relu

DES MOTS CAUSE ET EFFET

selon Hume, et Priestley paraît donner les mains à cette opinion : « Une cause , dit ce dernier, n'est autre chose « qu9 une ou plusieurs circonstances antécédentes ^ constam- « ment sûmes d'un certain effet ; la constance du résultat « nous faisant juger qu'il y a une raison suffisante dans « là nature des choses, pour qu'il^it uniformément pro- « duit dans ces circonstances. »

Mais quand les faits sont en opposition avec les théories, c'est à celles-ci décéder. Quiconque connaît la valeur des termes sait parfaitement que, ni l'antériorité , ni la concomitance uniforme ,• ni la réunion de ces deux circonstances, n'impliquent la causalité. Tout homme libre de préjugés donne sdn assentiment à cette phrase de Cicéron : « Itaque non sic causa intelligi débet, ut quod cuique antecedat, id et causa sit , sed quod cuique efficienter antecedit. »

La question même de savoir si nous avons l'idée d'une cause efficiente, prouve que nous l'avons. Les hommes peuvent bien disputer sur des choses imaginaires, mais ils ne peuvent disputer sur des choses dont ils n'ont pas l'idée! * • •

Ce que j'ai dit dans ce chapitre avait pour but de montrer que les idées de cause, cF action et de puissance active , dans le sens propre et rigoureux de ces mots 9 se rencontrent de très bonne heure, et dès l'aurore de la vie intellectuelle, dans l'esprit de tous les hommes. Un a le droit d'en conclure que les mots consacrés dans toutes les langues à l'expression de ces idées n'offraient primitivement aucune équivoque. Mais il p'en est pas moins certain que cette pureté d'acception a disparu, et que chez les nations les plus éclairées , ces mêmes termes s'appliquent à tant de choses différente^ et s'entendent d'une manière si indécise, qu'il est difficile de raisonner clairement sur les objets qu'ils expriment.

aOO ESSAI IV, — C04P1TREXII.

Au premier coup d'ceîl ee phénomène paraît ineipiicable ; mais la réflexion ne tarde pas à y apercevoir une des conséquences de la marche lente et graduelle de 1& connaissance humaine.

Comme l'ambiguïté de ces mots a causé une feule de méprises dans le sujet cme nous traitons, et donné naissance aux objections les plus fortes qu'on ait dirigées contre la liberté morale , il. ne sera point hors, de propos de remonter à sa. source ,' et d'enexpliquer les causes. Lorsr que nous connaîtrons d'où vient l'équivoque, nous saurons mieux {'éviter , et le sens propre des mots? qu'elle a obscurcis se laissera, plus distinctement saisir.

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