‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 4)Chapitre 4 sur 77 · III · texte numérisé non relu

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ganes des sens 9 et comment elles sont conservées et «plritualisées par divers agents, appelés ^ewj intérieurs: les fonctions mêmes de ces agents sont devenues le sujet de nombreuses disputes; mais nous laisserons de côté tous ces détails.

il fallait exposer en peu de mots , comme nous venons de le faire, cette théorie des Péripatéticiens sur les ob* jets immédiats de nos pensées , parce que la doctrine des philosophes modernes sur les idées lui doit son origine. Locke, qui emploie si fréquemment le mot idée^ déclare qu'il entend par-là ce qu'on appelle communément esr pèce ou fantôme; Gassendi, à qui Locke a fait plus d'emprunts qu'à aucun autre auteur , avait dit la même chosç. Les mots espèces et fantômes sont des termes techniques dans le système péripatéticien , et c't^st là qu'il faut en chercher la véritable signification.

La théorie de Djémocrite et d'Epicure , sur ce siijet^ n'était pas très-différente de celle des Péripatéticiens. Se^, Ion ces philosophes, les corps lancent continuellement de leur surface de légères pellicules , d'une subtilité si grande que, pénétrant à travers l'épaisseur de notre corps, ou s'introduisant par les organes des sens , elles viennent imprimer leurs images dans l'esprit. Les espèces sensibles d'Aristote étaient de pures formes , tout-' à-fait immatérielles ; les pellicules ou spectres d'Epicure étaient composés d'une matière très-subtile.

A l'exemple des Péripatéticiens et des Épicuriens, les philosophes modernes ont supposé que les choses extérieures ne sauraient être les objets immédiats de la pensée^ et qu'il faut de toute nécessité qu'il existe dans l'esprit certaines images de ces choses , dans lesquelles il les voie comme dans un miroir. Ce sont ces images intermédiaires qu'on appelle idées dans le sens philosophique de ce

mot. Les choses extérieures ne sont que le& objets éloi*^ gncs ou médiats de l'esprit ; les idées ou les images dô ces plioses en noqs en sont les objets immédiats : sans les idées nous ne pourrions avoir ni perception , ni souvenir^ ni conception des objets Inédiats.

Lorsque nous disons, dans la lapgue commune, que nous avons Violée d'une chose, nous voulons seulement dire que nous pensons à cette chose. Pour le vulgaire, cette expression implique un esprit qui pense , l'acte par lequel il pense, et la chose- à laquelle il pense. Mais pour les philosophes il y a un quatrième clément, savoir, Vidée y qui est l'objet immédiat de la pensée. L'idée est dans Tes* prit même, et ne peut exister que là ; mais l'autre objet, l'objet éloigné ou médiat, peut être une chose extérieure, comice le soleil ou la lune^ ou bien une chose passée, ou bien une chose future, ou bien enfin une chose qui n'a jamais e^^isté. Tel est lé sens philosophique du mot idée; et nous pouvons observer qu'il a pris sa source dans une opinion : car, si les philosophes n'avaient pas cru à l'existence d'objets immédiats de la pensée en nous, ils n'auraient pas employé le mot idées pour les désigner.

Je n'ajouterai qu'une observation : j'emploierai le mot

idée dans son acception philosophique en exposant les opinions des autres , jamais en exprimant la mienne; parce que , à mes yeux , les idées prises en ce -sens sont une pure fiction des philosophes. Quand je m'en servFrai, je le prendrai donc dans son acception vulgaire, mais je préférerai en général les mots notion, pensée, qui ont la même signification^ et qui n'ont pas l'inconvénient d'avoir été employés dans une autre acception par les philosophes. Il y a un seris du mot idée cfue je regarde comme celui-là même dans lequel l'ancienne philosophie Ta employé et que j'adopterais volontiers, si l'usage, souverain

arbitre eh matière de langues, le permettait; mais j'en; parlerai plus loi«.

. 1 r. Ije mot impression est employé. par Hume en parlant des .opérations de Tesprit , presqu'aussi souvent que celui dYâSeepar Locke. Hume distingue les idées de Locfce en deux espèces: il appelle les unes impressions ^ et laisse aux autres la dénomination d^idées. Je ferai quelques observations sur le sens que Hume prête à ce mot , et je considérerai ensuite sa véritable signification dans la langue commune.

. «Nous pouvons diviser, dit Hume, toutes les percep- « tions de l'esprit iiumai«i en deux classes ou espèces^ que « l'on distingue par leurs degrés de force et de vivacité. Les «moins vives elles moins fortes, sont celles qu'on appelle « communément pensées ou idées; les autres n'ont point « de nom dans la plupart des langues, et spécialement « dans la nôtre ; qu'on me permette donc d'User d'une «petite liberté, et de les appeler impressions. Jfe désigne « par ce mot nos perceptions lès plus vives, celles qtie « nous avons lorsque nous voyons, entendons, touchons,

« aimons, haïssons, désirons, voulons. I^es idées sont les « perceptions moins vives, dont nous avons conscience « lorsque nous réfléchissons sur les sensations ou les mou* « vements dont nous venons de parler '. »

Telle est l'explication que Hume , dans ses Essais , nous donne du mot impression appliqué à l'esprit. Celle qu'il en donne dans un autre de ses ouvrages, le Traité de la nature humaine^ présente le même sens.

Quoique les disputes de mots conviennent mieux aux grammairiens qu'aux philosophes, ceux-ci, cependant, doivent être censurés lorsqu'ils corrompent la pureté de la langue en détournant les mots de leur acception légitime»

« Essais, vol. II, page i8.

EXPLICATIOIC DES MOtS. 37

Je fais à la phraséologie de Hume , dans les paroles que j ai citées, plusieurs reproches.

I** Il donne le nom de perception à toute opération de 1 ame; Tamour est une perception; la liaine est une perception ; le désir est une perception; la volonté est une perception ; et probablement , par suite, un doute, une question , un ordre, sont également des perceptions. C'est là une corruption de langage intolérable , et qu aucun philosophe n'a le droit d'introduire.

a® Quand Hume nous dit que nous pouvons dhiser toutes les perceptions de t esprit humain en deux classes otl espèces y que ton distingue par leurs degrés de force et de ifii^acitéj il s'exprime d'une manière incorrecte et contraire à tous les principes d'une saine logique. Différer en espèce est une chose; différer en degré, en est une autre. Les choses qui ne difierent qu'en degré sont de la même espèce. C'est une maxime du sens commun, admise par tous les hommes, que le plus ou le moins dans les choses n'en change pas l'espèce. Le même homme peut passer par plusieurs degrés de force et de vivacité du soir au matin, et de l'état de santé à celui de maladie; mais ces différences changent si peu son espèce , qu'elles ne changent pas même son individualité. Dire que deux classes ou espèces différentes de perceptions sonit dijstin* guées par leurs degrés de force et de vivacité, c'est done confondre une différence de degré avçc une différence d'es-» pèce,différencesquQtouthommedebonsen&sait distinguer,

3° Nous pouvons observer que l'auteur, après avoir donné le nom général de perceptions à toutes les opéra* tions de l'esprit, et les avoir distinguées en deux classes ou espèces , qui diffèrent seulement par leurs degrés de force et de vivacité, nous dit, qu'il donne le nom d'/m* pressions à nos perceptions les plus vives comme, par

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exemple ) à eeUes que nous ëprbuvoos quand nous yoydns ^ entendons, touchons, aimons, etc. Il y a une gtande confusion dans cette explication du sens du mot impres^ siùn. Quand je vois , selon Fauteur , c'est une impression ; mais pourquoi ne nous a-t-il p;^s dit s'il donne le n^m d'impression à l'objet ^t je vois^ ou à l'acte de l'esprit par lequel je le voie ? Quand je vois la lune, la lune est une chose , l'acte par lequel je perçois en est une autre : laquelle de ces deux choses appelle- 1- il impression ? Nous restons ici dans l'incertitude , et rien de ce que l'auteur a écrit sur les impressions nef nous en délivre % loin de là, tout ee qu'il dit semble aller à nous faire croire , que la lune que je vois , et l'acte par lequel je la vois ne sont qu'une seule et même chose.

La même observation s'applique à tous les autres exemples que l'auteur donne pour fixer la significatioa dû mot impression. Tous les actes dfe l'esprit qu'il éttumè^e^ l'audition, le toucher, l'amour, la haine 4 le désir, la volonté, impliquent un objet qui soit entendu , touché, aimé, haî^ désiré , voulu. Ainsi, prenons pour exemple ce fait: Taim^ ma patrie ; c'est une impression^ dit Hume^ Mais quelle est l'impression? est-ce ma patrie, ou l'affection que je lui porte ? Je fais cette question ,au philosophe; mais il me laisse sans réponse; et quand je lis todît ce qu'il a écrit sur ce sujets je trouve le mot em«ployé tantôt pour signifier l'opération de l'esprit, tantôt pour signifier l'objet de l'opération , mais le plus souvent dans une acception vague et indéterminée, qui signifie l'uû et l'autre à la fois.

Je ne sais si c'est justifier un auteur , qui comprenait si bien sla langue, et qui s'en est servi avec tant de propriété dans des écrits d'un autre genre, que de dire que son système sur l'esprit demandait un lan|;age particu*

lier, et qu'il aurait choqué trop fortement le sens commun) s'il l'eût exprimé dans la langue ordinaire. Quelques exemples expliqueront ma pensée. Si un homme reçoit un présent d'un grand prix, s'il le voit, s'il le manie, s'il l'accepte 9 c'est là, dit Hume, une impression: mais s'il ne fait que rêver qu'il le reçoit , c'est une idée^ £n quoi diffèrent la réalité et le rêve , l'impression et l'idée ? ce sont deux faits d'espèces différentes, dit Hume ; et sur ce point, tout le monde s'accorde avec lui. Mais, quand il ajoute, qu'oïl ne distingue cet deux fiiits que par leurs degrés de force et dé vivacité, il avance itne opinion qiii lui est propre, et (|ui est en contradiction ma<* uifeste avec le sens commun du genre huniain*

Le songe qui nous a le phis vivement f^appés est aussi loin de la réalité, que le songe le ptûs léger et le plus insi-^ gùifiant; et quand^un homme rêverait qu'il possède tous les trésors de Crésus ,^ ce rêve ne mettrait pas. un denier dans sa bourse. On ne peut raisonner contre des vérités si incontestables, qu'en dénaturant le sens des mots.

De même, si on voulait me persuader que la lune qu& je vois , et l'acte par lequel je la vois , ne sont pas deux choses, mais une seule, on échouerait en respectant la langue. Le seut moyen de réussir, serait de confondro les deux choses sous un même mot, par exemple, sous celui d^ impression ; car tel est le pouvoir des mots, que si l'on peut nous donner l'habitude d'appeler dii même nom deux cl^oses, entre lesquelles il existe un rapport, noiis sommes plus près de croire qu'elles sont une seulo et même chose.

Voyons maintenant ce que signifie proprement le mot impression, et jusqu'à quel point il convient, soit aux opérations de l'esprit , soit aux objets de ces opérations.

Lorsqu'une figure est gravée sur un corps par la pression, on la nomme impression: telle est rimpresslon du cachet sur la cire, et des caractères d'imprimerie sur le papier. Yoilà le sens littéral du mot ; l'effet emprunte son nom de la cause qui le .produit. La métaphore ou l'analogie étendent ensuite le sens primitif de ce mot, comme elles le font de tant d'autres, et on l'emploie pour désigner généralement tout changement produit dans un corps par l'action d'une cause étrangère. Un coup de pied ne fait point d! impression sur un rempart; mais une batterie de canon en produit une. La lune agit sur l'Océan ; mais elle ne fait aucurie impression sur l'eau des rivières ou des lacs.

Lorsqu'on parle di impressions faites sur l'esprit, le mot est empoité bien plus loin de sa signification primitive ; et cependant l'usage , arbitre souverain des langues, autorise cette application. Ainsi nous disons que les avertissements et les reproches ne font aucune impression sur les esprits endurcis dans leurs mauvaises habitudes. Nous disons encore qu'un discours bien ou mal prononcé fait une forte impression sur ceux qui l'entendent , ou qu'il n'en fait aucune.

On voit, par ces exemples, que les impressions produites sur l'esprit impliquent toujours un changement de dessein ou de volonté, une dispositioii nouvelle introduite, une disposition ancienne modifiée, des passions excitées ou apaisées. On dit de la persuasion, de l'exemple et des causes extérieures quelconques qui produisent de tels changements, qu'elles font une impression sur l'esprit; mais quand une chose est simplement perçue ou conçue, et qu'elle n'excite en nous ni passioli ni émotion , on dit qu'elle ne produit aucune impression.

Dans le sens le plus étendu, l'impression est un chan-

EXPLICATION DES MOTS. 4l

gement produit dans un sujet passif par l'action d'une cause étrangère. Qu'un être actif produise quelque changement en lui-même, ce changement ne prend jamais le nom di impression ; ce changement est un acte , une opération de l'être lui-même , et non point une impression faite sur lui. Quand nous appelons impression un effet produit sur Tesprit, c'est que l'esprit n'a aucune part à l'action qui le produit. Si voir, entendre, désirer, vouloir, sont des actes de l'esprit, ce ne sont pas des impressions , et si ce sont des impressions , ce ne sont pas des actes de l'esprit; or les noms que les langues donnent à ces faits prouvent qu'on les a toujours en^ visages comme des actes de l'esprit; les appeler impressionSj c'est donc faire violence, non pas à une langue, mais à toutes les langues.

Si le mot impression ne convient point aux opérations de l'esprit, il convient bien moins encore aux objets de ces opérations. Que penserait-on d'un homme qui dirait que le soleil, la terre, la mer, sont des impressions ?

On croit communément qu'une langue , pourvu qu'elle soit assez riche en mots, peut exprimer indifféremment toutes les opinions, qu'elles soient, vraies ou qu'elles soient fausses. Il me «emble, toutefois, que cette règle générale souffre une exception qui mérite d'être remarquée. Il y a certaines opinions communes à tout le genre humain , sur lesquelles la grammaire de toutes les langues est fondée. L'identité de ces opinions a dû produire, et a produit en effet , de grandes similitudes dans toutes les langues que l'on rencontre sur la surface de la terre. Il n'en est point où l'on ne trouve les mêmes parties du discours , la distinction des noms, et des verbes , celle des noms en adjectifs et substantifs , celle des verbes en actifs et passifs ; il n'en est point où les verbes ne comprennent

4à ESSAI I. CHAPITRE 1.

les mêmes temps, les mêmes modes, les mêmes personnes et les mêmes nombres. Il y a des règles générales de syntaxe qui sont également communes à toutes les langues. Ces similitudes témoignent de l'universalité de certaines opinions qui servent de base à la constitution des laa<» gués.

Supposons un peuple qui pensât que ce que nous appelons attribut peut exister sans un sujet, il n'y aurait dans sa langue aucune distinction entre les adjectif et les substantifs; et ce principe, qu'un adjectif implique toujours un substantif, n'existerait point dans sa grammaire. Imaginons un autre peuple qui ne mettrait aucune diffé* renée entre agir et être l'objet d*une action , sa langue n'établirait aucune distinction entré les verbes actifs et passifs, et sa grammaire n'admettrait pas que l'agent de tout verbe actif doit être au nominatif, et celui de tout verbe passif à un cas pblique.

La ^constitution de toutes les langues est fondée sur des notions communes à tous les hommes , que la philosophie de Hume attaque et s'efforce de détruire ; voilà pourquoi il est obligé de dénaturer la langue commune pour lui faire exprimer ses principes. Nous devons attendre, pour l'imiter , que la solidité de ses principe^ nous soit démontrée.

12. Le mot sensation est le nom donné par les philophes à un acte de l'esprit, qui diffère' de tous les autres, en ce qu'il n'a point d'objet distinct de lui-même. La douleur est unie sensation désagréable : quand je l'éprouve, je ne saurais dire qu'elle soit une chose, et que le fait de la sentir en soit une autre; la douleur et le sentiment que j'en ai sont une seule et même chose, et l'imagination même ne peut les séparer. La douleur , quand elle n'est pas sentie, n'existe pas: en nature , on degré , en durée ,,

elle est'telle que nous la sentons.; elle ne peut exister par elle-même, ni ailleurs que dans un être sensible; aucune qualité des êtres inanimés n'a la moindre analogie avec elle» V Ce que nous avons dit de la douleur s'applique à toutes les sensations. Quelques-unes sont désagréables , d'autres agréables, à différens degrés ; comme telles, elles de* viennent des objets de désir ou d'aversion, et attirent notre attention; mais beaucoup sont indifférentes, et nous les remarquons si peu, qu'elles n'ont de noms dans aucune langue.

La plupart des opérations de l'esprit qui ont un nom dans le langage ordinaire, sont complexes ou, ce qui revient au même, formées d'actes plus simples ; nous sommes obligés de séparer par l'abstraction ces actes simples, pour acquérir une notion distincte et scientifique de l'opération complexe, et la sensation est presque toujours un de ses éléments. Ceux qui méc*onnaissent la nature complexe de pareilles opérations sont sujets à les résoudre dans l'un des actes simples qui les composent, en omettant les autres : de là sont nées beaucoup de disputes et beaucoup d'erreurs sur la nature des opérations de l'esprit.

La perception des objets extérieurs est accompagnée d'une sensation correspondant à l'objet perçu, et dans plusieurs cas, ces sensations ont dans toutes les langues le même nom que l'objet à la perception duquel elles sont constamment mêlées. La difficulté de séparer des choses sî invariablement unies dans l'ordre de la nature , et qui, de plus, sont désignées par le même nom dans toutes les langues, a été pareillement la source d'un grand nombre d'erreurs dans la philosophie de l'esprit humain. Pour les éviter , rien n'est plus important que de se faire une notion précise de cet acte simple de l'esprit, que

Il y a donc des principes universels qui sont la base de tout raisonnement et de toute science. Ces principes admettent rarement une preuve directe ; ils n'en ont pas besoin. On ne les enseigne point aux hommes ; tous les connaissent, ou les acceptent aussitôt qu'ils leur sont proposés et qu'ils les comprennent.

De pareils principes, quand on les emploie dans la science, s'appellent axiomes; et s'il n'est pas absolument indispensable, il est au moins très- utile d'indiquer les axiomes sur lesquels une science est fondée.

Ainsi, les mathématiciens, avant de rien prouver, posent certains principes généraux, sur lesquels ils appuient leurs raisonnements. £t quoique ces axiomes soient des vérités que tout le monde connaît, comme , par exemple, que le tout est plus grand qu'une de ses parties y que des quantités égales ajoutées à des quantités égales font des sommes égales , il semble cependant que les propositions , dont on voit la preuve tout entière reposer sur de pareils principes, en soient plus Certaine3 et plus inaccessibles au doute et à la dispute.

Les autres sciences ont, comme les mathématiques, un petit nombre de principes généraux sur lesquels elles reposent, et dans lesquels elles peuvent se résoudre. La détermination de ces principes servirait à apprécier la valeur et la portée des conclusions que la science en déduit : car si les principes sont certains , les conclusions légitimes qu'on en tire sont également certaines; s'ils ne sont que probables, les conclusions ne s'élèvent pas audessus de la probabilité; s'ils sont faux, douteux, ou obscurs, l'édifice dont ils sont la base n'a aucune solidité.

Le grand Newton a donné Un exemple bien digne d'imitation en posant les axiomes ou principes fondamentaux de la Philosophie naturelle. Avaiit lui , les raisonnements

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