‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 4)Chapitre 6 sur 77 · PRINCIPES PRIS POUR ACCORDÉS · texte numérisé non relu

PRINCIPES PRIS POUR ACCORDÉS

car celui qui connaît doit connaître quelque chose ; et le connaître sans le connu ^ est une absurdité trop grossière pour mériter d'être réfutée.

7, Je dois également prendre pour accordées , et considérer comme premiers principes , les vérités universjetlement consenties par les savants et ïes ignorants, chez tous les peuples, et à toutes les époques. L!erreur étant infinie et la vérité une , le consentement universel des hommes sur un point est une autorité du plus grand poids, jusqu'à ce qu'on ait découvert et démontré qu'il est fondé sur un préjugé également universel, et qui devait le produire. Il y a plusieurs vérités si immédiates aux facultés humaines, qu'à leur égard l'accord universel de tous les hommes n'a rien que de naturel. Aussi voit-on que ces vérités l'ont obtenu , sauf peut-être l'opposition de quelques philosophes sceptiques, dont on peut, sans injustice, attribuer le dissentiment à l'orgueil, à l'obstination ou à quelque passion favorite. Quand des çhpçej? qui ne sont ni cachées ni compliquées , mais qui se manifestent , pour ainsi dire , au premier coup-d'œil , obr tiennent de la sorte un assentiment universel, cet assentir ment a bien l'air d'être le jugement naturel des facultés humaines, et il doit alors avoir un grand poids sur tout esprit bien fait et qui aime la. vérité. Major enim pars ea fere deferri solet quo à natura deducitur '.

On dira peut-être qu'il est impossible de rçcweillir le^s opinions de tous les hommes sur quelque point que ce soit, et que par conséquent cette maxime ne peut êtrç d'aucune utilité; mais dans plusieurs cas, il est difficile d'apercevoir cette prétejidue impossibilité. Et, par exem,ple, qui peut douter que. le genre humain n'ait cru dan^

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