‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 4)Chapitre 7 sur 77 · I. Ci«. deoff. ï, 4t · texte numérisé non relu

I. Ci«. deoff. ï, 4t

54 ESSAI U CHAPITEE II.

tous les temps à l'existence d'un monde extérieur^ et 9 la réalité des choses que nous voyons et que nous touGhon& ? Qui peut douter qu'il n'ait universellement admis que toute chose qui commence d'exister ou que tout cha.agement qui arrive dans la nature , doit avoir une pause ? N'est-il pas également évident que dans tous les temps on a distingué de bonnes et de mauvaises actioQs., et pie&sé qu'il y a des choses qui doivent être faites, d'autres évitées ? L'universalité de ces opinions et de beaucoup d'a^jitres nous est suffisamment attestéje, et par la conduite àfis hommes que nous connaissor^s, et par le témoignage^ Wiir forme de l'histoire de tous les temps et de tous les pays.

Il est d'autres opinions dont l'universalité ressort d<3 ce qu'il y a de commun daos la structure de toutes les langues anciennes et modernes , polies et barbares. Les langues sont l'image fidèle de la pensée humaine; et de Ti-^ mage^ nous pouvons tirer plus d'une induction certaine sur l'original. Elles nous offrent tputes les mêmes parties, du discours, des noms substantifs et adjectifs,, des. ver^ bes actifs et passifs modifiés en temps passés, présents et futurs, des adverbes , des prépositions, des conjonctions ; il y a de même des règles générales de syntaxe commun^^ à toutes : cette uniformité dans la constitution des langues prouve l'uniformité des notions qui ont présidé à leur formation.

Nous trouvons, dans toutes les langues, la distinction de l'actif et du passif, celle de l'action et de l'agent, celle de la qualité et du sujet, et d'autres encore: ce qui iiiontre que ces distinctions sont fondées sur le sentiment universel du genre humain. Nous aurons souvent occasion d'invoquer ce sentiment universel du genre huniçiin,. révélé dans la constitution des langues ;. c'est pourquoi nous avons dû faire remarquer ici la valeur dp cet argument.

PRII^CIWS PRIS POUR ACCORDÉS. 55

8. A peine ai*je besoin de dire que je prends aussi pour accordés les faits attestés à la conviction de tous les hommes raisonnables, ou par les sens, ou par la mémoire, ou par le témoignage de nos semblables. Ce n'est pas que l'autorité des sens, de la mémoire et do toutes les facultés humaines, n'ait été révoquée en doute par quelques philosophes ; mais comme dans la conduite de la vie , nous ne les voyons pas accorder moins de confiance que le reste des hommes au témoignage de leurs sens et de leurs autres facultés, ils nous donnent un juste sujet de douter de la bonne foi du scepticisme qu'ils professent.

En effet, le destin du petit 'nombre de ceux qui ont professé le scepticisme a toujours été, après^aroir fait rage pour décréditer leurs sens , de se trouver y après tout, dans la nécessité d'y croire. Hume a eu la franchise d'en convenir ; et ce fait n'est pas moins vrai pour ceux qui n'ont pas montré la même sincérité. Je n'ai jamais entendu dire qu'qn sceptique eût donné de la tête contre les murs, ou marché dans le ruisseau pour n'avoir pas cru à ses yeux.

Je reconnais, du reste, qu'on doit prendre garde de no pas adopter , comme premiers principes, des opinions qui n'auraient point de droit à un tçl titre 5 bien qu^après. touU II y ait peu de danger d'en imposer, quand de tels, principes sont ouvertement donnés pour tels, et par-, là même franchement soumis à l'examen de ceux qui, peuvent contester leur autorité. Nous ne prétendons pas, que les maximes posées comme premiers principes ne puissent pas être examinées,, ni qu'on doive fermer l'oreille aux raisons qu'on peut opposer à leur admission. Agissons à leur égard comme des juges .équitables à l'égard d'un témoin qui a toujours fait preuve d'un Carac-

tère houorable r ils ajoutent foi à sa dépositioB, tant que sa probit<^ n'est point mise en question ; mais s'il est prouvé .qu'il se soit laissé suborner, ou qu'il parle sous l'influence de quelque passion, son témoignage perd, tout crédit, et c'est à bon droit qu'on, le récuse..

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