‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 4)Chapitre 61 sur 77 · EXPOSITION DU SYSTÈME DE DESCARTES · texte numérisé non relu

EXPOSITION DU SYSTÈME DE DESCARTES

il se hâte de définir cette réalité quil vient de sauver <la doute universel , et c'est ici qu'il sépare admirablement les attributs 'qui , dans l'homme , appartiennent au corps où en dépendent, de ceux qui n'appartiennent qu'à l'esprit. L'existence des premiers n'est point certaine, puisque le corps est en question; mais les autres sont indubitables., puisqu'ils sont la propriété exclusive de ce qui pense.

« Que suis-je , dit Descartes ? Une chose qui pense, a Qu'est-ce qu'une chose qui pense? C'est une chose qui « doute, qui entend, qui conçoit, qui affirme , qui nie, <c qui veut , qui ne veut pas , qui imagine aussi et qui sent. »

Mais puisque Descartes croit fermement à la vérité de cette première connaissance , ne peut-il pas recueillir de cette expérience « ce qui est requis pour le rendre certain « de quelque chose » ? Oui , sans doute; et il trouve « que « rien ne l'assure de la vérité de cette première connais- « sance que la claire et distincte perception de ce qu'elle « contient. » D'oîi il conclut cette règle générale célèbre, « que toutes les choses que nous concevons fort claire- )x ment et fort distinctement sont toutes vraies. » Et il s'efforce de montrer que les conceptions qu'il a de$ choses extérieures n'ont point la clarté de la conception qu'il a de sa pensée.

Telle est la base de Descartes. C'est maintenant du fait de sa pensée qu'il va déduire toutes les autres existences.

III. Celle de Dieu est la première qui l'occupe; voici comment il la prouve.

(( I^s idées ou images des choses qui sont en nous , <t considérées en elles-mêmes et en tant qu'on ne les rapporte

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rc point à quelque autre chose, ne sont ui vraies m\ fausses. » L'erreur ne peut donc se rencontrer que dans nos jugements; (c et la principale qui puisse s'y rpiwxjntrer concc siste en ce que nous jugeons que les idées qui sont en ce nous sont semblables ou conformes à des choses qui sont « hors de nous. » Si donc nous avions un moyen de ujous assurer que les choses représentées par les idées existppt réellement 9 nous sortirions d'incertitude sur l'existence de ces choses.

C'est ce moyen que cherche Despartes , et il le trouve dans les deux principes suivants :

I • Toute idée a une cause.

^^ « Il doit y avoir pour le moins autant d^ réalité fos- « melle ou cminente dans la cause efficient^ de l'idée qu'il a y a de réalité objective dans l'idée elle-même. )>

Expliquons le sens de ce dernier principe. Une lettre de change ne contient pas la réalité de la soniipe qu'elle représente; cette comme n'est réellement que dans la caisse du banquier. Toutefois , la lettre cje chyange contient la somme d'une certaine manière, puisqu'elle en • tient heu. Cette son^me est encore contenue ailleurs d'une autre façon ; elle est virtuellement dans le crédit du banquier qui a souscrit la lettre. Si l'on voulait e3i^primer ces différences dans la langue de Descartes , on dirait, que la somme est contenue Jbrmellement dans la caisse du banquier, objectwement dans la lettre de change qu'il a souscrite, et éminemment Adin^ le crédit qui lui a donné le pouvoir de la souscrire; et qu'ainsi, la caisse contient la vé^xié formelle de la somme , la lettre de change

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