‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiéesChapitre 11 sur 67 · CHAPITRE III. DU GOOT · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. DU GOOT

palais, les papilles des glandes uvulaires, le gosier, etc. Toutes ces diversités^, et d'autres encore, sont signalées par le savant et laborieux écrivain que j'ai cité; et il éclaircit chaque cas par plusieurs exemples. Il serait à souhaiter qu'on examinât les odeurs avec autant de soin et d'exactitude; il est à crofre qu'on y trouverait une aussi grande variété.

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SECTION I

VARIÉTÉ QES SOH5;'LEUa DISTANCE ET LEUE PLAGE COHirtTES PAE LA COUTUME, ET NON PAR LE RAISONNEMENT.

Les sons n'offrent peut-être pas moins de variëlé dans leurs modifications, que les saveurs et les odeurs. Ils diffèrent et paiv.le ton, et par l'intensitëé L'oreille est capable de percevoir dans le son quatre ou cinq cents variations de ton et probablement un nombre égal de degrés d'in-^ tensité. C'est en combinant ces diversités que nous trouvons plus de vingt mille sons simples qui diffèrent soit 4ansle ton soit dans l'intensité, en supposant chacpie ton parfait. Mais. il^ faut observer que la production d'un ton parfait implique un grand nombre d'ondulations , qui doivent être toutes d'une égale durée , d'une égale étendue , et se suivre l'une l'autre avec une régularité parfaite. Il faut encore que chaque ondulation résulte de l'action :et de la réaction d'une infinité de particules d'iiir élastique, dont les mouvements soient isochrones, et tous uniformes dans leur force et leur direction. Pac là nous pouvonsaisément conce voir une ^prodigieuse quantité de variations du même ton, provenant des irrégularités dont il est susceptible, et qui sontoocasionées par la constitution du corps sonore, sa figure, sa situation, ou la manière dont il est frappé;par la llature du milieu élastique, ou le

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dérangement de ses parties que d'autres mouvements peuvent agiter; enfin par la constitution de l'oreille ellemême qui reçoit l'impression.

La flûte, le violon, le hautbois et te cor- de -chasse peuvent tous faire, entendre un même ton, et cependant ce ton sera aisé à distinguer ; celui du Violon par exemplene sera point le même <}ue celui de la flûte. Bien plus, si vingt ou trente voix émettaient toutes la même note , et avec une intensité égale , on y apercevrait encore de la difFérence. La même voix , outre le timbre qui lui est propre, peut encore être modifiée de mille manières par la maladie ou la santé , la vieillesse ou la jeunesse, la maigreur ou l'embonpoint du corps, la dispositipn triste ou ...joyeuse de l'esprit. Les mêmes mots prononcés p^ir des étrangers et par les naturels d'un pays, ou par les personnes du même pays mais d'une, province différente, ne sonnent point de la même manière.

Cette immense variété de sensations d'odeur , de saveuri^ de son, ne nous a pas été donnée en vain et sans, quelque dessein particulier. Ce sont des signes aux-, quels nous connaissons et distinguons les choses qui sont hors de nous : il était naturel que la variété des signes., répondît en quelque sorte à la variété des choses qu'ils, devaient désigner.

Il paraît que c'est l'expérience qui nous apprend à. distinguer le lieu des. corps et leur nature par le moyen^ des sons qu'ils produisent. Tel bruit se fait dans la rue, tel autre dans la maison : Tun m'annonce quelqu'un qui frappe à la porte ^ l'autre quelqu'un q^ui monte l'escalier; tout cela est probablement le fruif: de l'expérience. Je me rappelle qu'un jour étant couché, je fus saisi d'une firayeur soudaine ; mon cœur se mit à battre si violem-

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