‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiéesChapitre 29 sur 67 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

Si différentes figures se présentaient à sa vue, il pourrait sans doute, lorsqu'elles lui seraient devenues familières, les comparer ensemble et connaître eu quoi elles res* semblent et en quoi elles diffèrent. Il pourrait encore . s'apercevoir que les objets visibles ont de la longueur et de la largeur; mais il n'aurait pas plus d'idée de^jèa troisième dimension que nous n'en avons d'une quatrième. Tous les objets visibles lui paraîtraient terminés par des lignes ou droites ou courbes; et les objets terminés par les mêmes lignes visibles occuperaient le même lieu, et rempliraient la même partie de l'espace visible. Il ne lui serait pas possible de concevoir qu'un objet pût être derrière un autre, ni que de deux objets l'un pût être plus près et l'autre plus loin de lui.

Pour nous qui concevons les trois aitnensions, il nous est facile d'imaginer une première ligne absolument droite; une seconde courbe dans une dimension et droite dans une autre; enfin une troisième courbe Jans deux dimensions. Supposons une ligne tirée de haut en bas; sa longueur est une première dimension; mais elle en a deux autres encore suivant lesquelles elle peut être droite ou courbe. D'abor;d elle peut être courbée du côté droit ou du coté gauche , et si elle ne l'est point dans un de ces deux sens, elle sera droite dans sa largeur. Mais en la supposant droite dans sa largeur, c'est-à-dire n'inclinant ni de gauche à droite ni de droite à gauche, il reste encore une autre dimension selon laquelle elle peut être courbe; car elle peiit l'être en avant ou en arrière. Lorsque nous concevons une ligne droite tangible , nous excluons, par là même, l'idée qu'elle soit courbe dans ces deux dernières dimensions. Or, comme les idées que nous excluons d'une chose sont aussi réellement conçues que celles que nous y comprenons, il s'ensuit que les trois di^-

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