‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiéesChapitre 33 sur 67 · II · texte numérisé non relu

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mO CHAPITRE VI. — SECTION XI.

malgré ce renversement de leurs images dans l'œil ? Kepler en donne pour raison que, comme les rayons partis des divers points de l'objet visible se croisent avant de tomber sur la rétine, nous concluons que l'impression que nous sentons sur la partie, inférieure de la rétine vient d'en haut, et que celle qui est faite sur la partie supérieure vient d'en bas, en sorte que l'objet se trouve redressé dans l'esprit.

Descartes adopta ce raisonnement de Kepler et ne donna pas une autre solution du problème; il la rendit seulement plus plausible en alléguant que, lorsque nous touchons un objet avec les deux mains croisées ou avec deux bâtons croisés, nous rapportons à la gauche ce que touche notre main droite, et à la droite ce que touche notre main gauche.

Cependant , je ne crois pas qu'il soit possible de se contenter de cette solution. En premier lieu, elle suppose que nous ne voyons les objets dans leur position naturelle que par un raisonnement déduit de certaines prémisses ; tandis qu'au contraire il parait que cette vue est une perception immédiate. En second lieu , il est sûr que les prémisses, dont on suppose que tout le genre humain tire cette conclusion , ne sont jamais entrées dans l'esprit de la plus grande partie des hommes , et leur sont toutà-fait inconnues; car nous n'avons certainement ni le sentiment, ni la perception de ces images sur la rétine, et encore moins l'idée de leur position renversée. Pour voir les objets droits, suivant les principes de Descartes et de Kepler, il faut qufe nous sachions préalablement, d'abord que les rayons de lumière arrivent de chaque point de l'objet à l'ceil en droite ligne; ensuite, que ces rayons se croisent en traversant la cornée avant de parvenir à la rétine; enfin , que les images qu'ils forment sont réelle-

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