‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiéesChapitre 40 sur 67 · POURQUOI NOUS VOYONS LES OBJETS DROITS · texte numérisé non relu

POURQUOI NOUS VOYONS LES OBJETS DROITS

trous y puissent entrer à la fois dans la prunelle; alors vous aurez un phénomène fort curieux : avec un seul œil; vous verrez Tobjet triple. Si votre prunelle est d'un diamètre plus grand que cette ligne, vous pourrez ajouter deux ou trois trous de plus , tant que s'étendra votre prunelle , et vous verrez autant d'objets que vous aurez de trous. Mais n'en supposons que trois, un a droite , un au milieu, et l'antre à ^uche : nous voyons dans ce cas tt^is objets placés sur une ligne tirée de gauclie à droite.

G» remarquera que dans cette expérience il se formetrois images sur la rétine; Tune à gauche, qui est formée par leà rayons qui passent à gauche du centre de Toeil; l'autre'au milieu , qui est formée par les rayons du centre même; et l'autre à droite, qui est formée jmit les; rayons qui passent à droite" de ce centre. On remarquera* de plus que l'objet qui paraît à droite n'est point celui^ qu'on voit à travers le trou de la droite, mais celui ^e l'on voit' par le trou de ta gauche. Il en e^ -de même dé; l'objet qui paraît à gauche; ou le voit par le trou de. là droite, coinme il ^st aisé de s'en tconvaihcre en bouchant successivement les trous. Dbîiil suit que, quelle que soit la direction des rayons qui forment les images de Pobjet sur la gauche du sur la droite de la rétine ^ il arrive' tou-». jours que l'image qui est Sur la gauche i^eprésente l'objet: qui esta droite, et celle qui est à droite l'objet qtû estai gauche.

Quatrième expérience.

Il est aisé de voir que les deux dernières expériences peuvent être répétées en plaçant l'objet au-delà des limites de la vision distincte. Afin dje voir l'effet de cette expérience, je plaçai une chandelle à dix pieds de distance , et je mis le verre de mes lunettes derrière la carte, pour que les

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rayoBs, ea par^aut de l'objet, pusseat ae rencontrer é^ se croiser avant qu'ils tombassent sur la rétine. Dans oette expérience^ comme dans la précédente , je vis trois chan* délies au travers des trois trous, avec cette différence t]pie la chandelle de la idroÂte était vue à travers le trou de la droite , et celle de la gauche à travers le trou de la gaudiet UeSié évident^ d'après les principes de l'optique, que dana cette expérience les rayons , qui forment les différentes images sur la rétine , se creusent un peu avant de l'at* teindre^ Par cooséquent l'image , qui vient se peindnr sur la gauche de la rétine , est formée par les rayons qui tran versent le trou de la droite de la carte; en sorte que la position des images eil contraire à cdle des trdus par oii passent les rayons qui les produisent , et contraire aussî^ par sjuite^ à ocUe de leurs objets, comme noua l'aivons vu dans les premières expériences.

Çe& différentes exp^icnces nous préaeateni plusîseurs phénomènes, touchant la position appacente et la dinsotian des objets visibles, qui sont p^ comnmnfr, et qui ânUblent toutià-iiit contraires aisx lois* erdtaaives. de la visi^tu Lorscpie nous regardons en mâme. teti^ à tra^ ^iNMra les trois trous, placés sisr upo m^e ligne droit» et à quelque «Bstanœ Tua dé l'autre , il semble q»^ les oi^ jet^vus par centrons devraient toujours ^ous pavaîb^ a une eevtfiinci distance les uns des autres. O résislte, cependant^ de la première expérience (où l'objet est à dixhuit pouces) que les trois trous npus x^iontrent le même objet et le même point de cet objet ; et qu'au travers des trois trous il noua paraît dans la pême place et dans, la même direction.

Locsque ka rayons de lumi^ viennent en droite ligue de l'objet à l'œil, sans éprouver ni réflexion, ni in*> flexion; , ai réfraction, il semble que l'objet doit toujours

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paraître dans sa (direction propre et rcieUe par rapport h ïœil; et à la vérité c'est ce cpi arrive communéinent. ]Et toutefois dans la seconde ^ la troisième et la quatrième expériences , opus voyons l'ol^ijet dans unie direction qui n'çst point la vépt^ble ^ f'elativement à Fqeii, quoique les rayons arrivent de f'objet à l'œil sans avqir subi ni inflexion^ ni réflexion , ni réfraction quelconque.

Lorsque l'oeil et l'objet ^ont tous les mobiles, et que le milieu n'éprouve j tioo ^ il semble que l'objet doit paraître bile et fixé à la même place. Néanmoin: et dafis la quatrième expérience^ où l'c immobiles et où le milieu ne change i mouyoir l'apparepce de Tpbjetdu hauf i à droite^ et dapis toutes les direp(ions q

Lorsque nojis reg[ardoas e^ iflême même œil ^ ,^ travers plu^iaurç trp4§ qqi sox^t sur ui^e seule li^ne horizpQt^I(^.^ç droite ^ ^ai;iclie, il semble que l'objet vu à travers le trou de h g^Mçhe devrait paraître à gauche, et c[ue i4e niêmç rpbjrt yi? p^r le troq de Ifi droite devrait paraître à droite. Ç^^nd^^t la troîsièpa^ expérie | a|)^j[^Ine^t contraire.

Bieji c^^ Q^ voie double ?ivec le*

deux y< î , qjj^ croirait qu'i| est impos.T

s jble 4i qvs^ad 9« up regarde qu'avw

uu œil 1^ et \^ q^^triè^)e expéri^pe^

ppus II jet viji dpu^^te , f ripie ç% qq^-

druple avec un seul œil , sans l'intermédiaire fl'uxi verra à facettes.

Tçus ces phpnomènes rarps, tpuchant J^ djreçtioa dest p^iets visil^fes relativenipnt à l'œil , qpus rfunènent , çpj^vf\^ Iç? plus yqlgaires , ^ la Ipi (Je la nature que j'ai signalée ; car ils n'en $ont qvie les cpAséqvieuçes néces-

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saires. Et , comme il u'est pas présumabie que nous puissions jamais dire pourquoi les images imprimées sur la rétine nous font voir les objets extérieurs , plutôt que les mêmes images peintes sur la main ou sur le visage ; ou pourquoi nous voyons toujours l'objet dans la direction d'une ligne allant de son image sur la rétine au centre de l'œil, plutôt que dans une autre direction , j'incline à croire que nous devons regarder cette loi comme une loi première de notre constitution.

Afin de prévenir toute méprise et tout malentendu, je prie le lecteur de vouloir bien observer que je ne prétends pas affirmer que les images imprimées sur la rétine nous feront voir l'objet dans la direction mentionnée ou dans toute autre , quel que soit l'état, du nerf optique et des autres instruments immédiats de la vision. Nous ne savons pas bien quel est l'office du nerf optique dans la vision, ni de quelle manière il s'en acquitté; mais il y a probablement quelque part, puisque dsins tamaurosis , que l'on regarde comme une maladie du nerf optique, les images sur la rétine sont claires et distinctes, et cependant il n'y a point de vision. . '

Nous connaissons encore n s fonctions

de là choroïde; et cependant ment con-

courir à la vision. Car il est les images

peintes sur la partie de la rét revêtue de

la choroïde, c'est-à-dire à Vi ptique, ne

produisent pas plus la vision li tombent

sur la main.

Nous reconnaissons donc que la rétine n'est pas l'organe le plus immédiat de la vision , ni le dernier, c'est-àdire le plus voisin de l'esprit. Il y en a d'autres dont la coopération est nécessaire , même après que les images ont été formées sur la rétine. Si jamais nous venons à dé-

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