On doit examiner si les axes des deux yeUx se sui- II
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vent de telle sorte l'un Fautre qu'ils aient toujoui^ la meniè inclinaison, ou ce qui revient au même, qu'ils fassent toujours le même angle, soit que la personne regardé à droite ou à gauche, en haut ou en bas , ou directement devant elle. Cette observation est de nature à décider si le strabisme est l'effet de quelque vice dans les muscles qui produisent les mouvements de l'œil, ainsi que quelques physiciens l'ont imaginé. Nous supposons dans les articles suivants, que l'inclinaison des deux axes des yeux est tou« jours la même.
4. On doit s'assurer si la personne qui louche voit l'objet simple ou double.
Si elle voit l'objet double, et si les deux apparences ont une distance angulaire égale à l'angle que les axes de ses yeux fout l'un avec l'autre, on peut en conclure qu'il existe dans les rétines de cette personne des points correspondants, et que ces points ont dans ses yeux la même situation que dans ceux d^ personnes qui ne louchent p^s. Si au contraire les deux apparences avaient un^- distance angulaire coqstaqte , mais manifestement plus grande ou plus petite que l'angle formé par les axes optiques, il s'ensuivrait que les points correspondants dans les rétines , n'anraient -pas la même situation que dans celles des personnes qui np louchent pas. Mais il est fort difficile d'apprécier avec exactitude l'angle formé par les axes optiqvies.
Un strabisme assez faible pour qu'on ne le rcsBarque pas ^ peut cependant produire la double vision ; car à parler strictement, tous ceux dont les axes visuels ne se rencontrent pas précisément sur le point de l'objpt qu'ils regardent, louchent plus ou moins. Si un homme par exemple a le pouvoir de diriger parallèlement les axes de ses yeux, Sians avoir à ^ucun degré celui de les faire
btJ STUABI^ME CONSIDÉRi HYPOTHÉTIQUEMENT. aS^
(converger, il louchera un peu en regardant les objets rapprochés, et les verra doubles, tandis qu'il verra sim- ^ pies les objets éloignés. Si au contraire les axes optiques d'un homme convergent habituellement de manière à se rencontrer à huit ou dix pieds au plus de distance^ cet homme verra simples les objets rapprochés, mais lorsqu'il regardera les objets très éloignés il louchera un peu, et les verra doubles.
Le jésuite Aguillon donne un exemple qui confirme ce que nous venons de dire*, tl rapporte qu'il a vu un jeune homme qui voyait simples tes objets rapprochés , et doubles les objets éloignés.
Le docteur Briggs*,qui avait recueilli dans différents auteurs plusieurs exemples de la double vision, cite celui du jésuite Aguillon comme le phis étonnant et le plus inexplicable de tous , au point qu'il soupçonne le jeune homme de mensonge. Mais il suffit de connaître les lois qui déterminent la double et la simple vision, pour ne point partager cet étonnement , et pour reconnaître ^ns ce phénomène l'effet naturel d'un très léger strabisme.
Toutes les fois que les deux apparences sont vues à une petite distance angulaire , la «double vision peut provenir d'un léger strabisme, bien que ce strabisme ne soit point sensible; et dans les nombreux exemples de doHbté vision rapportés par les aulteurs, je ne m'en rap* pelle aucun où l'on ait songé à rendre compte de la di-. slahce angulaire» des apparences.
Dans presque tous les cas de double visiour^ il y a lied de ;soupçonner l'existence d'un strabisme accic^BUtel^ or-* dtnairemedt causé par l'une ou l'autre des circonstances
* Dans son Optique, » Noptt mlonis Tk^orût:
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suivantes : l'approche de la mort ou d'une dëfaillance; Fivresse ou quelque autre excès ; un violent mal de tête ; une inflammation cérébrale; l'usage de fumer; quelque coup ou -quelque blessure à la tête. Dans tous ces cas^ il y a lieu de croire à une déviation du parallélisme des yeux , causée par le spasme ou la paralysie des muscles qui les font mouvoir. Mais quoiqu'il soit probable qu'il y a toujours un strabisme plus ou moins prononcé dans tous les cas de double vision , il est certain qu'il n'y a pas toujours double vision là oîi il y a strabisme. Je ne con« nais aucun exemple de double vision qui ait (^uré pendant toute la vie , ni même pendant un grand nombre d'années. Nous supposerons donc, dans les articles suivants, que la personne qui louche voit les objets simples. 5. Un point qu'il faut encore constater, c'est si l'objet est vu avec les deux yeux en même temps, ou seulement avec celui des deux dont l'axe est dirigé vers lui. Tous les auteurs qui ont écrit sur le strabisme avant le docteur Jurin , ont regardé comme une chose incontestable que ceux qui louchent voient ordinairement les objets simples avec les deux yeux en même temps; et cependant je ne connais pas un fait avancé par personne à l'appui de cette assertion. Le docteur Jurin est d'une opinion contraire à celle de ces auteurs. La question est aussi aisée à décider qu'elle est importante ; il sufEt de l'expérience suivante qui est très simple. Tandis que la personne qui louche regarde fixement un objet, remarquez attentivement la direction de ses deux yeux , et observez exactement leurs mouvemedts ; ensuite prenez un corps opaque quelconque que vous mettrez successivement entre l'objet et chacun des deux yeux; si la personne qui louche, nonobstant cette interposition du corps opaque et sans qu'elle change la direct ipn de ses yeux, ne cesse pas un moment