ANALOGIE ENTRE LA PERCEPTION ET LE TÉMOIGNAGE
par la aature ; aous découvrons cette conBexiou par Texpériçnce, m^is avec raicj^ des perceptions^ primitives ou des perceptions non primitivies préaJabl^ipent acquises; une fois cette çonnexipn connue , le sign^ , comtne dans la perception naturelle , suggère invariablement et la nptioh et la croyance de la chose signifiée.
Dans le langage artificiel , les signes spnt des sons articulés , dont la connexion avec les choses qu'ils désignent est établie par la volonté et le consentement des homipes j en apprenant notre langue maternelle, nous découvrpns cette connexion par l'expérience, mais nous ne la découvrons qu'avec le secpurs du langage naturel , ou de ce que nous savons déjà du langage artificiel ; une fois cette i^onnexion connue , le signe , comme dans le langage naturel , suggère invariablemept l'idée et la croyance de Ia chose signifiée.
Nos perceptions naturelles sont en petit nombre , en comparaison de nos perceptions acquises ; cependant, sans les premières, il nous serait impossible d'arriver aux secondes. Il en est de même du langage naturel : eomparé au langage artificiel, il est pauvre; cependant, sans lui, le langage artificiel n'existerait pas.
îîos perceptions primitives se résplvent dans des principes spéciaux de la constitution humaine : ainsi , c'est pn vertu de principes spétciaux de mptre constitution^ que certaine expressipn de la physionomie signifie la colère , et certaine autre la bienveillance. Pareillement c'est en vertu de principes spéciaux de notre constitution , qu'une certaine sensation signifie la dureté, et une autre Ip mouvement du corps touché.
Il n'en est pas de même des perceptions acquises , et ijes notions que nous recevons par le moyen du langage ; elles se résolvent , non dans des principes spéciaux , mais
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dans des principes généraux de la constitution humaine* îjorsqu'un peintre reconnaît que tel chef-d'œuvre est de Baphaël, et tel autre du Titien; un bijoutier, que telle pierre est un diamant et telle autre du stras ; un matefot, que tel vaisseau est de cinq cents tonneaux, et tel autre de quatre cents seulement; ces différentes perceptions acquises sont toutes produites pai* les mêmes principes généraux de la constitution humaine; seulement ces principes donnent des résultats différents dans la même personne suivant qu'ils sont différemment appliqués, et dans diverses personnes suivant la diversité de Féducation et du genre de vie. Tout de même, lorsque certains sons articulés portent à mon esprit l'idée de la bataille de Pharsale ou de celle de Pultawa, ou lorsqu'un Français et un Anglais reçoivent la même notion par des sons articulés différents , les signes employés dans ces (fifférents cas produisent la connaissance et la croyance des choses signifiées par les mêmes principes généraux de la constitution humaine.
Maintenant, si nous comparons les principes généraux qui nous rendent capables de recevoir des idées de nos semblables par le langage, et ceux qui nous rendent capables d'acquérir la perception de certaines choses par nos sens, nous trouverons ces principes entièrement semblables dans leur nature et dans leur manière d'opérer.
Quand nous commençons à apprendre notre langue maternelle, nous percevons par le secours du langage naturel , que ceux qui nous parlent emploient certains sons pour exprimer certaines choses; nous imitons ces sons lorsque nous voulons exprimer les mêmes choses, et nous trouvons que nous sommes compris.
Ici cependant se présente une difficulté qui mérite notre attention , parce que sa solution nous révèle cer-