AVERTISSEMENT SUR LE JARGON DE VILLON
Les interprétations qui suivent sont fournies en partie par une déposition du procés de la Coquille de 1455, où se trouve révélé le langage des voleurs, et par quelques passages émanés des autres témoins. Je donne ces textes en queue des Ballades. Ils ont l’inconvénient que beaucoup de mots qu'ils contiennent ne se trouvent pas dans ces dernières, tandis qu'elles en renferment quantité d’autres qu'ils n’expliquent pas. Ajoutez que le sens qu’ils assignent est parfois contredit de façon évidente par le contexte des Ballades : en sorte qu'il faut admettre au temps de Villon même, des variantes pour ces cas-là. |
A ces lumières réduites le secours d'explications rencontrées à des époques diverses, que les éditeurs ont ajouté, n’apporte qu’un appoint hasardeux et précaire, à cause des changements rapides auquels est sujette une pareille langue. Je m'en suis donc défié, non je crois sans avantage.
Un troisième secours venait du texte même, moyennant le rapprochemeut des passages lesquels s’éclairent mutuellement quelquefois. Au lieu d’avoir neuf ballades, si nous en avions cent tournant dans le même cercle et issues de même source, qui doute que le texte ne se suffit à lui-même et qu'on le pénétrerait à force de le relire, sans secours étranger? Le peu de matière offerte empêche ce résultat, sans le supprimer tout à fait. Tel quel les éditeurs en ont déjà usé. Il ne fallait que suivre leur exemple, en le portant un peu plus loin.
Ajoutez que le français qui en beaucoup d’endroits se trouve mêlé au jargon, sert assez souvent à l’éclaircir.
I. L'objet le plus souvent mentionné dans les Ballades en jargon est le gibet, châtiment et terreur des larrons dont elles expriment les sentiments. Les mots qui servent à le désigner sont:
Turterie, dont c'est le sens au mystère du Vieux Testament.
Giffie, suffisamment indiqué par le sens du v. 96. Le v. 205 le met au féminin.
Halle-grup, pareillement marqué v. 82, 83.
Banc signifie l’échafaud, v. 14.