‹ Œuvres complètes de Villon publiées avec une introduction et des notesChapitre 24 sur 270 · Tacon : martinet · texte numérisé non relu

Tacon : martinet

164 à 166. Le Bœuf couronné : enseigne. — La Vache, enseigne encore, sans doute celle qui donnait son nom à la rue Troussevache, maintenant rue de la Reynie, parce qu'un paysan la portait sur son dos, ce qui se disait trousser, en sorte qu’il faisait le troussevache. — Qui pourra : si on peut. — À Jean Trouvé laisse un tacon pour emoucher le Bœuf etc., ou la Vache, qui pourra prendre le vilain qui la trousse au cou. À Jean Trouvé je laisse un martinet pour émoucher le Bœuf etc., ou la Vache si on peut prendre le rustre qui la porte au cou.

167. S'il ne la rend : s’il ne la rend pas. Z/: le vilain; J& : la vache. — Puit : pût. Qu'on le puit pendre : puisse-t-on le pendre.

169. Le chevalier du Guet : commandant de quarante sergents qui veillaient à la sûreté de Paris. Philippe de Latour faisait cette charge alors.

170. Lui établis : je lui établis. On disait établir un legs. — Le Héaume ou

heaume : pour le faire chevalier, qualité que réclamait en général celle

charge, et que PAIENE de Latour n'avait pas. Le Heaume encore était une enseigne.

171. Aux piétons : les vingt sergents à pied entrant dans la composition du guet. — D'aguet : avec attention.

472. Élablis : étaux (Marot). — Par ces établis, Le sens échappe.

173, 174. Deux beaux rubis : pour les éclairer dans la nuit, comme on croyait que pouvaient faire ces pierres précieuses (Thuasne). La Lanterne, comme engin d'éclairage, la Pierre au lait, dont l’allusion échappe, sont les deux rubis. C'était des enseignes, dont la seconde avait fait nommer rue Pierre-au-lait. la rue cepois dite des Ecrivains près de Saint-J acques, maintenant démolie.

175. Voire : oui. — Les Trois lis : une des chambres du Châtelet (Marot). Equivoque avec lits, où il coucherait à l’aise s’il devait aller en prison.

176. Le Châtelet, Prison qui se trouvait à l’endroit de la place de ce nom.

. — En : pour au, se disait avec ce mot.

Item à PERRENET MancHAND

Qu'on dit le BATARD DE LA BARRE,

Pource qu’il est très bon marchand,

Lui laisse trois gluyons de fouarre, 180 Pour étendre dessus la terre,

A faire l’amoureux métier;

Ou il lui faudra sa vie querre,

Car il ne sait autre métier.

Item au Loup et à CHoLer 185 Je laisse à la fois un canard

Pris sur les murs, comme on soulait,

Envers les fossés sur le tard;

Et à chacun un grand tabard

De cordelier jusques aux pieds, 190 Bûche, charbon et pois au lard

Et mes houseaux sans avant-pieds.

177, 178. Perrenet ou Pierre Marchand, dit de la Barre. L'un des douze sergents à verge du Châtelet. Perrenet, diminutif familier de Pierre. — L'alusion du nom de bâtard échappe.

179. Bon marchand : marchand notable, jeu sur le nom du personnage.

Page 1