V. 93 à 96. — Les éditeurs donnent ces vers ainsi
Travail mes lubres sentiments Aiguisés comme une pelote M'ouvrit plus que tous les comments D'Averroès sus Aristote.
et expliquent que la ‘souffrance a plus fait que la philosophie pour ouvrir l'esprit du poète. Je ne puis croire chez Villon à ce lieu commun moderne : Rien nenous rend si grand qu’une grande douleur. Ce qui me paraît conforme à la satire du temps, c’est que les commentaires d’Averroës sur Atistote soient symbole de brouillamini, auquel le poète compare ses sentiments, travaillés par la fatigue et la misère. Comment trouver cela dans la phrase? Aucune des sources n'offre de secours. Travail, combattu par le seul manuscrit de l’Arsenal, paraît la bonne leçon. Ronds comme une pelote, dans l’imprimé, n'apporte nulle lumière. Le sens de cette comparaison échappe. Il échappait déjà à Marot, qui met une parenthèse en suivant l’imprimé : Aiguisa (ronds comme pelote). Toujours me paraît-il probable que sur aiguisés tombent à la fois les deux conjonctions de comparaison : comme et plus que. Plus aiguisés comme pelote que... Aiguisés serait l’attribut de sentiments, que gouvernerait pour l'y relier, au lieu d’ouvrit (que l’imprimé conteste en le remplaçant par montrent), un verbe comme rendre, dont je propose âu moins le sens.