V. 1439. — Je suis la leçon de MM. Foulet et Thuasne
V. 1453. — Ne bluteaux : leçon du Coislin, du Fauchet et du manuscrit de l’Arsenal. | |
V. 1485. — Les sources donnent d'oignons. J'ai supprimé de, qui ne peut s'expliquer. :
V. 1500. — M. Longnon imprime n'ai cause. Je suis la leçon de MM. Foulet et Thuasne.
V. 1503. — Les éditeurs donnent tous, qui ne se conçoit pas, puisqu'il n’y a que deux personnes à accorder, Vitry et Villon. Tôt
(tost) que donne le Coislin, et qu’on a omis de relever, est certai-
nement la bonne leçon. -
V. 1504. — L'imprimé donne à moi. Je suis les autres sources avec MM. Foulet et Thuasne.
V. 1509. — Le manuscrit de l’Arsenal donne lors, suivi pat ‘M. Thuasne avec un sens logique : en conséquence, qui (ce me semble) ne va pas bien ici. Hors au contraire, que donnent les autres sources, s'entend comme parodie des limitations mises aux autorisations de prêcher.
V. 1550. — M. Longnon et M. Thuasne, L'’Arsenal et le Fauchet
donnent érès beaux. Avec M. Foulet je suis la leçon du Coislin et de l’imprimé. | :
V. 1573. — L'Arsenal donne ennementes, le Coislin entementies, longtemps incompris des éditeurs, et que Gaston Paris et M. Thüasne ont enfin reconnu pour endrementes usité par Joinville et Rutebeuf, signifiant tandis. Ce devait être alors un vieux mot, que les copistes n’entendaient plus. A
V. 1574. — Les sources donnent qui ou qu’ils, qui se prenaient
aisément l’un pour l’autre. Il faut que, allant avec endrementes.
Le copiste ayant pris endrementes Lie un qualificatif de filles, a continué par qui relatif.
V. 1591. — M. Thuasne imprime sers ma dame, leçon d'un des manuscrits, comme convenant à ce qu’il pense être une imitation
du genre dit sotte chanson. Mais je ne crois pas que c’en soit une.
Je suis la leçon des autres sources.
V. 1592. — Les sources donnent ne vil. Je suis la correction de
M. Longnon.
V. 1595. — Le Coislin et l’imprimé donnent je cours et happeun
pot. Marot corrige : je vous happe le pot, qu’il n’a pas inventé (le
vers n’exigeant aucun raccommodage), et dont il convient je crois
de reconnaître des traces dans la leçon de l’Arsenal : elle happe le pot. On conçoit que cours et vous aient pu être pris l’un pour l’autre, et que je cours happe le pot ait été rectifié en je cours et happe un pot, au lieu que je vous et happe un pot ne mène un
copiste nulle part. Ainsi on imagine mieux la leçon de Marot
comme ayant dégénéré en l’autre, que le contraire. Pour le trait et le mouvement cette leçon est bien supérieure. Je l’ai donc substituée à celle des éditeurs.
V. 1596: — Men vais est dans le Coislin, fuis dans l'imprimé et.
le manuscrit de l’Arsenal, suivis par M. Longnon et Foulet. J’ai
choisi cette leçon comme convenant parfaitement après le vers
précédent restitué comme il est.
V, 1598. — Les éditeurs impriment : je leur dis bene stat, Cesèns
dant l’Arsenal, le Coislin, l’imprimé donnent : bien stat, et Marot
fait entendre que l'expression était encore cn usage de son temps, venant, comme il dit de l'italien, à savoir 0e bene sta : : cela va bien. :
- V. 1606. — M. Foulet met deux points après se a et écrit :.… c'est Antechrist, comme si c'était des paroles de Margot, et que le mot crie du vers qui suit les annonçât. Mais cela n’est pas vrai-
semblable. M. Longnon met au même endroit point et virgule,
comme si cet antechrist n’était sujet que de ce qui suit. M. Thuasne
rétablit la leçon et la ponctuation que j'ai suivie. .. HË
V. 1608, — Le Fauchet et l’Arsenal donnent fera. M. Thuasne rétablit sera, d’après le Coiïslin et l’imprimé. Non sera, expression toute faite, répond à notre non tout court, que l’ancienne langue ignorait quand il s'agissait de l’avenir, et d’un commandement qu'on refusait,
V. 1612. — Les sources donnent enflambé et enflé, que MM. Lon-
gnon et Foulet rapportent à pet, ce qu’on ne conçoit guère. Enflée, que rétablit M. Thuasne, s'applique à Margot, comme enflée de la colère récente.
V. 1618. — Les sources donnent fait. Je crois à la première per
sonne, laquelle suit le mouvement de la phrase, ajouter que le
réfléchi se faire plat a un sens plus complet que l'actif.
V. 1622. — Les manuscrits donnent suit, qui ne s'entend pas. Au contraire duire signifiant convenir est à sa place, et Marot a corrigé ainsi.
V. 1624. — Les sources donnent l’un vaut l’autre. Je suis la correction de M. Thuasne.
V. 1632. — D'après le Coislin et l’imprimé les éditeurs donnent: où le marché se tienne, ce qui ne se comprend pas, puisque la prison de Meung ne peut être le seul lieu où se tienne marché d'amour. M. Thuasne l'entend par antiphrase. Mais rien n’indiqueici qu'il faille entendre le contraire de ce qui est écrit. Heureusement le manuscrit de l’Arsenal nous met sur la voie avec la leçon où marché ne se tienne, où il a suffi de rétablir en.
V. 1634. — Les éditeurs mettent deux points avant fi et un guillemet qui tient tout le vers suivant, comme si ce qui suit étaitun discours tenu. Mais dire fi pas plus que faire fi n’appelle ce luxe de ponctuation. |
V. 1643. — L'imprimé donne : Par la main de maitre Henri. Avec MM. Longnon et Foulet, j’ai préféré la leçon des manuscrits.
V. 1651. — M. Longnon imprime menu les deux fois pour sauver la mesure, qui avec l’accord au féminin donne deux pieds de trop. Je crois à une licence imposée par un proverbe, et suis la leçon des manuscrits.
V. 1655. — MM. Foulet et Thuasne font de pris où? en Marne une parenthèse; M. Longnon interrompt par une capitale. Il me parait plus naturel de laisser la phrase se suivre, de l’affirmative à l’interrogatif.
V. 1665. — Contre trois des sources qui donnent Jérai, j'écris lairrai, que donne le Coislin, comme plus conforme à l’intention de tester.
1678. — Les manuscrits donnent rien n’y sont, qui est impropre. Je suis la correction de la seconde des éditions anciennes.
V. 1682. — Contre les manuscrits, qui donnent : l’homme est donc bien, je suis la leçon de l’imprimé. .
V. 1694. — L’imprimé et l’Arsenal donnent tu te brüles, une principale qui coupe la période, et voue les catégories notées depuis le v. 1692 à un supplice qui n’atteignait que les faux monnayeurs du v. 1693. Je suis la leçon du Coislin.
V. 1714. — Vers barbouïllé en conséquence de l’obscurité de tout le passage. Ne tends, que donnent les éditeurs, veut dire que si on tille le chanvre l’argent ne sera pas voué aux tavernes et aux filles. Alors pourquoi au v. 1713 mais, qui annonce le contraire de ce que l’honnête travail des champs fait espérer ? M. Thuasne met l’interrogatif à la fin de 1715, signifiant Ne tends-tu pas? C'est-àdire que si on tille le chanvre, l’argent va aux tavernes et aux filles. La morale de la-pièce serait que bien ou mal acquis, l’argent se dissipe ainsi. Mais d’abord cela ne se conçoit pas, On n’a
jamäis vu pareille morale. Elle est contraire aux faits comme au
bon sens. Elle est contraire aussi au sens avoué de l’auteur, qui
annonce sa ballade ainsi v. 1691 : Jamais mal aquèt ne profite.
Elle est contraire au vers 1712 signifiant que moyennant le travail.
-des champs tu vivras de peu mais en sûreté. Puis, mais ne con-
* viendrait pas encore. Travaille aux champs, sois honnête, mais si tu tilles le chanvre, ton argent est voué à la débauche. H faudrait du moins mais même.
Quel parti donc prendre ? Laisser le négatif rend le mais incom-. préhensible. Puis le négatif est languissant, il fait contraste avec le mouvement rapide de toute la pièce : chose à considérer si l’on fait réflexion que Villon, quelquefois diffus par négligence, ménage toujours le mouvement de son discours.
Or supposons, ce qui n’est pas impossible, que broyer et iiller
. Le chanvre ait un sens figuré, et se rapporte à quelque pratique de filou, alors le positif conviendrait. En conséquence je propose sé tends, qui seul permet de s’y reconnaître; le sens de broyer et tiller le chanvre continuant d’être réservé. Voici quel serait le sens du passage : Travaille aux champs, tu vivras de peu en sûreté. Mais si tu broies ou tilles le chanvre (sens péjoratif figuré), c’est à la débauche que tu destines ton argent.
V. 1731. — Les manuscrits donnent je me sens, l’imprimé ne me sens, que j'ai suivi, comme convenant après non pas de Provins. Il ne doit rien à ceux de Provins.
V. 1737. — Valut avoir est dans les manuscrits. M. Foulet donne vaut-il avoir, qui y est aussi, M. Longnon corrige par vaut avoir eu, afin je crois de distinguer les temps, parce que c’est maintenant que d’avoir été riche ne sert de rien aux trépassés ; mais le mouvement de la pensée ne fait pas de ces distinctions, et M. Thuasne a eu raison de donner le premier : valut avoir.
V. 1742, — Les manuscrits donnent : foutes faillent, qui n’est qu’un remplissage. Tantôt faillent de l’imprimé me semble,comme exprimant la prompte caducité du plaisir, eu la marque originale.
V. 1798 à 1800. — Les éditeurs mettent une parenthèse depuis | re jusqu’à échauffée. Elle n’est pas nécessaire car le sens se suit.
V, 1809. — Qui soit tout vert, que donnent l’Arsenal et le Fauchet ne fait figure que de remplissage. En tout temps vert, que donnent le Coislin et l’imprimé, exprime une condition, que le copiste aura chicanée parce que l’églantier ne reste pas toujours vert. Mais qui empêche que le poète n’ordonne de lentretenir vert en le renouvelant ?
V. 1827. — Bien chanter, que donnent toutes les sources saut une, semble moins bon que beau chanter, trouvée dans le Coislin.
V. 1831. — Lesquels servi, dont sont plus sages, ont le prévôt des maréchaux.Tour de: syntaxe trop achevé dans sa délicatesse Poe
qu'on puisse l'attribuer au copiste, dont le lourd raccommodage est au contraire sensible dans : Qui très bien servi comme sages ont etc. À cause de cela je tiens la première leçon, donnée parle Fauchet et l'imprimé, pour la bonne.
V, 1852. — Il n'y a pas d'exemple de la plus partie, dit M. Thuasne. On peut l'en croire; mais la plupart, resté dans l’usage, permet de penser qu'il existait. Les manuscrits le donnent ici, et quand on le change, la mesure cloche.
V. 1835. — Leur faudra, est dans l’imprimé. Je suis la leçon des autres sources, adoptée par M. Foulet.
V. 1861. — Les sources donnent de mort à vie, qui est absurde. Les termes doivent étre renversés. À mort de vie est rude. Aller (sortir) de vie par mort, qui se trouve aux Cent nouvelles nouvelles, fournit une leçon plus sortable.
V. 1874 — Les éditeurs ponctuent : de tombel? rien. Mais rier ne signifie autre chose que point. Le point d'interrogation n’a pas plus là sa place qu'au v. 1815 ci-dessus, d’épouser rien.
V. 1905. — Les sources donnent qui est de verre,que M. Thuasne maintient parce que cette cloche avait été brisée deux fois. Plus conforme certainement au mouvement de la pensée est la correction : qui n'est de verre, admise par MM. Longnon et Foulet.
V. 1935. — Les sources donnent pour tout. J’ai suivi la correction de Marot : pour tous, qui va de soi après seuls.
V. 1949. — Deux manuscrits donnent : que cette ordonnance ne baillent. Mais quoi! Is y mettraient plutôt du leur que de donner cette ordonnance. Assurément non. Que d'y manquer. La correction de deux lettres va de soi. L’imprimé en fait la moitié en donnant : qu'a cette etc. :
V. 1951. — Le Coislin et l’Arsenal commencent ce vers par mais. Avec M. Longnon, je suis la leçon de l’imprimé. —
V. 1966, 1967. — MM. Longnon et Foulet impriment : mal me presse temps, désormais si crie, que donne en partie le Coislin, et qui ne s'entend pas. Le Fauchet et l’imprimé donnent : mal me presse temps est désormais que crie, d’où M. Thuasne tire la leçon que je suis comme certainement la bonne : que étant d’ailleurs dans le Coislin. ;