‹ Œuvres complètes de Villon publiées avec une introduction et des notesChapitre 82 sur 270 · Me regarde : je me regarde · texte numérisé non relu

Me regarde : je me regarde

490. El je me vois : Et que je me vois. — Si très : si fort. — J'en suis presque tout enragée. Ainsi dans le Roman de la Rose :

Mais or m'estuet plaindre et gémir Quand mon vis effacé remir.

Qu'est devenu ce front poli, :

Cheveux blonds, ces sourcils voûtis, Grand entre-œil, ce regard joli, 495 :

Dont prenaïe les plus subtils,

Ce beau nez droit, grand ne petits,

Ces petites jointes oreilles,

Menton fourchu, clair vis traitis,

Et ces belles lèvres vermeiïlles, 500

Ces gentes épaules menues, Ces bras longs et ces mains traitisses, Petits tètins, hanches charnues, Elevées, propres, faitisses | À tenir amoureuses lices 505 Ces larges reins, ce sadinet Assis sur grosses fermes cuisses Dedans son joli jardinet?

Le front ridé, les cheveux gris, Les sourcils chus, les yeux éteints, 510 :

Qui faisaient regards et ris

Dont maints marchands furent atteints.

Nez courbe de beauté lointains,

494. Cheveux : ces cheveux, — Voätis : arrondis. 495. Entre-œil : écartement des yeux.

496. Dont : au moyen desquels. — Prenaie etc. Je prenais les plus malins. 497. Grandne pelits : ni grand ni petit. L’s de petits est pour la rime. ! 498. Ces petites oreilles jointes aux tempes. 499. Vis: visage. ‘ — Trailis : délicat.

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