‹ Œuvres complètes de VoltaireChapitre 272 sur 420 · TITRE DE CZAR · texte numérisé non relu

TITRE DE CZAR

du trône, et troubla TÉtat presque toujours autant qu'elle le soutint. Ces strélitz étaient au nombre de quarante mille hommes. Ceux qui étaient dispersés dans les provinces subsistaient de brigandages; ceux de Moscou vivaient en bourgeois, trafiquaient, ne servaient point, et poussaient à l'excès l'insolence. Pour établir l'ordre en Russie, il fallait les casser ; rien n'était ni plus nécessaire ni plus dangereux.

L'État ne possédait pas, au xvii^' siècle, cinq millions de roubles (environ vingt-cinq millions de France) de revenu. C'était assez quand Pierre parvint à la couronne, pour demeurer dans l'ancienne médiocrité : ce n'était pas le tiers de ce qu'il fallait pour en sortir et pour se rendre considérable en Europe ; mais aussi beaucoup d'impôts étaient payés en denrées, selon l'usage des Turcs : usage qui foule bien moins les peuples que celui de payer leurs tributs en argent.

TITRE DE GZÂR.

Quant au titre de czar, il se peut qu'il vienne des tzars ou tchars du royaume de Gasan. Quand le souverain de Russie, Jean ou Ivan Basilides, eut, au xvr siècle, conquis ce royaume, subjugué par son aïeul, mais perdu ensuite, il en prit le titre, qui est demeuré à ses successeurs. Avant Ivan Basilides, les maîtres de la Russie portaient le nom de t'e/tTci knès (grand-prince, grand-seigneur, grand-chef) que les nations chrétiennes traduisent par celui de grand-duc. Le czar Michel Fédérovitz prit avec l'ambassade holstenoise les titres de grand-seigneur et grandknès, conservateur de tous les Russes, prince de Vladimir, Moscou, Novogorod, etc. ; tzar de Gasan, tzar d'Astracan, tzar de Sibérie. Ce nom des tzare était donc le titre de ces princes orientaux; il était donc vraisemblable qu'ils dérivaient plutôt des Tshas de Perse que des Césars de Rome S dont probablement les tzars sibériens n'avaient jamais entendu parler sur les bords du fleuve Oby.

Un titre, quel qu'il soit, n'est rien, si ceux qui le portent ne sont grands par eux-mêmes. Le nom d'empereur, qui ne signifiait que général d'armée, devint le nom des maîtres de la répu-

1. II ne s'agit pas des césan de Rome, mais des empereurs de Constantinople. On voit dans la Correspondance que Voltaire ne voulut pas admettre sur ce point l'opinion do Scbouvaloff.

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Cette prm^eMe Oibâ^ aioiile-4w)a, w ât baptiser à Constantiauple : on Fappela Hélène, et, <fê» qu'elle fat cfinf tienne. Tempenrnr Jean Zimi«rè» ne manqua pa» d^^en être amooreni. apparemment qpr eile était veuve. Elle ne voniut point de rempereur. LTexemple de la princesse Oiha oa Olga ne ât pa»d^al)ord on ^ranii omn^re de prr)»élyte» : ma fil», qni régna longtemp» \ ne pensa point (in tant ^omme sa mère : mai» âon petit-fil» ¥ladimir. né «fane connibine, ayant aasasuné son firère poor régner, et avant recfterrrfié l'alliance de Femperenr de Constantinople Basile, ne FobCint qtfk condition rpf il se ferait baptiser. Cest à cette époque (fe Fannée 0^7 qne la religion grecque commença en effet à sétabiir en Bnase, Un patnardie de Constantinople, nommé Chry-

1, On ragp«>iait Sviato9iaf, [y<ite h Voitair^.j

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