‹ Œuvres complètes der A.F Ozanam (volume 2)Chapitre 7 sur 17 · CO · texte numérisé non relu

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quatre ans encore il jeûnait trois quarantaines; au bout de la septième année, on le réconciliait (1). Ces barbares, si prompts à tuer, apprirent ce qu'ils savaient le moins : le prix de la vie, et le respect de la personne d'autrui. Les traditions des saints Pères, les saints canons et l'expérience des siècles avaient fixé les règles correctionnelles ; des traités, connus sous le nom de pénitentiels, les recueillirent et les popularisèrent : elles furent sanctionnées par les décrets des conciles contemporains, entre lesquels il faut citer ceux de Mayence (847) et de Tribur (895). On y distingue la pénitence privée, et celle qui doit se faire publiquement pour le pécbé public. Les temps y sont marqués : sept ans pour le meurtre volontaire, l'adultère et le parjure; trois ans pour l'enlèvement d'un homme libre et pour les actes d'idolâtrie; un an pour la mutilation et pour le vol grave. On recommande au prêtre de jeûner avec le pénitent une semaine ou deux, « car on ne peut relever « celui qui est tombé, sans se pencher vers lui, » Et, par une disposition où l'on reconnaît bien l'admirable faiblesse de l'Église pour les opprimés : « Quand « des esclaves viendront à vous, est-il dit, vous ne « les chargerez pas d'autant de jeûnes que les riches :

(i) Concilium Triburense, ann. 895 : « Si quis sponte homicidium fecerit^ XL diebus ab ingressu ecclesiîB arceatur, et nihil manducet, illis xl diebtts, praeter solum panem et sal, neque bibat nisi puram aquam. Nudis P®*i»bus iocedat ; lineis non induatur vestibus, nisi tantum femoralibus. Saecularia arma non portet. Vehiculo non utatur. Ad nullam fœminam, nec Pf^priam uxorem, bis diebus misceatur. Nullam communionem ilUs xl "•ebus babeat cum aliis cbristianis nec cum alio paenitente, in cibo vel P^*U, vel uUis rébus, etc... His vu annis rite expletis, reconcilietur. »

a imposez-leur seulement la moitié de la peine (1). y> Pendant que la prédication s'emparait de Fentendement par la foi; et que la pénitence s'imposait à la volonté par la crainte, la prière saisissait en même temps ces deux puissances, et rétablissait l'unité de l'âme par l'amour, qui fait le nœud de toutes les facultés humaines.

Dans l'action de l'âme qui prie, c'est-à-dire qui s'ap- — proche de Dieu, il y a un double effort de l'intelligence^".^

vers le vrai, et de la volonté vers le bien. Ces deux ef z,

forts se montrent déjà dans un hymne du huitième siè

cle, où Ton sent encore le sauvage de la barbarie: ce J'a ^mi c( appris parmi les hommes les plus sages — que L^^ « terre n'existait pas, ni le ciel; — que l'arbre et 1 -a « montagne n'existaient pas ; — que le soleil ne brillaâit c< point, — et que la lune ne donnait pas sa lumières , « — et la mer n'était pas encore. — Alors, quand B ^ « néant n'avait point de limites, — existait le Di^ m: c< tout-puissant et plein de miséricorde, — et avec lM-3"t « beaucoup d'esprits glorieux. — Et toi, Dieu sain "^ a Dieu tout-puissant, qui as créé le ciel et la terre, ^e c( qui as fait tant de bien aux hommes, donne-moi docrsi « la grâce, une foi droite et un bon vouloir, sagesse « prudence et force, pour résister aux démons, confo ^ ce dre le mal et accomplir ta volonté (2)... » Il est ir*^

(1) Schannati, Concilia GermaniXf t. II, et le Pénitentiel de Halitgsft:^' évêque de Cambrai, dans Martène, t. II, p. 43, ordo ii. Il déclare air^ ces règles des archives de TÉglise romaine. C'est bien la doctrine d^ seconde lettre du pape Grégoire II à Léon Ticonoclaste.

(2) Wessobrunner Gebet, apud Wackemagel (p. 67) et Noth.

Dat gcfregin ih mit firahim firiwizzo meistn, Dat ero ni was noh nrbiinil.

possible de rendre plus énergiquement, d'un côté, le dogme de Tunité divine, la création, la séparation de l'intelligence et de la matière, et tous les points par où les esprits s'arrachaient du paganisme; et, de Tautre côté, les terreurs de cette lutte, Tangoisse du danger, et le cri de l'homme enfin qui se sent faible, mais qui se souvient que Dieu est fort.

Mais l'Église ne se contentait pas d'introduire chez les barbares la prière solitaire, qui dissipait leurs doutes et rassurait leurs frayeurs. Comme l'éducation c|u'elle prétendait leur donner était une éducation puiDlique, comme elle leur portait une parole publique, ciomme elle instituait des pénitences publiques , elle fondait aussi la prière commune. Voici en quels termes s'exprimaient ses règlements : « Les prêtres doivent <:< avertir les maîtres de faire assister au moins à la « messe du dimanche et des fêtes les bouviers, les por- « chers, et les autres pâtres et paysans qui demeurent

Noh paum noh heinig ; noh pereg ni was

Ni... noh sunna ni scein,

Noh mnno ni liuhta, noh der mareo scu.

Do dar niwiht ni was enteo ni wenteo,

Ënlt do was der eino almahtico cot,

&Janno miliisto ; enti dar warun anh iniinakc

Mit man coollihhe geisla.

Cette prière présente plusieurs caractères d'un • haute antiquité. Elle a le début épique du chant de Hildebrand et de Uadebrand. On y trouve, comme dans le poëme du jugement dernier (MuspUli), Tallitération au lieu de la rime, introduite de si bonne heure dans la poésie chrétienne. Ainsi dans le premier vers c'est la lettre f qui reparaît trois fois, dans k troisième la lettre p revient deux fois, dans le quatrième la lettre s, etc.

Voyez aussi, dans Noth, la prière à saiut Pierre, et celle intitulée Àugsburger Gebet, et, dans Wackoniagel, la traduction du Te Devra et d'un hymne de saint Ambroise.

318 CHAPITRE Vil.

<c dans les champs et les forêts, et qui sont exposés à « vivre comme les bêtes; car le Christ les a rachetés ce aussi bien que les autres. En effet, le Seigneur, ve- « nant dans le monde, ne choisit pas pour les siens des « savants ni des nobles, mais des pêcheurs; et il voulut « que sa nativité fût annoncée d'abord par un ange à c< des pâtres (1). » L'Église aimait cette confusion des rangs, les grands agenouillés dans la foule des pauvres, des ignorants, des misérables. Et lorsque, le mêmes jour, à la même heure, sur tous les points de la Ger — manie chrétienne, elle tenait ainsi la nation rassem — blée, elle l'initiait, non pas aux timides essais d'une religion nouvelle, mais aux solennités d'un culte qui avait déjà huit cents ans d'existence. Ses rites réunissaient dans leur ensemble toutes les traditions bibliques, la poésie des psaumes et des prophéties, les récits du Nouveau Testament, les actes des martyrs, l'éloquence des Pères, les travaux liturgiques de saint Ambroise et de saint Grégoire, avec l'essor que la musique donne au sentiment, avec le soutien que la peinture prête à la pensée, avec tout le pouvoir de T architecture religieuse, pour retenir dans ses murailles l'âme enchantée, lui faire oublier le monde, et Télevcr à Dieu. Le culte chrétien, formé de tant d'éléments, empruntant aux lan-

(I) Libellus de ecclesiasticis disciplinis, art. 410, et parmi les qucîjtions de la visite pastorale* 64 : « Si porcarii et alii pastores, dominica die, ad occlcsiam veniant et rnissas audiant ; similiter in aliis festis dicbus? »

Je remarque aussi les articles 76 et 89 : « Ne coloni aut servi, propter couimissa crimina, virgis nudi caîdautur... Si quis propter cupiditatem Judaîum aut paganum occident».. »

gues; aux arts^ aux sciences de rantiquilc, ne pouvait se communiquer aux peuples barbares qu'en leur communiquant une grande partie de la civilisation.

Voilà comment le christianisme réformait la pcr- ^.hrisuJjigm, sonne immortelle. Mais les doctrines fortes sont exi- ^'"'gf»™* sreantes : quand elles se rendent maîtresses des âmes, * des

^ ^ . ' nations

elles ne s'y contiennent pas. Ce n'est pas assez qu'elles germaniques remplissent les pensées; il faut qu'elles passent dans les actes, qu'elles se fixent dans les œuvres : elles ne sont satisfaites qu'en se trouvant reproduites par des Tnonuments durables. Ainsi, quand la foi chrétienne eut pénétré les esprits des Germains, elle ne leur laissa pas de repos; elle les mit à l'ouvrage dans les sciences, dans les arts, dans les lettres. Elle les poursuivait au fond des bibliothèques, des abbayes ; sur les chantiers où le ciseau façonnait les pierres des églises; au milieu des fêtes populaires, où il fallait des chants nouveaux à la multitude assemblée. Cette importunité, cette obstination d'une idée qui veut se produire, qu'est-ce autre chose que le signe du génie? Le génie germanique se fit jour. Il conserva Toriginalité d'une race nouvelle, sans perdre l'empreinte de l'éducation savante qui l'avait discipliné, sans se détacher de cette communauté de traditions et d'habitudes qui unit la grande famille des nations latines. On reconnaît la fermeté de l'intelligence chrétienne dans les vues profondes que l'évêque Otton de Freisingen porte sur tous les temps de l'histoire, dans l'érudition philosophique d'Albert le Grand, dans le mysticisme judicieux de Taulere. Il fallait toute

320 CHAPITRE Vil.

la persévérance de la volonté régénérée, pour prendre une langue barbare, parlée par les plus grossiers des hommes, et la plier à toutes les délicatesses de la sensibilité, jusqu'à ce qu'elle pût devenir l'harmonieux instrument des Minnesinger, et rivaliser de souplesse ^ musicale avec les idiomes d'Italie et de Provence. Enfin ^^ c'était l'amour purifié, ramené à Dieu premièrement, ^^^ pour redescendre ensuite sur l'humanité et la nature,^ ^ qui devait déborder un jour dans les compositions poé — «^ tiques du douzième et du treizième siècle. Une mêm^ e inspiration, l'héroïsme de la foi conjugale, devait sov tenir en même temps l'épopée guerrière des Nibelut gen, et les récits chevaleresques de Wolfram d'EscheKz:^bach. En même temps les poètes de Souabe célébraiezKnt dans un rhythme charmant le réveil du mois de n^^i après les longs hivers; et Henri Suso, au fond des^^n monastère, a sentant, disait-il, que son jeune cœur :ei.c pourrait longtemps demeurer sans amour, choisiss^tît pour la dame de ses pensées la Sagesse étemelle^ » ^t se levait avant le soleil pour lui chanter le chant d * matin. Le christianisme ne pouvait descendre dans izkb^^ grande nation sans y honorer l'étude, cette occupation chaste et sévère, sans encourager l'art de la parole, p^^f laquelle il gouvernait toutes choses ; sans bénir enfia ^^^ travail sacré des lettres, qui n'est après tout qu'un t^^" fort pour fixer l'idéal divin dans le langage des homnci^^*

Le droit public et la

^'A^iemagiif Nous Hous sommcs ëloigné moins qu'il ne semble d ^^ origines chez limitcs naturelles de notre sujet. En cherchant à saii^^^

les Francs. •

prit plutôt que les détails des institutions ecclésiasles, nous n'avons fait que résumer la doctrine des ciitô de Paris, d'Aix-la-Chapelle, de Mayence, de i)ur, qui empêchèrent Fœuvre de Chariemagne de ir tout entière, puisqu'ils sauvèrent l'Église quand at s'écroulait. On aime à trouver des maximes si icieuses, si clémentes, j'allais dire si modernes, dans égislation d'un âge d'airain, dans des décrets déliés par les évêques de Louis le Débonnaire et de irles le Chauve. Les historiens ont trop méprisé la âdence carlovingienne. Le corps politique se dist, mais l'âme survit et s'échappe pour aller animer 3 société nouvelle. C'est dans les angoisses du neume et du dixième siècle qu'on voit se former les traions et les doctrines qui inspireront ie moyen âge. gardez de près les canons d'Aix-la-Chapelle; vous y avérez contenue toute la querelle du sacerdoce et de npire : elle éclate en 857, par le divorce du roi Loire et par la résistance du pape Nicolas I". Au siècle vant, la légende conduit déjà Chariemagne à Jérusa- 9 ; elle ouvre ainsi le cycle fabuleux des romans cariogîens, en même temps qu'elle échauffe le zèle de guerre sainte et qu elle montre le chemin des croiles* Ne nous étonnons pas de la fécondité de cette riode, où le génie germanique (;t le génie latin viient encore dans une orageuse mais puissante union, wle cette majesté du saint-empire romain, qui lit >rgueil de l'Allemagne, n'est, après tout, que l'ou- 'age des Francs. L'Allemagne elle-même le savait si E. 0. n. " 21

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bien^ qu'elle tint longtemps pour maxime de droit pu-* blic que l'empereur, fût-il Saxon d'origine, devenait Franc par le fait de son élection, et que le couronnement, pour être valide, devait se faire sur une terre franque. Nous verrons, en effet, comment Gharlemagne ne fit que réaliser, en l'étendant, un dessein conçu mais compromis par la politique des Mérovingiens. D'un autre côté, toute la littérature de l'Allemagne chrétienne a ses origines à une époque où la langue dominante chez les Germains s* appelle encore la langue des Francs, où elle s'étend dans toute 1 ancienne Austrasie jusqu'à Reims, où elle fait effort pour se rompre aux habitudes de l'éducation latine. C'est ce qui parait déjà dans ces formules d'abjuration et de confession, dans ces imitations de psaumes et ces cantiques que nous avons cités. Vers la fin du huitième siècle, la langue des Francs est assez pénétrée de christianisme pour traduire la règle de saint Benoît, les lettres d'Isidore de Séville, les hymnes de saint Ambroise (1). Mais de tous ces restes d'une antiquité qui est aussi la nôtre, aucun ne nous appartient à plus juste titre que Y Harmonie des ÉvangileSy achevée en 888 par Ottfried, moine de Wissenburg en Alsace. Cet homme pieux avait cédé aux conseils de plusieurs chrétiens, et particulièrement d'une noble dame appelée Judith, en composant un poëme sacré pour remplacer dans la bouche des laïques les chants déshonnêtes du paganisme. Sans doute ses

(i) llalteiner» Sangallens Sprachschaetze, t. 1, 2, 3.

L'ÉGLIBE. 3^83

vers n'ont pas l'accent de l'épopée populaire : on y reconnaît le travail d'un esprit occupé de pliei^ridiome barbare aux lois d'un art étranger, et Tallitération est '^mplacée par la rime. Mais tout ce qui éloigne Ottfried rfes traditions du Nord le rapproche de nous : et nous «e pouvons mieux reconnaître ce que fit l'Église pour entretenir l'esprit national, qu'en finissant par un fragroexit de VHamumie des Évangiles. On y retrouve le flï^iaae patriotisme religieux que dans le prologue de '^ loi salique, et comme un écho des cris de triomphe qtti avaient célébré les victoires de Tolbiac et de Vo^iilé (1).

«. On a vu beaucoup d'hommes écrire avec art, avec L'Harmonie ^^ tan labeur infini, pour étendre la gloire de leur nom. ÉTangUes, ^ Certes, les Grecs et les Romains l'ont fait si bien, otifned. ^^ cju'ils vous ravissent; ils ont mis dans leurs ouvrages ^^ Vin arrangement si parfait, que tout s'y lie comme ^^ des pièces d'ivoire : soit que leur prose vous abreuve ^^ d'un vin bienfaisant, soit qu'ils mettent leur applicatidûià combiner des • mètres ingénieux. Leurs vers Sont pleins de douceur. Ils mesurent les pieds longs et brefs avec tant de précision, que jamais une syl-

(1) Christ, ^on Ottfried, beransgegeben von Graff.

Was liuto vilo in flize, In inanagemo agaleize Sic tbaz in scrib gikleibiin Tbaz sic iro nombb breittin.

le poënie d'Ottfried ne me fait point oublier VHarmonie des Évangiles ^n langue saionne, connue sous le titre à'Héliand (der Heiknde, le Sauveur), et dont M. Scbmeller a donné une savante édition.

c< labe ne chancelle; et les mesures châtiées tombent « commé^e, grain émondé s'échappe de la main qui Ta c( choisi.

a Pourquoi, seuls entre tous, les. Francs négligec< raient-ils de chanter en langue firanque les louanges ce de Dieu? Jamais on n'a tenté de soumettre ainsi le « chant à une règle sévère, droite, et parfaitement c( belle, dans sa simplicité. Pourquoi les Francs seuls en c< seraient-ils incapables? lis sont aussi braves que les c< Romains, et personne ne peut dire que les Grecs (( vaillent mieux qu'eux. Us sont aussi hardis, soit dans c< les forêts, soit en rase campagne; prompts à prendre c< les armes, et tous soldats. Us habitent la bonne terre c( qu'ils ont conquise, ils y déploient leur puissance : a c'est pourquoi ils ne seront point confondus. Leur Ci terre est grasse; si on la creuse, on y trouve l'airain « et le cuivre, le fer en abondance, l'argent à satiété; « et les sables même y roulent de l'or.

c( Leurs ennemis les trouvent toujours prêts à se déc< fendre. A peine a-t-on osé les attaquer, ils ont déjà a vaincu. Aucun des peuples qui touchent leurs fronce tières n'échappe à leurs coups qu'en se soumettant à « les servir quand ils en ont besoin. Je sais que Dieu a le fait ainsi. Tous les peuples les redoutent. Les c( Francs leur ont enseigné la crainte, non par la pac( rôle, mais par le glaive et par le fer acéré de leurs c( lances... J'ai lu dans un livre, et c'est la vérité, qu'ils « suivirent Alexandre dans dix-huit combats, lorsque c< ce héros enchaînait le monde. Et il est écrit qu'ils se

« retirèrent de la Macédoine avec honneur, et que nul

« d'entre eux ne consentit à subir l'autorité d'un roi.

« Tout ce qu'ils conçoivent, ils l'accomplissent avec

« l'aide de Dieu; ils ne font rien sans son conseil; ils

« sont très-attentifs à sa parole.

« Aujourd'hui, je veux écrire l'Évangile, l'histoire « de notre salut. C'est ce que je tenterai de faire dans « l'idiome des Francs. Et maintenant que les hommes c< de bonne volonté se réjouissent : qu'ils soient con- « t.<nts, tous ceux de la nation franque qui ont un « c^oBur droit, puisque nous avons assez vécu pour chan- << t:^er le Christ dans la langue de nos pères! »

l'État.

Hs Après avoir assisté à l'affranchissement des nations

origines *

moMiâiie. ^^ l'Eglise arrachait à la servitude du paganisme, il reste à savoir quel usage elles firent de leur liberté; quelle société sortit de ces camps germaniques jetés sur les ruines de l'empire romain ; à quelles conditions le vieil orgueil barbare consentit à obéir; et comment on suit, jusque dans les derniers détails des lois salique, bavaroise, saxonne, l'ascendant de l'autorité qui l'emporte, et le déclin de l'esprit d'indépendance qui ne périra pas. Mais il n'est pas de mon dessein d'embrasser des questions si vastes, et de m'engager dans les difficultés du droit civil des Germains, où, d'ailleurs, tant de grands esprits ont porté le flambeau. Je m'attache à un point de droit public, sur lequel je pense rassembler des lumières jusqn-id dispersées. Il s'agit d'éclairer les origines de la monarchie, c'est-à-dire du seul pouvoir politique qui occupe la scène d'un bout à l'autre des siècles où s'arrêtent mes recherches. Non qu'il faille oublier ce qu'il y avait do force dans Taris-

É.ocratie militaire, et d'opiniâtreté dans les institutions JCQunicipales : mais le temps était encore loin où ces ^eux autres puissances reconnues, afTermies, devenues ia féodalité et le tiers état, devaient achever l'édifice ^'une société nouvelle.

Aussi haut qu'on remonte dans l'antiquité des peu- u

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