‹ Œuvres complètes der A.F Ozanam (volume 5)Chapitre 13 sur 25 · LA CIVILISATION MATÉRIELLE DE L'EMPIRE · texte numérisé non relu

LA CIVILISATION MATÉRIELLE DE L'EMPIRE

« entière est un miracle (1) » Les rois francs

adoptent la même politique réparatrice, ils habitent le palais de Julien, Chilpéric rebâtit un cirque à Soissons.

V. D^ailleurs les villes ne peuvent pas périr ; elles sont défendues non-seulement par leurs évoques, mais par le saint qui repose dans leur cathédrale. Ss^int Martin, à Tours ; à Orléans, saint Aignan ; à Poitiers, saint Ililaire, — L'Église, comme toutes les puissances civilisatrices, ne conserve pas seulement les villes, elle en bâtit. — Les abbayes deviennent le noyau des cités nouvelles : Fulde et Saint-Gall.

VI. Les villes, berceau de l'industrie. — Rome : les neuf corporations de Numa. Collèges d'ouvriers sous les empereurs. — Traces aux temps barbares. — Transformation. — L'ouvrier chrétien. — Saint Éloi : confié à Àbbon, orfèvre et chargé des monnaies royales à Limoges. — 11 vient à Paris. — La chaise de Dagobert. — Les châsses. Les livres sur un rayon ; il travaille un livre sur les genoux. Ouvriers sacrés. Francs, Saxons chantant des psaumes. Le travail sanctifié. — Commencement des confréries. L'atelier chrétien et les établissements de saint Louis. — Au moyen âge,

(1) Cassiod. Variorum, Vif, 15, Formula ad prœfectum urbis (le architedo puhlicorum.

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les corporations ouvrières font l'émancipation des communes en France, la force des républiques lombardes en Italie. — Nul n'est citoyen de Floi^ence, s'il n'est enrôlé dans un des douze arts. Ne craignez pas que cet empire de l'industrie étouffe le sentiment du beau. Ce sont ces compagnies d'ouvriers qui font bâtir Sainte-Marie-de-la-Fleur, Or-San-Michele ; et c'est pour elles que Giotto couvre le Palais Vieux de ses fresques.

Différence entre les villes païennes et les villes chrétiennes. — Le christianisme a retrouvé, pour ainsi dire, la vie humaine et les affections de r homme. Tout l'homme était tourné vers le dehors: il vivait sur la place publique, ou, dans l'atrium richement décoré, il recevait ses amis et ses clients ; les petites chambres étroites, qui donnaient sur le portique, étaient bonnes pour les femmes, les enfants, les esclaves. Mais le christianisme tourne le cœur de l'homme vers les joies de l'intérieur, il lui rend la vie de la famille, il lui fait trouver son bonheur au dedans de sa maison ; l'homme en sort le moins possible ; et c'est pourquoi il embellit le lieu où il passe ses jours avec sa femme et ses enfants : boiseries, tapisseries, riches mobiliers, argenterie habilement ciselée. — Le christianisme conserve cependant la maison antique, mais dans les monastères^ où le temçs se passe

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à l'église ou au travail, où il ne faut point que la cellule soit commode. — Cependant les villes modernes, au premier abord, semblent bien inférieu* res aux cités antiques : voyez Pompéi, une ville dç troisième ordre, que de colonnades! portiques, thermes, théâtres, cirque. — La ville païenne a ses temples petits, ses amphithéâtres immenses. La ville chrétienne se groupe au pied de la cathédrale, elle a l'hôpital et l'école. — Les anciens sauront toujours mieux que nous l'art de jouir. Leurs Tilles bâties pour le plaisir; il faut désespérer de les ,égaler jamais. — Les nôtres sont bâties pour le travail, la souffrance et la prière ; c'est notre grandeur.

Le lecteur reconnaitra ici un ensemble d*idées déjà exposées à la fin de Tune des leçons sur le Progrès dans les siècles de décadence. Le morceau qu*on vient de lire renferme cependant quelques détails qui n*ont pas été reproduits ailleurs ; de plus, il est intéressant d'observer h quel point des notes, même soignées, gagnaient à être développées par Ozanam, et à recevoir de lui le dernier poli de la rédaction définitive.

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