PAR M. MICHELET
En revêtant aujourd'hui les fonctions de critique, qui vont si mal à notre âge et à notre inexpérience, nous sommes du moins heureux de nous sentir libres de deux sortes de préventions également dangereuses dans l'examen d'un ouvrage, les unes contre l'auteur, les autres contre le sujet.
Parmi les intelligences contemporaines qui s'agitent en dehors de cette paisible sphère de l'orthodoxie catholique où nous vivons, il en est qui semblent s'être moins éloignées, qu'on dirait quelquefois céder à une puissance attractive et se rapprocher de nous. Celles-là nous intéressent" à tous leurs mouvements; nous les voudrions retenir au passage; elles nous déso-
(1) Extrait de l'Univers, sept, et oct. 1837
d'à présent, c'est de méconnaître la spécialité de leur rocation, de s'attribuer des aptitudes encyclopédiques dont ils ne furent point pourvus, et de consumer en des travaux sans profit et sans honneur, des heures précieuses qu'ils devaient employer, selon leurs forces, au bien et à l'ornement de la société.
Il ne nous appartient pas d'apprécier la mission que M. Michelet avait à remplir parmi nous. Mais il nous semble qu'il était né poète, dans le sens primitif et le plus étendu de ce mot, c'est-à-dire capable de créer, capable de s'élever aisément à des conceptions idéales, de subir profondément les impressions du monde réel, de reproduire les premières en choisissant, rapprochant, combinant les secondes. Avec ces éminentes facultés nous avons redouté de le voir descendre au rang d'historien. L'histoire est la mémoire des nations, mais c'est une mémoire impassible, impartiale, complète, que la passion, la sensibilité, l'imagination, peuvent accompagner quelquefois, mais ne doivent dominer jamais; qui choisit avec critique entre les récits parvenus jusqu'à elle, mais qui ne choisit pas entre les faits constatés, et les accepte alors même qu'elle ne saurait ni s'en inspirer ni les comprendre. Si les anciens la représentèrent comme une muse, ce fut une muse austère : ils ne lui donnèrent ni le masque trompeur, ni les cordes mobiles de la lyre, mais des tables de pierre et un inflexible burin. Ces graves habitudes sans lesquelles il n'est pas permis d'écrire les annales des peuples deviennent plus nécessaires encore quand
contre toute intervention de la philosophie et de l'histoire dans la jurisprudence dont ils s'attribuent le domaine exclusif. Nous aussi, dans cet idiome prosaïque que parlent nos lois modernes, nous reconnaissons les dernières traces d'un langage figuré, d'un symbolisme dont l'homme ne saurait s'affranchir tant qu'il demeure dans les conditions de la vie terrestre, où les signes lui sont nécessaires non-seulement pour exprimer, mais pour concevoir sa pensée. Nous aussi nous croyons rfjUQ ce symbolisme se doit retrouver plus fort et plus fto aux jours anciens, alors que l'homme, plus faible, ,ep«r pruntait aussi davantage à la nature, et vivait 3fté# eljfe dnjop: **nç SQrte de fraternisât .^ qu4 atfçirtttoifs &y& Yi-co quSi te droit prigrritif,, ftOB des, Rom^.s^enwplH m$i?4ç jqqtesJ0$ iiwjtiopty fet1^^>powft,sé^ri^M^l¥ft^ Jopûers,BiOws notus;}&i$s<w$ «llmà^Mudp^^fMhi^Miii anti^s,) entmi^, pjar ,#rt i«?U#ct i ïa«q»ftl >di#6S«t C&JWU}, qMand.fyÀaîerrpgwfe *vecl(pliw, 4ft,«pi|#WMp lcfs pjrôWWSS) âg*S . xto « PWWte ÇWflW) 9}f* . iYO k\m -,4tep d jfiuf m . If ti$ m&Wk mm . içqwprww?i «Wfl ;><fo j»«HMlr blfl* mhcpffhqs:^ sfnuftfent :-flH» |Çirçw^cri^ <top4fp lwiiUfedfftTOpeM^
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