PROPRIÉTÉ. — COMMUNISME
Pré-aux-Clercs, 24 décembre 1868.
M. Ducasse n’est pas moins explicite ; il déclare dans la réunion du Pré-aux-Clercs (9 novembre) qu'il veut la liberté la plus complète, et pour cela « le communisme et la suppression de la propriété ».
Belleville, 9 janvier 18069.
M. Ducasse prétend que l’origine du salariat se confond avec celle de la propriété elle-même ; que le premier auteur du salariat fut ce misérable qui, selon l’expression de Jean-Jacques Rousseau, a, le premier, entouré de jalons un morceau de terre et dit : Ceci est à moi. Celui-là a fait travailler des hommes sur son terrain, et a profité de leur travail.
Quant au morcellement de la propriété, 1l s’agit bien de cela ! Ce que nous devons faire, c’est une expropriation générale du sol pour cause d’utilité publique. (Bruyanis applaudissemenis.)
Belleville, 22 janvier.
M. Ducasse. — Quand la Convention nationale s’est emparé du bien des émigrés, elle a bien fait :
elle reprenait ce que l’on avait volé au peuple... {Bravos.) Mais où elle a commis une faute, ç’a été de reconnaître la dette.
Nons ne devons pas laisser à nos enfants le fardeau de la dette.
On craint de parler de la liquidation; mais, quand on ne pourra plus payer, il faudra bien liquider. (Bravos.)
Citoyens, je conclus. Dans la précédente réunion où J'ai pris la parole, le citoyen Gaillard a fait une comparaison qu'il a tirée de Lamennais. Vous savez qu'il s'agissait d’un rocher qui barrait la route à des hommes isolés, exposés à être dévorés par des bêtes féroces ; aujourd’hui nous sommes dévorés en gros par la propriété, mais nous n’avons qu'à nous réunir et à la déplacer du chemin. {Applaudissements.)