‹ Œuvres complètes du comte de LautréamontChapitre 30 sur 36 · IDÉES POLITIQUES — LA RÉVOLUTION LA TERREUR — LES MASSACRES · texte numérisé non relu

IDÉES POLITIQUES — LA RÉVOLUTION LA TERREUR — LES MASSACRES

Ménilmontant, 13 novembre 1868.

M. Ducasse. — Nous venons affirmer l’enseignement démocratique et progressif, afhirmer les principes de notre grande et glorieuse révolution. Nous sommes tous d'accord au point de vue général. Ce qui manque à notre Jeunesse, c’est le catéchisme civique de 1793. (Bravos prolongés.)

Ménilmontant, 28 noveimbre.

M. Ducasse. — Les massacres de septembre ont affirmé la liberté; ceux de la Saint-Barthélemy | l'ont étouftée.

Belleville, 17 janvier 1869.

M. Lemay. — Le bon sens pratique est représenté par Maximilien Robespierre. Dans ces derniers temps, quelques fanatiques ont prétendu que la France ne peut être sauvée que par l’hébertisme. Savez-vous ce que c’est que l’hébertisme ? Vous ne le savez pas ? Ni moi non plus. {/nterruptions bruyantes).

M. Ducasse. — Bravo, Lemay !

M. Lemay. — Nous ne sommes pas avec ces énergumènes.

Ménilmontant, 13 novembre 1868.

« Écoutons d’abord M. Marsais, rédacteur des Côtes du Nord, journal de M. Glais-Bizoin, « de notre amt Glais-Bizoin », dit M. Ducasse ».

M. Marsais, arrivant de province et n’ayant pas l'habitude des réunions, s’arrête, ne sachant pas jusqu'où il est permis d’aller en fait d'histoire.

M. Ducasse. — Jusqu'en 1814, c’est de l’histoire ; après, c’est de la politique. (Bravos.) Il se rappelle que pour le baccalauréat (1) on va jusqu’à

(4) C£. allusions aux discours de distributions de prix et aux professeurs de seconde, dans les « Poésies »,

la prise de Puebla, et invite l’orateur à ne pas dépasser cet événement. { Rires.)

UXE voix. — Je demande la parole.

M. Ducasse. — Toujours le même interrupteur | (A la porte !) I est impossible qu’un homme s’impose à quinze cents autres. { A la porte !)

L’interrupteur se retire. (Applaudissements.)

Vieux-Chêne, 26 janvier 1869.

M. Ducasse. — La force sans le droit est infâme ; le droit sans la force est stérile ! Je courbe la tête devant la force en la méprisant ; je m'incline devant un pouvoir qui s’appuie sur 900.000 baïonnettes. {Tonnerres de bravos.)

Le peuple n’est rien en ce moment-ci, malgré une série de révolutions ineptes {rumeurs) et avortées. (Murmures.) Je parle de toutes les révolutions, sauf celles qui n’ont pas réussi, comme celles du 2 prairial et de juin 1848. ( Bravos.)

Nous serons les vers qui rongent les cadavres ; car vous êtes des cadavres... Nous nous réunirons tous, nous les ennemis d’hier et d’avant-hier, dont les grands-pères ont été assassinés... les ennemis d'hier... dont les amis de 48 ont eu la gloire de périr sous les balles des Cavaignac et des Bonaparte. (Salves prolongées de bravos.)

Car nous sommes les ennemis implacables des principes despotiques. Nous sommes ceux qui marchons à l’ennemi, vivement, la flamme à la bouche, ayant mieux que des épées tranchantes et des

fusils, puisque nous tiendrons, d’une main, les Droits de l’homme, de l’autre, la glorieuse devise : Liberté, Égalité, Fraternité (Tonnerres d’applaudissements.)

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