‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 11 sur 480 · Qtottlj Annales, 1, p · texte numérisé non relu

Qtottlj Annales, 1, p

Kl le consiste surtout en ce que les Règles posent les principes de la perfection chrétienne et sacerdotal.', tandis que les Constitutions indiquent les moyens d'y atteindre et la manière de la pratiquer.

C'est ce que le P. Eudes explique lui-même dans la Préface des Règles et Constitutions , et il est à remarquer qu'il le fait en s'appropriant une partie des explications que saint François de Sales donnait, en pareille circonstance, aux religieuses de la Visitation.

« Il faut remarquer, dit-il, qu'il y a différence entre les Règles que Notre-Seigneur et sa sainte Mère donnent à cette Congrégation, et les Constitutions de la même Congrégation ; et que cette différence consiste en ce que les Règles sont les fondements principaux de la vie chrétienne et ecclésiastique de laquelle nous devons vivre : et les Constitutions contiennent la manière de bien observer les Règles. Les Règles sont le chemin par lequel qous devons marcher pour arriver au salut éternel el a la perfection que Dieu demande de nous : et les Constitutions sont comme des marques mises dans ce chemin, afin que nous le puissions tenir plus facilement. Les Règles contiennent les moyens nécessaires et convenables pour parvenir au but et à la lin pour laquelle notre Congrégation est établie : et les Constitutions montrent la fa^onavec laquelle il les l'a ni ou ployer. Par exemple, les Règles commandenl qu'on vaque à l'oraison: et les Constitution^ spécifient le temps, la quantité et la qualité des prières qu'il tant faire. Les Règles ordonnent que la propriété soit hannie, et que tout soit en commun : e( les Constitutions enseignent en quelle manière cela se doit exécuter. C'est pourquoi il ne fauf pas s'étonner, si les Constitutions contiennent plusieurs choses dont il a déjà été parlé dans les

Règles, puisque celles-là sont comme une explication de celles-ci \ »

Entre les Règles et les Constitutions, le P. Eudes signale encore deux autres différences, qui tiennent à la provenance des Règles.

La première, c'est que, par le fait même qu'elles sont tirées de la sainte écriture, les Règles portent en elles-mêmes leur approbation, tandis que les Constitutions ont besoin d'être approuvées par l'autorité ecclésiastique.

La seconde, c'est que les Règles et les Constitutions n'obligent pas de la même manière. Les Règles, en effet, reproduisent les préceptes ou les conseils évangéliques, et partant elles s'imposent, suivant les cas, à titre de précepte ou de conseil, tandis que, par elles-mêmes, les Constitutions n'obligent jamais sous peine de péché.

Ajoutons que les Constitutions ont été composées pour la Congrégation de Jésus et Marie et ne conviennent qu'à elle, tandis que les Règles, à quelques détails près, conviennent à toutes les communautés ecclésiastiques, et même à tous les prêtres, puisqu'elles ne contiennent que la fleur des enseignements évangéliques touchant la vie chrétienne et sacerdotale.

Après cela, on ne sera pas surpris que le P. Eudes

1. « Je vous présente cette sacrée Règle [de saint Augustin], que vous suivrez meshuy comme le vrai chemin auquel vous devez marcher pour arriver à la perfection de la vie religieuse : y ayanl joint vos Constitutions, qui sont comme des marques mises en ce chemin afin que vous le sachiez mieux tenir. Car, comme disent les Docteurs, les Règles des religions proposent les moyens de se perfectionner au service de Dieu, et les Constitutions montrent la façon avec laquelle il les faut employer; comme, par exemple, cette Règle commande qu'on vaque aux prières, et les Constitutions particularisent le temps, la quantité e1 La qualité il»1- prières qu'il faut faire... » S. François île Sales, Ilèf/les de saiiil Augustin et Constitutions pour les Helif/ieuses de la Visitation, Préface.

a Hachât une grande importance aux Règles, et qu'il ait cherché les moyens propres à les graver dans l'esprit et dans le cœur de ses enfants. Dans ce but, il nous a prescrit d'en lire tous les jours quelques maximes, à la lin du dîner1 ; et il a voulu qu'à la Probation, on y prit, une l'ois par semaine, le sujet des instructions que l'on donne aux Novices2.

Page 1