La Règle de la Très Sainte Vierge
'•' (: "-''' de l.-i sainte Vierge commence, comme
celle de Jésus par un prologue très court, mais très
cieux, placé en tête du chapitre premier. La
sainte Vierge s'y 'présente comme la Mère de belle dilection. C'est, comme on le sait, sous ce titre surtout que le P. Eudes nous a appris à l'honorer1. Cette bonne Mère s'adresse à ses enfants qu'elle appelle ses « bien-aimés », « les bien-aimés de son Cœur », « l'objet de ses plus chères affections », et elle leur annonce qu'elle va leur enseigner le chemin du salut et de la perfection.
Mèr<> de la belle dilection, la sainte Vierge e-t. par le fait même, la Mère de la crainte et de la sainte espérance, car la crainte de Dieu et la confiance en sa bonté s'allient merveilleusement avec la divine charité, qu'elles introduisent et conservent dans le cuMir des fidèles. C'est pourquoi, avant toute autre chose, la sainte Vierge entretient ses enfants de ces deux vertus. Elle en vient ensuite aux vertus propres à la vie de communauté, et elle nous invite à en contempler le modèle dans la premier»' et la plus parfaite de toutes les communautés, celle de Jésus, Marie Joseph*. Puis elle entre dans le détail et traite successivement de la pauvreté, de la simplicité, de la sobriété, de la chasteté, de l'humilité, de l'obéissance, de l'amour de la correction, du bon usage de la langue, de la nécessité de prendre conseil avant d'agir, de la charité fraternelle, de la patience et de la mansuétude, et finalement de la fidélité dans les petite- ch >ses<
La sainte Vierge conelut en nous exhortant à faire
1. « G'esl cel amour incomparable el cette charité ineffable que nous regardons et révérons spécialement en notre très honorée Dame »>l en notre très chère Mit-', c'est ce que nous entendons principalement par <<>n très saint Cœur. C'est sous cette qualité et sous ce glorieux titre de Mates pulchr.c dilectioitis, Meke d'amoub et de charité , que nous désirons honorer <•! Louer singulièrement cette Vierge très aimable et cette Mère admirable. La dévotion au T. 8. Cœur el au T. S. tfom de lu II. Vierge. (Mit. 4 663. p. 37 et 38. OEuvr* 9, loin. VIII. p. V.Vl.
de son divin Fils la règle vivante de notre conduite, et à marquer de son empreinte toute notre vie intérieure ei extérieure. En retour, elle nous promet de nous regarder comme les enfants de son Cœur, et de ik»u> donner en toute occurrence des marques de sa maternelle tendresse.
Nous n'avons fait que signaler les vertus dont il esl question dans la Règle de la sainte Vierge. Le lecteur étudiera par lui-même les enseignements qu'elle renferme sur chacune d'elles. Engénéral, le P. Eudes commence par en montrer l'importance, puis il indique la manière et les moyens de la pratiquer. C'est croyons-nous, tout ce que l'on peut dire de certain sur le plan des divers chapitres dont se compose la Règle de la sainte Vierge, et il faut faire la même observation relativement à la Règle de Notre-Seigneur. L'ordre logique dans lequel se présente, dans chaque chapitre, le détail des matières n'est pas toujours facile à saisir. Nous croyons même qu'on aurait tort d'y chercher un ordre bien rigoureux que le genre adopté par l'auteur ne comportait pas. Il est aisé, en effet, de disposer ses propres conceptions dans un ordre rigoureux; mais il n'en est pas de même quand on se borne à recueillir et à grouper, en leur conservant leur forme propre, les idées d'autrui. Par le fait même qu'il voulait faire de ses Règles un re- (iu il des maximes de la sainte Ecriture sur la vie chrétienne et sacerdotale, le P. Eudes se condamnait à des redites et à des lacunes incompatibles avec un ordre logique rigoureux1.
'• "'i a souvent exprimé le désir de posséder un commentaire -'•' •-• Noua pensons que ce commentaire existe depuis longtempi ce ion! nos Constitutions. En y joignant le Royaume le Mémorial de la vie ecclésiastique, le Bon confesseur et le Prédicateur apostolique, on a, au point de vue pratique, un ' ""m. .-ni aire complet des Règles. Faut-il réellement en désirer un autre ' Nom ne lé pensons pas. Nous croyons, au contraire
Primitivement, les Constitutions comprenaient douze parties, peut-être en honneur des douze Apôtres dont nous avons à continuer le ministère et à reproduire les vertus. On sait que, dans la division de ses ouvrages, le P. Eudes s'inspirait souvent de pense'es de ce genre. Plus tard, l'addition des règlements relatifs au collège de Lisieux porta à treize le nombre des grandes divisions de l'ouvrage. Dans ces treize parties, il est question de l'état et de la fin de la Congrégation, de la discipline générale, du règlement, de la pratique des vertus, du recrutement et de la formation des Jeunes, des œuvres de la Société, •et enfin de son organisation administrative. Etudions successivement chacune de ces questions. Ensuite nous dirons quelles sont les sources et quelle est la valeur des Constitutions.