‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 167 sur 480 · PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE I

S'il arrive quelque différend ou dissension entre quelques-uns, qu'ils se souviennent de ces paroles de l'Apôtre : Que le soleil ne se couche point sur votre colère \ et qu'ils ne laissent point passer la journée sans se réconcilier S'ils ne le font pas, que le Supérieur leur en fasse la correction, et qu'il les oblige avec charité et douceur de le faire au plus tôt. S'ils résistent et qu'ils s'endurcissent dans leur discorde, qu'on en avertisse le Supérieur de la Congrégation, lequel, après avoir employé tous les moyens possibles pour les remettre dans la charité, s'il n'y peut rien gagner, il retranchera de la Congrégation celui qui se sera déclaré ennemi de la paix.

Quand quelqu'un sentira en soi quelque aversion ou froideur au regard d'un autre, qu'il prenne bien garde de ne s'y laisser pas aller, ni de rien dire, ou rien faire, ou rien omettre par ce principe ; mais qu'il ne cesse de combattre ces mauvais sentiments, par actes intérieurs et extérieurs de charité, jusqu'à ce que il les ait vaincus.

Que cette défense du Saint-Esprit : Nihil per contentionemi, soit observée très exactement en tout lieu et en toute occasion, mais spécialement au temps de la conversation : là où le Supérieur ou celui qui tiendra sa place aura grand soin d'empêcher toute sorte de contestation, laquelle on doit toujours éviter très soigneusement, même en choses légères.

La diversité des sentiments, tant sur les choses de spéculation que sur celles de pratique, étant pour l'ordinaire la mère de la discorde et l'ennemie de l'union des volontés, tous s'efforceront de l'éviter autant qu'il leur sera possible, et de se garder de L'attache à leur propre Becs, comme d'une peste très pernicieuse de la paix et <!<' la concorde, y renonçant volontiers pour se conformer à celui d'autrui, que nous devons préférer au notre, pour

1. « Sol non occidat super iracandîam veslram. » Eph. IV, '26.

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