PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE I
On aura grande civilité et respect les uns vers les autres, mais simplement, sans façon et sans affectation, bannisssant entièrement tous les compliments, cérémonies et manières de parler du monde.
Quand on se rencontrera, on se découvrira pour se saluer mutuellement avec respect et charité.
Quand quelqu'un partira pour aller loin, ou pour être quelque temps absent, ou qu'il reviendra, chacun le saluera, non pas en le baisant, mais en l'embrassant avec modestie, l'un disant ces paroles : Béni soit Notre-Seigneur; et l'autre repondant: Et sa très sainte Mère: et tous deux étant à genoux.
Trois fois par an, à savoir : 1. lorsqu'on fera le changement des offices ; 2. à la fin de la conférence qui se fera pour se préparer à la fête du très saint Cœur de la bienheureuse Vierge ; 3. à la fin de celle qui précédera la fête du très saint Sacrement pour la même fin, on s'embrassera tous les uns les autres en la manière susdite, l'un disant ces paroles : Diligamus invicem ; et l'autre répondant: Sicut Chrislus ditexit nos'. Et cela se fera pour renouveler et augmenter l'esprit de charité.
Lorsqu'un Supérieur sera établi, il embrassera ainsi tous ses frères. Mais, soit en cette occasion ou en quelque autre, quand un Supérieur embrassera quelqu'un de ceux qui seront sous sa charge, il dira lui seul ces paroles, étant à genoux avec l'autre : Nos cum proie //ia t><iu>dicat Virgo Maria \ et l'inférieur répondra : Amen.
Les prêtres et clercs de la Congrégation auront aussi grande charité pour les frères domestiques, les regardant et traitant comme membres d'un même corps, leur parlant toujours avec bénignité et mansuétude. Et les frères traiteront les prêtres et clercs avec beaucoup d'affection, de respect et d'humilité *.
1. Cette dernit'-re phrase a été ajoutée sur le manuscrit, et elle est de l'écritare de M. Hlouet. successeur du P. Eudes.
Surtout on aura un soin extraordinaire des malades, pour les assister spirituellement et corporellement, et pour n'oublier rien de tout ce que l'on pourra faire afin de les soulager, et même de les récréer et réjouir modestement et chrétiennement.
On aura aussi un respect et une charité très particulière pour les personnes avancées en âge, spécialement pour celles qui auront consommé leur vie au service de la Congrégation. Les Supérieurs en auront un grand soin, les préviendront en leurs besoins, et prendront garde qu'on ne les contriste en aucune chose.
En cas de contagion, ceux des nôtres qui en pourraient être frappés seront assistés soigneusement dans nos maisons mêmes, en quelque endroit séparé, selon la commodité du lieu, où ils seront servis et secourus fidèlement.
Le Supérieur leur doit l'assistance spirituelle, si ce n'est que quelqu'un des nôtres s'offre volontairement pour leur administrer les sacrements et les assister en l'agonie, ou qu'il ait présent quelque moyen suffisant et agréable au malade, pour leur rendre ce qu'un vrai pasteur doit aux âmes qui lui sont commises : auquel cas il se doit conserver pour la Communauté et pour les devoirs de sa charge.
S'il arrivait que lui-même en fût affligé, l'Assistant, si quelque autre ne se présente, lui rendra ces devoirs de charité.
Quand quelqu'un sera malade avec quelque péril, le Supérieur aura soin de le disposer de bonne heure à se confesser et communier, et à recevoir le saint Viatique et l'Extrême-Onction, quand le danger sera plus évident. Et en ce cas, il n'omettra rien de tout ce qu'il pourra faire, tant par lui-même que par ceux qu'il jugera à propos d'employer à cela, pour lui aider à mourir chrétiennement. Et pour cet effet, il se servira de ce qui est écrit sur ce sujet dans le livre du Royaume de