PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE IV
Ainsi, par cette mutuelle correspondance et liaison qui sera entre les inférieurs et leurs Supérieurs, et entre les Supérieurs subalternes et le premier Supérieur, il y aura une si parfaite union entre tous les membres de la Congrégation, moyennant la grâce et la bénédiction de celui qui en est le chef primitif, qu'ils ne seront tous qu'un corps, qu'un cœur et qu'une àme.
Les amitiés particulières étant la peste de l'union et de la charité commune qui doit être entre les membres d'un même corps, et une source de singularités, de murmures, de cabales, de brigues, de divisions et de plusieurs autres désordres, les Supérieursauront grand soin de les rompre, dissiper et étouffer dans leur naissance ; et chacun s'en gardera comme d'une chose très pernicieuse, et s'étudiera d'aimer cordialement tous ses frères, sans se lier ni attacher à aucun en particulier.
On évitera aussi, tant qu'il sera possible, la différence des opinions en matière de doctrine, spécialement en ce qui regarde la théologie, tant scolastique que morale ; parce que cette diversité est pour l'ordinaire la sourcv de mille contestations, et la ruine de la charité et de la paix. Voilà pourquoi, dans toutes les matières théologiques, tous les enfants de la Congrégation embrasseront unanimement, tant en leurs discours et entretiens familiers, qu'en leurs prédications, catéchismes et conférences, comme aussi en leurs écrits, la doctrine qui sera la plus approuvée, la plus sûre et la plus conforme aux maximes de l'Évangile : en sorte que tous aient les mêmes sentiments et parlent un même langage, même dans les eàoeee où les docteurs catholiques auront des opinions différentes.
On n'admettra jamais dans la Congrégation aucunes nouvelles opinions, spécialement quand eJBes ^éloigneront tant soit peu des sentiments ODfltmmM ie FÊglise.
S il se trouvait quelqu'un, dans la Congrégation, qui fut cause de mettre de la division ou dissension entre les
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membres d'un même corps, ou entre le chef et les membres, on l'en séparera promptement comme une peste très dangereuse ; ou du moins on le changera de lieu, s'il y a apparence d'amendement. Mais si Ton voit qu'il ne se corrige point, on le retranchera tout à fait et au plus tôt.