PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE V 'l'l
Tous les Supérieurs de chaque maison écriront deux fois par an au Supérieur de la Congrégation, sans parler des occasions qui les pourront obliger d écrire extraordinairement ; et voici ce qu'ils écriront :
1. Chaque Supérieur écrira l'état de sa maison en ce qui est du spirituel et du temporel ; les choses principales qui s'y sont passées, et dans le pays où il est, depuis ses dernières lettres, spécialementcelles qui peuvent donner quelque édification et consolation ; de quelle façon les règlements sont gardés ; si les exercices de l'oraison, des entretiens et conférences, et des humiliations se font fidèlement ; si Ton visite les pauvres de l'hôpital ■et de la prison au vendredi ; si on donne à dîner à quelqu'un au réfectoire en chaque semaine ; si on lave la vaisselle à la cuisine au samedi ; si on prêche ; si on catéchise ; si l'on est assidu à entendre les confessions ; s'il y a quelques malades dans la maison, et comme ils sont assistés; si l'on souffre quelques traverses et contradictions : mais sur ce point il faut bien se garder d'écrire aucune plainte, ni invecti\e, ni rien qui ressente l' impatience, l'aigreur et le défaut de charité au regard de ceux qui nous traversent ; mais seulement 1 état des choses, et dans les termes les plus charitables que l'on pourra.
2. Il écrira l'état des personnes en particulier : ceux qui sont les plus exacts et fidèles en l'oraison et aux autres exercices, et à suivre les ordres de la Congrégation ; ceux qui le sont moins, et ceux qui les négligent tout à fait; ceux qui excellent en l'humilité, ou en I obéissance, ou en la charité fraternelle, ou au zèle du salut des âmes. Enfin, il écrira de telle sorte, qu'il rende L'état de la maison et des personnes comme présent devant les yeux du Supérieur de la Congrégation.
W. Quand il décédera quelqu'un, il le fera savoir au plus tôt, tant au même Supérieur qu'aux autres Supérieurs particuliers, afin que l'on fasse pour lui les prières ordonnées en cette occasion. El au même t « * i n i > — il écrira
aussi quelque chose des vertus qui auront excellé dans le défunt, et de ce qui se sera passé en sa maladie et eti sa mort, dont on pourra tirer quelque édification ou consolation.
i. Il écrira les dons et les faveurs qui se feront à la maison, spécialement celles qui seront considérables ; avec les noms, surnoms, et qualités des personnes à qui on en sera obligé.
5. Outre cela, afin que le Supérieur de la Congrégation connaisse plus parfaitement tous ceux qui sont sous sa conduite, chaque Supérieur particulier lui enverra tous les ans, à la fin du mois de janvier, un catalogue dans lequel seront écrits tous ceux qui seront en sa maison, tant prêtres que clercs et frères domestiques, le nom et surnom d'un chacun, son pays, son âge, ses forces, ses études, le temps de sa réception dans la Congrégation, les emplois qu'il y a eus, ses qualités, ses talents, son esprit, son jugement, sa prudence, son expérience, son humeur et sa complexion naturelle, son progrès dans la piété et dans la vertu, son affection au regard de la Congrégation, et auxquelles de ses fonctions il est propre. Et il écrira ces choses après les avoir mûrement considérées devant Dieu, et avec toute la vérité, sincérité et simplicité qu'il lui sera possible, sans passion ni exagération, et en peu de paroles.
Le Assistants de chaque Supérieur écriront au Supérieur de la Congrégation, du moins deux fois par an, à savoir : sur la fin des mois de janvier et de juillet, ce qui leur semble dumême Supérieur et de sa conduite dans l'administration de sa charge, et de l'état de la maison, et s'il fait rien contre les Constitutions. Mais ils prendront bien garde de faire ceci avec grande sincérité, sans aucune amplification ni diminution delà vérité, se dépouillant de tout respect humain et de toute passion, et n'écrivant qu'après avoir considéré soigneusement les choses en la présence de Dieu, et demeurant toujours après cela dans