Constitutions, p. ~. Prologue. — ±. Ibid., ch
3. V<.ir -m- ces essais infructueux, Letoumeau, l.n mission de J.J. Olier et la fondation des Grands Séminaires en France, p. 4. ch. 2.
i. <■ C'esl ainsi que sainl \ incent <!<■ Paul, par une application plus intelligente (les ordonnances du sainl concile de Trente, établissait désormais entre les grands et Les petits S< minaires, cette distinction >i nécessaire et >i féconde qui devait assurer le succès el la prospérité des uns el des autres. On a <lit <i"(' ce lut Là "// coup de maître. Il sérail plu- exacl el | Lus conforme à l'esprit qui ;i ni h i,i il notre Saint, de dire que ce lui Là ></< <>>ujI de la Providei S. Vincent de Paul et le Sa par un prêtre de la Mission,
'. i RÈGLES ET CONSTITUTIONS
fondés par eux ou par leurs disciples donnèrent, dès le début, les meilleurs résultats, etjusqu'à la Révolution de 178!), qui les supprima, ils allèrent toujours en progressant. Il y eut toutefois cette différence entre saint Vincent de Paul et ses deux émules, que le Saint ne tarda pas à compléter son œuvre première par la fondation de ce que nous appelons aujourd'hui des « Petits Séminaires », tandisquelc P. Eudes et M. Olier restreignirent leurs efforts à la formation professionnelle du clergé1.
p. ■!■','. 238* Paris, L900. La Providence inspira ce coup de maître au P. Eudes et à M. «Hier en même temps qu'à S. Vincent de Paul. 1. Toutes les pièce- relatives à l'origine de la Congrégation, aussi bien que le texte des Constitutions, montrent que le P. Eudes n'avait en vue. dans la fondation des Séminaires, que la formation :lercs aux vertus et aux fonctions sacerdotales, à l'exclusion de leur préparation littéraire, à laquelle il croyait que les collèges existants, et notamment ceux que dirigeaient avec tant de succès les Pères Jésuites, suffisaient pleinement. Témoin, entre autres preuves ce passage d'un Mémoire adressé par le Vénérable à l'archevêque de Rouen, en 1647 : « Comme il y a deux parties en blissemenl des Séminaires ecclésiastiques, l'une d'un collège pour enseigner la jeunesse, l'autre des exercices et instructions cléricales el la pratique îles dites fonctions dans l'emploi des Misigneurs les Prélats ayant maintenant assez de commodité des collèg< -, et vous. Monseigneur, ayant établi l'école épiscopal dans voire métropole, les susdits prêtres du Séminaire eroi.nf satisfaire suffisamment au surplus en vous priant de continuer eei Institut provincial, et d'agréer que l'hiver ils vaquent ;illx -, et l'été aux missions. » Cité parle P. Boulay, Vie du
1 ' p. 295. Dans la suite, les Eudistes acceptèrent, à Rennes
leurs, des établissements qui reçurent le nom de Petits Séminaires; mais <pii différaient notablement de nos Petits Séminaires actuels Ils étaient destinés aux « pauvres clercs » que l'on prête saint ministère dans les paroisses de .la cam- "■■ Voici l'idée que nous en donne le P. Costil, Annula*, U, ;:" l'ourle spirituel les pauvres clercs pratiqueront les qu'on l'ail aux riches dans les grands Séminaires. n" I "'•<• une communauté pour les philosophes et les théo-
el une mire pour les troisièmes, humanités et rhétoriciens. On leur fera porter le sur pli? dans une paroisse, et on leur appréciant et les autres choses qu'on enseigne dan- les autres Par le moyen de ces académies, on formera des oupour toutes sortes d'emplois; car. étante» phi-
Il s'en faut, d'ailleurs, que les Se'minaires du P. Eudes, et en général les Séminaires du XVIIe siècle, fussent de tous points identiques à nos grands Séminaires actuels. D'abord, les clercs n'y venaient guère qu'à l'approche des ordinations, pour se préparer immédiatement à la réception des saints Ordres. De plus, on y recevait, avec les ordinands, des prêtres récemment pourvus d'un bénéfice, ou sur le point de s'engager dans le saint ministère, afin de leur apprendre la manière de bien accomplir les fonctions sacerdotales. On y recevait également les prêtres qui venaient y faire les exercices de la retraite, ainsi que les étudiants qui suivaient les cours des facultés de théologie '.
D'ordinaire, en effet, du moins au début, on n'enseignait point la théologie dans les Séminaires. On ne visait qu'à former les clercs à l'esprit et aux vertus de leur état, et à leur apprendre les cérémonies, le plain-chant, les cas de conscience, et la manière de prêcher et de faire le catéchisme. On y ajoutait l'explication du Nouveau Testament et des Psaumes, dont l'intelligence aide à réciter pieusement le saint Office ; mais on s'en tenait là2. C'était, on le voit, une formation toute pratique, et il n'en pouvait être
losophie, on leur apprendra à l'aire le catéchisme ; en théologie, on leur fera faire un prône, un sermon, une conférence de piété : sur la fin. on leur apprendra la controverse, les cas de conscience, l'administration des Sacrements... Les pauvres clercs, enfants de paysans, tarderont l'habitude de vivre pauvrement, de se nourrir de pain bis, de lard, de Légumes, ete... et seront parce moyen pindisposés à desservir les pauvres paroisses de La campagne, où il n y a que deux on trois cents livres de rente, et qu'ils refusent quand ils sortent des grands Séminaires où l'on mange du pain bJanc, du bouilli, du rôti. etc... » On le voit, es Séminaires de pauvres cleics recevaient à Lafois des humanistes et des théologiens, qui pourtant formaient d'ordinaire deux communautés distinctes. Sur ces établissements, voir Costil, Annales, 11, p. 30, 152, 256, etc.
1. Constitutions, p. 7. eh. i. — 2. Constitutions, p. 71 eh. 2.
autrement à cette époque, parce que les clercs, habitués à vivre dans leur famille, tenaient à ne faire qu'un courl séjour au Séminaire, et que, d'autre part, ils trouvaient dans les facultés de théologie l'enseignement dont ils avaient besoin. On verra cependant que, dos L'origine, le P. Eudes avait l'espérance qu'on arriverait un jour à enseigner la théologie dans les Séminaires, et peu à peu on y arriva effectivement, même avant la suppression des facultés de théologie par la Révolution.
Entendue comme elle Tétait à l'époque du P. Eudes, la direction des Séminaires n'exigeait pas un personnel bien nombreux. Dans les Séminaires fondés par le Vénérable, elle était surtout l'œuvre d'un Préfet, qui était chargé de veiller sur les Séminaristes, de présider tous leurs exercices, de les former à la piété età la vertu, de les instruire de leurs devoirs, de les corriger de leurs défauts, en un mot d'en faire de saints prêtres. Dans les Constitutions, le Vénérable a grand soin de relever l'importance de cette charge, et il prie ceux de ses enfants à qui elle sera confiée, de s'y donner entièrement, et de ne rien omettre pour s'en acquitter en perfection. Il leurrecommande tout particulièrement de s'efforcer de ga- n i I.- cœur des Séminaristes par leur mansuétude et leur débonnaireté, et de leur témoigner en toute occasion beaucoup de charité et de cordialité, « afin, dit-il, d<- les disposer parce moyen à recourir à eux avec confiance, et à faire bon usage de leurs enseignements. ' »
La huitième partie d<-s Constitutions traite des Missions qui sont, comme on le sait, la seconde fin de la Congrégation. Au temps du Vénérable, Forga-
] . ( on t'tution . p, , ch. :;.
nisation des Séminaires permettait à ses enfants d\ travailler une bonne partie de Tannée l, et l'on sait avec quel zèle etquels succès prodigieux il y travailla lui-même jusqu'à la fin de sa vie. On trouvera dans les Constitutions les règles pratiques qu'il suivait dans ces pieux exercices. On remarquera qu'elles tendent à la fois à maintenir parmi les Missionnaires toute la régularité compatible avec leurs laborieuses fonctions, et à leur inspirer à l'égard des peuples un zèle animé par la plus miséricordieuse charité, mais réglé toutefois par une sainte prudence.
Les Collèges ne rentraient pas dans les fins de la Congrégation de Jésus et Marie, et le P. Eudes ne se souciait pas d'en accepter la direction. Ce n'est qu'après bien des hésitations, et peut-être [tour ne •pas se voir obligé de renoncer à la fondation du Séminaire de Lisieux, qu'il consentit à se charger du Collège de cette ville; et il entendait bien n'en accepter aucun autre dans la suite, comme il le déclare formellement dans les Constitutions. C'est pour cela que, dans les règles relatives à cet établissement, il parle toujours « du Collège > , et non « des Collèges » , alors qu'il n'hésite pas à parler « des Cures », dont plus tard la Congrégation pouvait être amenée à se charger.
Dans la pensée du P. Eudes, la direction du Collège de Lisieux devait permettre à la Congrégation d'occuper les jeunes confrères qui n'avaient pas encore reçu l'onction sacerdotale, et <in même temps de les exercer à la pratique de l'apostolat, en attendant qu'on pût les employer aux œuvres propres de L'Institut. Le Vénérable recommande au Supérieur
i. C'est sans doute pour cela qu'à Coutances on désignail les Eudistes sous le nom de Missionnaires t et que à Caen, le peuple appela leur premier établissement Le Mission. »
du Séminaire, qui était en même temps le Supérieur du Collège, «l'en prendre un soin spécial, afin de les maintenir dans l'esprit et les vertus de leur vocation; et, dans Les règlements particuliers qu'il leur donna, |u'il leur recommande le plus, c'est de rester fidèles aux observances communes, et de viser avant tout, dans l'exercice de leurs fonctions, à former de solides et fervents chrétiens.
Hormis le règlement des pensionnaires, les règles du Collège de Lisieux sont rédigées en latin. Le Vénérable e» emprunta le plan, et même, dans une large mesure, le texte aux règles que suivaient les Pères de l'Oratoire dans la direction de leurs Collèges1. Il les compléta toutefois par un bon nombre de prescriptions nouvelles, qui lui furent suggérées par sa piété et son expérience, ou parce qu'il avait vu taire autrefois chez les Jésuites de Caen.
Pas plus (jue les Collèges, les Cures ne rentraient dan- les lins de la Congrégation de Jésus et Marie. Aussi le P. Eudes veut-il qu'on n'en accepte que pour des raisons très importantes, et seulement dans les localités où la Congrégation sera établie, de manière que le curé puisse à la fois garder la résidence el jouir des avantages de la vie de communauté.
6 — Organisation administrative : L'Assemblée générale. — Le Supérieur général. — Les Supérieurs particuliers. — Les Officiers de chaque maison.
Dana la Congrégation de Jésus et Marie, l'autorité es| partagée entre l'Assemblée générale, le Supérieur
Qéral ei les Supérieurs particuliers, de telle maaière que les Supérieurs particuliers aient beaucoup de pouvoir sur leurs inférieurs, le Supérieur général
•• Cf. CE '•■ JjréruUe, Migae, col. 1G69.
sur les Supérieurs particuliers, et la Congrégation sur le Supérieur général, « afin, dit le P. Eudes, que celui-ci et ceux-là aient tout pouvoir pour faire le bien, et que, s'ils font mal, ils soient pleinement assujettis à une autorité qui les puisse réprimer et corriger '. »
La partie dixième des Constitutions détermine les attributions de l'Assemblée générale ; la onzième, celles du Supérieur général ; et la douzième, celles des Supérieurs particuliers.
En voici la substance.
L'autorité suprême réside dans l'Assemblée générale, qui représente la Congrégation et se tient régulièrement tous les trois ans. Elle doit être convoquée par le Supérieur général, et, à son défaut, par son Vicaire ou son premier Assistant. Le Supérieur général et ses Assistants en font partie de droit. L'Assemblée se compose en outre, des Supérieurs particuliers et d'un député élu par chaque maison. Au cas pourtant où la Congrégation deviendrait très nombreuse, tous les membres de l'Assemblée, sauf le Supérieur général et ses Assistants, seraient soumis à l'élection dans des conditions déterminées avec beaucoup de précision par les Constitution*.
Le Supérieur général est de droit le premier Officier de l'Assemblée, et, à ce titre, il en préside les séances. Les autres officiers sont nommés par l'Assemblée elle-même à la pluralité des voix. Ce sont les trois Consultants et les deux Secrétaires. Les Consultants reçoivent les motions présentées par les particuliers, et, après les avoir examinées de concert avec le premier Officier, il les proposent à l'Assemblée ou les écartent, selon qu'ils le jugent à pro-