‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 20 sur 480 · Constitutions, p. lu, ch · texte numérisé non relu

Constitutions, p. lu, ch

ix — 4

pus. Les motions écartées par eux ne peuvent être présentées en séance qu'avec la permission expresse du premier Officier, sauf toutefois à la dernière séance, où chacun a la liberté de proposer toute motion qu'il jugera bon. Le Secrétaire, assisté dans ses fonctions par un secrétaire adjoint, est chargé de la iv.lactiondes actes. Bien que présidentde l'Assemblée, ^Supérieur général est entièrement soumis à son autorité, et il est obligé de suivre la pluralité des voix en toute chose. Sa voix cependant compte pour deux.

Les pouvoirs de l'Assemblée sont très étendus.

C'est à elle qu'il appartient de nommer le Supérieur général et ses Assistants. Le Supérieur général e*1 nommé à vie, mais ses Assistants ne le sont que pour trois ans, et ils ne peuvent être élus plus de deux fois de suite. L'Assemblée générale a, de plus, la mission de contrôler l'administration du Supérieur général e1 deses Assistants, et, quand elle le fait, ils quittent la salle des séances, afin qu'elle jouisse de la plus entière liberté. Dans quelques cas extrêmes, L'Assemblée peut même déposer le Supérieur général et en élire un autre.

Au point de vue législatif, l'Assemblée peut modifier les constitutions relatives aux choses extérieures et temporelles, pour les mettre en harmonie avec les exigences variables des temps et des lieux. Elle peut au — i faire des règlements nouveaux, et il n'y a qu'elle qui puisse en taire de durables. Ceux qui seraient portés par fe Supérieur général, dans l'intervalle d'une Assemblée à l'autre, n'auraient qu'une valeur provisoire : ils devraient être soumis à l'Assemblée suivante, qui pourrait, à son gré, les confirmer ou les rendre eaducs '.

i En ce qui concerne L'organisation et les attributions des Assemblées générales, I»; P. Eudes a adopté les règles de l'Oratoire. urd. Perraud a fait ressortir le contraste piquant qu'elles pré-

Sous le contrôle de l'Assemblée générale, le Supérieur général est chargé du gouvernement de toute la Congrégation. Son autorité est considérable, et c'est pour quelle fût plus forte, que le P. Eudes a décidé qu'il serait nommé à vie. Personne ne peut être admis à la probation, ni incorporé, encore moins renvoyé, ne fût-il que novice, sans son consentement. C'est à lui qu'il appartient d'accepter des établissements nouveaux, de nommer et de déposer les Supérieurs particuliers, d'établir le personnel de chaque maison, de faire la visite annuelle, et d'accorder toutes les permissions et dispenses de quelque importance. Il est aidé dans son administration par les Assistants que lui donne l'Assemblée générale. Le P. Eudes en fixa le nombre à trois. Us ont voix décisive avec lui dans les questions d'ordre temporel ; mais dans toutes les autres ils n'ont que voix consultative, parce que, dit le Vénérable, « quoiqu'il soit bon de limiter beaucoup le pouvoir du Supérieur

sentent avec les tendances politiques de l'époque. <« G est dans le premier tiers du XVIIe siècle, dit-il, lorsque partout le pouvoir devient plus centralisateur, l'exercice de l'autorité plus immédiat, la part des inférieurs plus petite : lorsque le système de Richelieu prélude à celui de Louis XIV; à la veille du jour où la France éblouie de gloire pardonnera au grand Roi d'oser dire : « l'Etat, c'est moi » ; au commencement de cette longue période de cent soixante-quinze-ans. durant laquelle la représentation nationale des Etats généraux sera totalement suspendue, et où, depuis ceux de 1614 jusqu'à ceux de 118'.». il oe sera plus permis à la France de faire entendre sa voix à ceux qui la gouvernent, ni de profestëi contre les guerres fatales où on l'entraîne, ni de se plaindre des impôts dont on l'écrase, ni d'arrêter par le contrôle de ses représentants la dilapidation de ses finances: c'est en ce temps que les fondateurs de l'Oratoire lui donnent une constitution où se trouvent si scrupuleusement ménagés les droits de tous, où les supérieurs ont le devoir de s'enquérir de l'opinion des inférieurs, ou L'autorité enfin est appelée à rendre un compte périodique de ses actes, et à se dessaisir de son pouvoir en présence d'un pouvoir plus haut, qui est celui de la Congrégation elle-même représentée par ses députés ». L'Oratoire de France, p. 93. 94.

général dans les choses temporelles, il est convenable de lui en donner davantage pour les spirituelles, qui regardent la conduite intérieure des esprits et leur avancement dans les voies de la grâce et de la perfection1.

Chaque communauté est gouvernée par un Supérieur particulier, qui est chargé de l'administration temporelle et spirituelle. 11 est aidé dans ses fonctions par deux Assistants, un Moniteur, un Économe, et, dans les Séminaires, un Préfet, qui tous sont nommés par le Supérieur général. Les Assistants, comme ceux du Supérieur général, ont voix décisive dans les questions matérielles, et voix consultative seulement en tout le reste. Les Supérieurs particuliers doivent tenir le Supérieur général au courant de la marche de leur communauté, et même, dans les questions importantes, par exemple, quand il s'agit de vendre ou d'acquérir un immeuble, de bâtir ou de démolir, de prêter ou d'emprunter une somme notable, ils doivent recourir à son autorité pour obtenir une autorisation écrite.

Le P. Eudes veut que le Supérieur général et les Supérieurs particuliers se regardent comme les serviteurs de ceux qu'ils ont à gouverner, qu'ils leur donnent l'exemple en toute circonstance, et qu'ils les conduisent plus « par charité que par autorité, par prières que par commandements, par douceur que par rigueur, parespritde mansuétude que par esprit de domination et d'empire », en un mot qu'ils se comportent à leur égard, «non comme un maître sévère, mais comme un père plein de bénignité et de cordialité *. »

La treizième et dernière partie des Constitutions 1 ( otutitutionSi p. Il, ch. 4. — 2. Constitutions, p. 12, ch. 3.

contient les règles à observer par les divers officiers de chaque maison. Le P. Eudes y passe en revue tous les emplois, et il entre dans des détails minutieux sur la manière de les bien remplir. Il serait trop long d'en donner l'analyse. Disons seulement que nulle part l'esprit pratique du Vénérable ne se révèle d'une manière plus complète, et que l'exacte observation de ces règles aurait pour effet d'établir, en chaque maison, un ordre parfait en même temps qu'une sage économie. C'est à la lin de cette treizième partie que le P. Eudes a placé les Règles particulières des Frères domestiques et du Directeur chargé de les conduire.

Page 1