PARTIE CINQUIÈME. — CHAPITRE
ni en mal : ni de nos parents, ni des choses qui nous appartiennent.
Ne désapprouver point ce que les autres font ; mais le louer, pour peu de bien qu'il y ait.
Ne contrôler point 1rs actions d'autrui ; et ne dire jamais rien au désavantage de personne.
Nous réjouir humblement quand on désapprouve ce que nous faisons, et le désapprouver avec les autres.
Estimer plus toutes les autres Congrégations que la nôtre, quoique nous la devions plus aimer que les autres, parce que Dieu nous y a appelés et qu il nous Ta donnée pour notre mère1.
Nous réjouir quand les autres Communautés sont plus louées que la nôtre, désirant qu'il ne paraisse rien en nous que notre bassesse et abjection.
Être toujours dispose à suivre l'obéissance en toutes choses : et à obéir promptement, gaiement et avec une entière soumission, non seulement de volonté, mars aussi d'esprit et de jugement.
Aimer d'être tenu pour inutile dans la maison, et de n'y être employé qu'en des choses basses et viles, pourvu que cela ne procède pas de découragement, mais de l'amour de l'humiliation et de notre abjection.
1. « Les filles de la Visitation parleront toujours très humblement de leur petite Congrégation, et préféreront tontes les autres à ieelle quant à l'honneur et estime : et néanmoins la préféreront aussi à toute autre quant à l'amour, témoignant volontiers, quand il se présentera l'occasion, combien agréablement «-lies viventen cette vocation. Ainsi les femmes doivent préférer leur mari à tout autre, non en honneur, mais en aflection : ainsi chacun préfère son paya aux autres, et chaque nocher chérit plus le rais seau dans lequel il vogue que les autres, quoique plus riches et mieux fournis. Avouons franchement que les autres Congrégations sont meilleures, plus riches et plus excellentes, mais non pas pourtant plus aimables ni désirables pour nous, puisque Notre-Seigneur a voulu que ce fut notre patrie et notre barque, et que notre cœur fûl marié à cet institut : suivant le dire decelui auquel on demanda quel était le plus agréable séjour et le meilleur aliment pour l'enfant : « Le sein, dit-il, et le lait de sa mère ». S. François de Sales, Entretien sur l'obligation de» Conttitu tiùMë.
Manifester naïvement son bien et son mal à son Supérieur.
Aimer et embrasser de bon cœur l'abjection et la confusion qui procèdent de nos fautes, quoique nous les devions détester.
Ne nous étonner ni décourager pas de nos manquements ; car cet étonnement procède d'ignorance, ne connaissant pas notre faiblesse et misère ; et Je trouble que nous en recevons provient bien souvent de notre orgueil.
Tâcher de regagner par humilité ce que nous avons perdu par notre Jâcheté.
Ne désirer point d'être aimé particulièrement ; car ce désir procède de l'estime de nous-mêmes, et l'effet donne des vaines et inutiles complaisances.
Ne vouloir que les choses communes, et non aucunes particularités, soit au corporel, soit au spirituel ; car cela vient encore de l'estime que nous faisons de nousmêmes.
Fuir, comme le poison de l'humilité, le parler hardi et hautain, qui marque un homme de naissance ; le parler grave et magistral, qui ressent l'autorité ; le parler exquis et relevé ; le parler qui nous fasse estimer comme un homme saint, ou docte, ou de grand esprit, qui a été honoré au siècle, employé en affaires d'importance, familier des grands, aimé des gens de bien, ou doué de quelque autre avantage.
Nous accuser continuellement nous-mêmes, en notre cœur; censurer et contrôler toutes nos actions comme étant pleines d'imperfections; et avoir un mépris perpétuel et une haine implacable contre nous-mêmes, nous étonnant de ce que les autres nous peuvent supporter, et de ce que toutes les créatures ne s'élèvent contre nous pour nous écraser, à cause de toutes les injures que nous avons faites à leur Créateur.
Ne mépriser ni contrister jamais aucun, pour petit et abject qu'il soit, ni de fait, ni de parole, ni de contenance.