PARTIE CINQUIÈME. — CHAPITRE III
quelque part pour quelque sujet que ce soit, ou de faire quelque autre chose ; mais chacun s'abandonnera entièrement à la très adorable volonté de Dieu, lui laissant une pleine et absolue liberté de disposer de lui, en la manière qui lui sera la plus agréable, par celui qui lui tient sa place ; entre les mains duquel il doit être comme le bâton qui est en la main d'un vieillard, qui le porte là où il veut, le met là où bon lui semble, et en fait tout ce qui lui plaît1. Ce qui n'empêche pas néanmoins qu'on ne puisse proposer ses pensées et inclinations aux Supérieurs, pourvu qu'on le fasse avec simplicité, dégagement et soumission.
On ne fera point de prédication, ni de catéchisme, ni d'étude notable sans permission.
Outre les jours ordinaires de la sainte communion, personne ne communiera sans la même permission.
On ne fera imprimer aucun livre, sans en avoir la permission par écrit du Supérieur de la Congrégation, qui commettra deux personnes intelligentes pour les lire et pour lui en faire le rapport
On ne fera point de voyages, et on n'ira point d'une ■maison de la Congrégation à une autre, sans obéissance; et on n'y sera point reçu, si on ne la porte par écrit, soil de la part du Supérieur de la même Congrégation, quand c'est un long voyage, ou que l'on va dans une mai-nu pour un temps notable ; soit de la part de son Supérieur particulier, quand le voyage est court ou que l'on va dans une maison pour y être peu de temps.
Quand plusieurs doivent aller ensemble par le chemin, ^e Supérieur de la maison d'où ils partent établira 1 un
1. « Sil)i quisqne persuadent qaod qui sub obedientia \i\ uni. se ferri ac régi a divin.i Providentiu per superiorea iuos, sinere debent,
perinde ac si cadaver essent, qimd qaoqaoveraos, «t quacumque ratione tractari se >init : vl ii militer atque s,>nis bacalat,qui obicom«
que, et quacumque in re relit »'<> Uti, qui ciiiu manu lenet. ei ioser- \i(. » Con$t. Soc. Jcsti, p. (i, c. 1, n. 1.
d'entre eux pour avoir soin des autres, auquel ils obéiront comme à leur Supérieur.
On ne donnera point de chambre à ceux qui surviennent dans une maison, quels qu'ils soient, que par Tordre du Supérieur.
On n'usera point de médecines, ni de saignées, ni d'autres remèdes, sans la permission du Supérieur ; et on ne se servira point d'autres médecins, ni chirurgiens, ni apothicairesque de ceux qui seront employés par la Communauté, si ce n'est par la même permission.
Personne ne pourra vendre, échanger, acquérir ou faire autres affaires temporelles de conséquence qui le concernent en son particuliers, sans en donner connaissance au Supérieur de la maison où il est, qui prendra garde que la bonne odeur de Jésus Christ, que tous les enfants de la Congrégation doivent porter partout, n'y soit point intéressée.
Personne ne pourra aussi entreprendre de procès pour ses affaires particulières, ni se mêler des affaires séculières, soit pour lui, soit pour autrui, sans avoir pris l'avis et le consentement du Supérieur, qui ne le donnera que le moins qu'il pourra, et même après en avoir écrit au Supérieur de la Congrégation, quand la chose sera de grande importance.
Étant avec son Supérieur, lorsqu'il fera quelque visite ou qu il parlera à des externes, on gardera le silence, ou du moins on parlera peu et avec respect, en la présence de celui qui tient la place de Dieu.
On ne donnera point d'instructions spirituelles par écrit, ni aux externes, ni à ceux de la maison, qu'avec la licence du Supérieur.
On ne s'absentera point des assemblées de communauté, comme du chœur, des conférences, du réfectoire, de la conversation et autres semblables, sans permission ; et y étant, on n'en sortira point aussi sans licence, si ce n'est pour quelque nécessité urgente.