PARTIE CINQUIÈME. — CHAPITRE III
Oa ne prendra ni meubles, ni livres, ni autres choses quelconques dans les chambres des autres, ni en quelque lieu que ce soit de la maison, pour les mettre ailleurs ou pour s'en servir, sans la permission du Supérieur ou de ceux qui ont la charge de ces choses, si ce n'est pour très peu de temps et en sorte que personne n'en puisse être incommodé.
Personne ne s'ingérera dans l'office d'un autre, si ce n'est par la permission du Supérieur, ou par le consentement de celui qui exerce cet office, et pour lui aider s'il est nécessaire.
On n'ira point dans les offices, comme dans la dépense, dans la cave, dans la cuisine, dans la lingerie, etc., qu'avec permission du même Supérieur, ou pour quelque nécessité pressante.
On n'emploiera point les tailleurs, ou couturiers, ou cordonniers, ou autres ouvriers qui travaillent dans la maison ou pour la maison, que par l'ordre du vètier dans les choses qui dépendent de son office, ou de l'économe dans les autres choses.
Personne ne pourra prêter ou communiquer aux externes, ni les livres, ni les méditations ou exercices spirituels, ni les Règles ou Statuts de la Congrégation, ni les meubles, ni autre chose, sans la permission expresse du Supérieur.
Quand quelqu'un sera malade, personne ne lui apportera rien que ce qui aura été ordonné par le médecin, el avec la permission aussi du Supérieur.
Au temps de la maladie, on obéira ponctuellement non seulement aux Supérieurs spirituels qui régissent 1 ame, mais aussi aux médecins et aux infirmiers qui ont soin du corps.
Au même instant que l'on entend la cloche qui Bonne, pour marquer les heures ou <!«' l'oraison, ou de L'office, ou de la retraite, ou de quelque autre action, ou doil tout quitter, même une lettre à demi faite, pour obéit
à la voix de Dieu qui parle par cette cloche, et pour se rendre promptement à ce à quoi l'on est appelé.
Afin de s'exercer davantage en l'obéissance, on n'obéira pas seulement au Supérieur et à celui qui tient sa place, mais aussi à tous les officiers de la maison, dans les choses qui appartiennent à leur office, jusques au cuisinier, auquel on doit obéir lorsqu'on va à la cuisine laver la vaisselle ou pour lui aider en quelque autre chose.
Les plus anciens et les premiers de chaque communauté s'efforceront d'être les premiers à donner aux autres l'exemple du respect et de la soumission qui est due au Supérieur, demeurant toujours dans une très étroite union avec lui, et lui obéissant promptement, humblement et parfaitement, en tout ce qui n'est point manifestement péché ; et tous les Supérieurs particuliers en feront autant, et encore plus exactement, au regard du Supérieur delà Congrégation.
Enfin les Supérieurs, tenant la place de Notre-Seigneur Jésus-Christ, doivent être en si grand respect, que s'il se trouve quelqu'un qui se laisse aller à les contester et contredire, ou à leur résister et désobéir, ou à les offenser en quelque façon que ce soit, chacun se doit bien garder de l'appuyer ni de se joindre à lui ; mais tous doivent s'unir avec leur chef, et prendre toujours son parti en tout ce qui n'est point manifestement péché, et tâcher de faire voir la faute à celui-là, de lui en donner confusion, et de le porter à la réparer.
Après qu'on aura achevé la lecture des Constitutions, qui se doit faire tous les ans deux fois, on lira les traités de l'obéissance de Hodriguez, et de Thomas Le Blanc dans son livre du Saint Travail des mains ; comme aussi ce que cet excellent auteur a écrit contre le murmure, dans ce même livre.
Outre ce que dessus, remarquons encore qu'il y a trois degrés dans l'obéissance : le premier est de faire ce que