‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 203 sur 480 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Conditions et qualités de la vraie et parfaite Obéissance.

t obéissance étant un moyen absolument nécessaire J-^ pour plaire à Dieu et pour accomplir sa très sainte volonté, tous se rendront très soigneux de la pratiquer parfaitement, et à cette fin, d'observer diligemment les conditions suivantes, qui sont les qualités de la vraie et parfaite obéissance.

Lapremièreest qu'ellesoitprompteet allègre, etqu étant appelés par l'obéissance ou publique ou particulière, ils quittent tout aussitôt ce qu'ils auront entre les mains, délaissant même, comme il a déjà été dit, la lettre et l'ouvrage imparfait (si ce n'était qu'il en dût suivre quelque dommage ou inconvénient notable), pour faire promptement et joyeusement ce que l'obéissance désire.

La deuxième, qu'elle soit exacte, accomplissant fidèlement et ponctuellement ce que la règle ou le Supérieur commande, tant pour le regard de ce qui est ordonné, que pour lamanière avec laquelle il doit être accompli, et pour toutes les circonstances du commandement.

La troisième, quelle soit pure et sincère, D'obéissant à celui qui commande pouraucun intérêt, ni pour aucune considération temporelle ou humaine, mais seulement parce qu'il représente la personne de Notre-Seigneur

1. Sur le manuscrit original, les deux derniers aliaéai lonl écritfl de la main du P. Eudes.

Jésus-Christ. A raison de quoi ils ne feront aucune distinction des personnes qui leur commandent ; mais prenant la voix de toutes comme sortie de la propre bouche de Jésus-Christ, ils obéiront avec toute sincérité, sans considérer, si celui qui gouverne est saint ou imparfait, sage ou imprudent, savant ou ignorant.

La quatrième, qu'elle soit simple et soumise, ne se contentant pas seulement de faire extérieurement la chose enjointe, mais soumettant avec toute sorte de respect leur volonté et leur jugement à la volonté et au jugement de ceux qui commandent, et se persuadant que tout ce qui est ordonné est le meilleur et le plus conforme à la divine Volonté.

La cinquième, qu'elle soit entière et universelle, s'étendantà tout ce qui sera commandé, de quelque sorte et nature qu'il soit, pourvu qu'il n'y ait point de péché manifeste.

La sixième, qu'elle soit humble, sans excuses, répliques, ni contradictions ou murmures, qui anéantissent la grâce et la bénédiction de l'obéissance. Que si néanmoinsily a quelque chose qui semble devoir être proposé, on le peut faire ; mais plutôt en particulier que devant les autres : et avec telle modestie, qu'on mette seulement ses raisons en avant, avec humilité et en peu de paroles, sans vouloir l'emporter ou vouloir faire condescendre celui qui commande à sa volonté, qui serait se tromper soi-même, et vouloir assujettir la volonté de Dieu, qui est déclarée par celle du Supérieur, à sa propre volonté. C'est pourquoi, après qu'ils auront proposé brièvement, ou par paroles, ou par écrit, leurs difficultés ou raisons, ils ne feront point d'instances, ni par soi, ni par aucun autre, soit qu'on leur accorde ce qu'ils demandent ou non ; mais attendront comme de la main de Dieu tout ce qui en sera or" donné.

La septième, qu'elle soit forte et généreuse, et pleine

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